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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

DJIVIDI BOUKAR DIBEING, Président du Parti PDS au Tchad

DJIVIDI BOUKAR DIBEING, Président du Parti PDS au Tchad

 

 

Parti Démocrate et Socialiste    --------   Démocratie- Solidarité-Progrès

 

 

« Nous sommes la force de l’argument »

Tel : +235 66 29 35 03 / 99 90 44 06 N’Djamena-Tchad

 

 

 

Point de presse du 24 octobre 2015

Note liminaire

 

Mesdames et messieurs les journalistes ;

Messieurs les secrétaires généraux et présidents des partis politiques ;

Mesdames et messieurs ;

Il vous souviendra, que le jeudi 15 octobre dernier, au marché hebdomadaire de Galapma, sis dans le canton Tchiré, sous-préfecture de Baktchoro, Département de Tandjilé-ouest, des heurts ont opposé des manifestants passifs aux forces de l’ordre agressives et qui ont tourné à la tragédie. Le bilan de cette intempestive intervention musclée des gendarmes, ayant à leur tête le Commandant de la Compagnie de la Gendarmerie de kélo s’élève à 2 (deux) tués et 8 (huit) blessés, dont trois grièvement.

Selon les témoins oculaires, rien ne justifiait la fusillade perpétrée sur les manifestants, d’autant que les parties adverses n’en étaient point arrivées aux mains. Dès lors, il est permis de croire que les vraies motivations de l’action barbare des gendarmes, qui ont agi avec la bénédiction du préfet du Département présent sur le terrain, est à déterminer.

En effet, s’il est vrai que le conflit fraternel opposant les partisans du Chef de Canton, régulièrement nommé à ceux de son opposant, est une vieille querelle se résumant à un conflit d’intérêt autour du marché, force est de souligner que le grand malheur qui frappe actuellement et ce, de manière pitoyable les populations de Tchiré tient au comportement éhonté de deux personnes, je veux nommer monsieur le sous-préfet de Baktchoro et madame la Gouverneur de la Tandjilé. Parce que, ces agents foncièrement corrompus, délaissant l’intérêt supérieur de la communauté au profit de leurs intérêts égoïstes, agissent souvent sans loi, ni foi comme à l’ère de la tristement célèbre DDS. Il suffit de prendre connaissance des bobards racontés dans le courrier du 05 février dernier, adressé au ministre de l’administration du territoire et de la Sécurité publique de l’époque pour s’en convaincre. Oui, c’est un malheur pour la Tandjilé d’avoir au 3ème millénaire des administrateurs incultes, ignorant complètement les valeurs qui fondent la force d’un état démocratique et moderne.

Cette attitude rétrograde des deux compères cause beaucoup de torts au canton Tchiré (ou Tchiré Simetna I selon la GOUVERNEUR) et le peuple martyr ne sait à quel saint se vouer. Comme il fallait s’y attendre, cette situation délétère savamment entretenue dans le canton Tchiré, par les ennemis locaux de la paix, avec la complicité active des Autorités administratives, a fini par exploser ce jeudi 15 octobre dernier dans un bain de sang, suite à l’intervention musclée des gendarmes sous la houlette du commandant de la compagnie de la gendarmerie et ce, en présence du préfet du Département ainsi que du sous-préfet qui étaient tous présents sur le terrain.

Mesdames et messieurs les journalistes,

Vous-vous en doutez, le plan machiavélique du sous-préfet de Baktchoro vise à prendre dans un piège le Chef de canton, régulièrement nommé et faisant pourtant la fierté de tous à bien d’égards, afin de venger certains politiciens de la zone contre l’humiliation liée à l’échec du candidat de leur choix à l’élection démocratique du Chef de canton. Qu’à cela ne tienne ! Pour vous permettre de vous imprégner des enjeux qui sous-tendent le conflit endémique de Tchiré, en jugez plutôt par les épisodes suivants :

 

L’historique du marché de Galapma

La création du marché de galapma procède d’une entente entre toutes les communautés tchiré à savoir : Tchiré ORGUI, TCHIRE ANDANG, TCHIRE MOUSSEY et TCHIRE SIMETNA ainsi que la communauté sœur de KOUREYE. C’était dans les années 1950. En effet, la collecte de péage à l’époque se faisait à tour de rôle jusqu’à une certaine date, quand le père fondateur dudit marché, Monsieur Galapma décida d’exclure les autres villages riverains de la gestion. Depuis, les rapports ne sont plus au beau fixe et la situation s’est exacerbée avec l’érection de la communauté en canton en 2006. Et pour cause, Houyoksou Galapma, fils du père fondateur du marché n’entend point admettre le passage du marché sous le contrôle de la nouvelle autorité établie. D’où, la situation quasi permanente des conflits que les politiciens de la zone en mal de posture ne cesse d’attiser comme pour se faire une santé politique en profitant du déchirement du tissu familial.

  1. Les épisodes de l’événement du 15 octobre 2015
  1. La molestation des partisans du Chef de canton au village tchiré simetna

Le 30 janvier 2015, alors que les chefs de village et notables du Canton Tchiré, travaillant dans la loyauté face au camp de l’opposition étaient en réunion (au nombre de 24 personnes) au domicile de Galion Andagazou dans le village Simetna dans le cadre de la réunion tournante de leur association d’entraide, les partisans de l’opposant Houyoksou Galapma, se réclamant de la communauté autonome s’en sont pris violemment à eux et les ont molesté copieusement. Le bilan de cet événement fait état de plusieurs blessés, d’importantes pertes : vélos, argent etc. Informé, le préfet du Département effectue une descente sur le terrain avec le sous-préfet de Baktchoro. Au lieu d’interpeler les auteurs de l’acte puni, le préfet s’est évertué à réprimander le Chef de canton à qui il a fait des reproches d’avoir permis la ténue de la réunion dans un village relevant de la communauté autonome. Au regard du dispositif juridique du Tchad qui ignore l’existence de la communauté autonome, cela laisse perplexe n’est-ce pas !

  1. La destruction massive de la forêt de Djobromeye

Suite à la demande formulée par les villages Djogono, Séndilé et Zougoth en vue de la coupe de bois pour, dit-on, la cuisson des briques destinée à construire le centre de santé dans le village Djogono, le sous-préfet a ignoré l’objection du Chef de canton et a passé outre l’avis du chef de cantonnement pour accorder l’autorisation à cet effet, alors que l’article 8 de la loi organique n°13/PR/2010, portant Statuts eu Attributions des Autorités Traditionnelles et Coutumières du 25 aout 2010 confère au Chef de canton la protection de l’environnement. La mission de vérification des faits diligentée sur le terrain à notre demande a conclu à une destruction massive de la foret, soit 21 hectares selon les indiscrétions. Pour échapper à la poursuite que mon action en dénonciation visait, le sous-préfet et ses compères que sont le préfet de Département de l’époque et l’actuelle Gouverneur de la région, ont trouvé un subterfuge pour détourner l’attention des autorités centrales sur les vrais problèmes soulevés. Alors, l’affaire est classée sans suite, sans que le sous-préfet soit interpelé pour répondre de ses actes. Cela nous évoque une justice à deux vitesses quant on sait que un élu du peuple a été sérieusement menacé pour une affaire plus que banale, relative à la chaire de phacochère.

  1. Opposition à la visite du Centre de santé de Galapma par la mission du sous-préfet comprenant le Chef de canton lors de la tournée d’inspection des centres de santé

Alors que le chef de canton se trouvait dans la mission du sous préfet de la localité dans le cadre de la mise en place des comités de gestion de la dotation officielle des produits pharmaceutiques(COGES), le chef de village Houyoksou galapma, jouant au mauvais perdant de l’élection cantonale a érigé une barrière pour empêcher le chef de canton de fouler le sol de son village.

Selon les témoins oculaires, ce Chef avait mobilisé des gangsters pour assassiner le chef au cas où celui-ci venait à braver l’interdiction.

Alertée, la délégation du sous-préfet a dû contourner le village entré en rébellion pour atteindre Baktchoro, Chef lieu de la sous-préfecture.

Ce comportement de belligérance de Houyoksou Galapma a sidéré plus d’un, d’autant plus que même le responsable du centre de santé était pris à partie par les gangsters qui l’ont gravement menacé à son domicile et ce, après avoir fermé les portes et fenêtres du dispensaire.

Cette situation inédite a motivé la descente du MCD sur le terrain à l’effet de s’imprégner de la situation. Après la déclaration de Monsieur le Chef de canton, du responsable du centre, mais aussi et surtout de Houyoksou qui a confirmé les faits, le MCD s’est dit scandalisé.

Malgré la gravité de l’acte de Houyoksou, consistant à proférer les menaces de mort contre un Chef de canton en mission officielle, le sous-préfet n’a pas souhaité interpeler les délinquants et leur commanditaire. Plus grave, il attendra le lendemain pour s’y rendre à seul, sans escorte, pour procéder à la réouverture dudit centre. Comme quoi, le sous-préfet préfère des situations de trouble pour profiter des libéralités de la part des récalcitrants.

 

  1. Les péripéties des événements tragiques de jeudi 15 octobre 2015
  1. Le déclic de l’événement

Dans un contexte de belligérance savamment entretenue, la goutte d’eau qui a fait déborder le vase, c’est l’annonce de la décision unilatérale de Monsieur Houyoksou Galapma d’effectuer la collecte des péages au marché, alors que les mesures administratives, suspendant celle-ci étaient d’actualité. Cela a suscité une vive réaction de la part des partisans du Chef de Canton. Parce que la mesure envisagée par HOUYOKSOU constitue une violation de l’accord et sonne comme de la provocation policière. Pour protester contre cela, ils ont, de leur propre initiative, écrit une lettre qu’ils ont adressée à toutes les Autorités administratives (Gouverneur, Préfet, Sous-préfet) pour leur demander de dissuader celui qu’ils considèrent comme un fauteur des troubles dans cette aventure périlleuse consistant à enfreindre l’interdiction frappant la collecte, d’autant que celle-ci constitue la pomme de discorde.

Malheureusement, force est de s’indigner de la négligence caractérisée des Autorités, car elles n’ont pas su prévenir les hostilités en interpellant les uns et les autres, mieux, à les réconcilier. En particulier, le sous-préfet de BAKTCHORO, fidèle à son habitude, a brillé par un laxisme complice. C’est ainsi que, de manière laconique, il se contentera d’adresser une lettre au chef de canton, par laquelle il n’a fait que proférer des menaces gratuites au lieu de s’affairer à la recherche des voies de règlement de ce conflit qui n’a que trop durer. Quant au camp de l’opposant, il lui serait recommandé, compte tenu de ses accointances notoires avec celui-ci, d’y porter le message lui-même. C’est ainsi qu’à la veille, aux environs de 17 heures, il est venu lui-même livrer son message qui n’a pas agréer l’assistance. Comme il fallait s’y attendre, le sous-préfet a été hué par l’assistance qui a noté beaucoup d’inconstances dans l’attitude de leur complice traditionnel.

C’est dans un contexte de vive tension que le sous-préfet a quitté aux environs de 18 heures pour rentrer à Baktchoro.

 

  1. Les circonstances de la fusillade

Tout est parti du refus des partisans du chef d’obtempérer aux injonctions du Chef de brigade Adjoint, leur demandant d’évacuer le lieu de rassemblement pacifique pour rentrer au marché. Cela a sonné comme de la provocation et une altercation s’en est suivie, occasionnant la fusillade, qui a causé beaucoup de désolations dans les deux camps. Cela dit, force est de relever qu’il n’y a point eu d’affrontements intercommunautaires. A propos justement de cette fusillade, les récits rapportés par les témoins oculaires ainsi que des blessés laissent pantois. D’autant que la fusillade a eu lieu, alors que les manifestants n’en étaient même pas arrivés aux mains. Pire, les récits laissent pantois quand on apprend que les gendarmes ayant commis le meurtre ont avoué, au chef de canton en présence d’autres personnes prêtes à témoigner qu’ils avaient exécuté l’ordre reçu et, qu’après ce forfait commis dans son camp, qu’ils repartaient faire pareille dans le camp adverse pour réaliser l’équilibre. Ensuite, ils lui ont demandé d’enlever le corps de son frère pour l’enterrement avant de quitter sans décliner l’identité du donneur de l’ordre. Il importe de noter aussi que le sous-préfet et le préfet étaient présents sur le terrain au moment des faits.

La Communauté TCHIRE qui se dit scandalisée dans son ensemble par ces actes ignobles perpétrés par les gendarmes avec la bénédiction des Autorités Administratives locales, déplore deux (2) morts et huit (8) blessés.

  1. Les arrestations opérées.

Aussi curieux que cela puisse paraitre, les Autorités ont opéré des arrestations sans discernement parmi les Autorités traditionnelles et coutumières pour, dit-on, les besoins d’enquête, alors que les auteurs des crimes, pourtant bien identifiés par les personnes blessées et les témoins ne sont pas du tout inquiétés. Cela dénote l’injustice qui évoque la loi de la jungle.

Conclusion

En tant qu’élite de la localité nous condamnons fermement ces actes dont les conséquences sont imputables uniquement à l’administration et à ses préposés qui sont guidés par leurs propres intérêts. Les Autorités administratives et de la gendarmerie de la localité profitent des conflits entre parents pour donner l’image d’une division. Nous ne tomberons pas dans le piège de la division de nos frères et parents. Nous en appelons à la réconciliation des cœurs et des esprits et à la cohabitation pacifique chère à nos ancêtres. Nous allons tout faire pour apporter notre contribution à la paix et à la quiétude dans la localité. Nous en appelons aux Autorités nationales de prendre leur responsabilité pour préserver la paix et la quiétude parmi les communautés. Notre parti conformément à son programme politique et à son engagement à privilégier la force de l’argument, œuvrera toujours pour la préservation de la paix parmi les Tchadiens.

 

Je vous remercie