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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

 Sénégal : La mythique Gendarmerie de Thiong coupable de traitements inhumains

L’affaire Hissein Habré a mis en rude épreuve les institutions sénégalaises. Nous avons d’abord vu les autorités politiques s’aplatir devant les offres sonnantes et trébuchantes du Colonel Khadafi et de Deby, puis les magistrats qui ont monnayé leur science pour accompagner un complot intenable juridiquement et enfin la gendarmerie pour écraser la résistance.

Au Tchad, la faillite de l’Etat-Deby inquiétait au plus haut point les lobbys français d’Afrique et Khadafi, d’autant plus que les rébellions se multipliaient dans les quatre points cardinaux du pays contre leur protégé Idriss Deby. Les populations tchadiennes à qui on a fait croire qu’elles vivaient l’enfer sous le précédent régime, ne pouvaient comprendre une dictature fainéante, sans ambitions ni fierté et féroce. Au lieu donc de répondre à ces sollicitations légitimes du peuple tchadien qui aspire à une meilleure et plus de liberté, les parrains du régime Deby chercheront plutôt à casser toute résistance où qu’elle se trouve et cela jusqu’à Dakar.

Le Colonel Khadafi n’hésitait pas à soumettre, à chaque rencontre avec les autorités sénégalaises, sa principale doléance à savoir la livraison pure et simple de l’ancien Président tchadien Hissein Habré, exilé depuis 1990 au pays de la jadis Téranga. Plusieurs personnalités politico-religieuses sénégalaises ont confirmé ces requêtes harcelantes et humiliantes pour le Sénégal, parmi lesquelles on peut citer l’Ambassadeur Moustapha CISSE et le Ministre conseiller Ahmed Khalifa NIASSE. Dans la même approche, le fils de l’ancien Président Abdou DIOUF a été copté dans le cercle des amis de Seif al islam, un club de valets qui accompagnait le prince libyen dans ses périples à travers le monde. Mieux, l’ancien président Abdou Diouf révélait dans ses mémoires publiées récemment : « le colonel Khadafi avait demandé la main de ma fille âgée de 15 ans ». Et l’ancien ministre chargé des affaires présidentielles et directeur de campagne du candidat sortant Abdou Diouf, Ousmane Tanor Dieng de boucler la boucle : « Khadafi a été le plus grand donateur parmi nos amis avec 7 milliards de francs Cfa». Le 25 janvier 2000, à trois semaines de l’élection présidentielle, l’affaire Habré est lancée. La suite vous la connaissez avec le Président Abdoulaye Wade et son fils Karim aujourd’hui incarcéré pour détournement de deniers publics, feront de l’affaire Habré leur vache à lait pendant les 12 ans de leur pouvoir. Ils mettront à contribution les magistrats qui useront de toute leur science maléfique pour que jamais l’affaire Habré ne trouve une fin. La presse fut aussi facilement embarquée dans ce complot en s’invitant à la mangeoire, un pactole de 600 millions de francs Cfa a été dégagé rien que ces deux dernières années et géré par le consortium de communication qui achète des pages entières, des interviews à ces recrues, commande des articles, etc. La presse avait pour rôle de faire accréditer le mensonge auprès de l’opinion publique, d’étouffer les voix résistantes et surtout d’opérer un matraquage médiatique permanent afin de dénaturer la réalité, d’exagérer les faits. Le groupe de presse de Youssou Ndour est parmi les meneurs de cette forfaiture.

Les organisations de la société civile, essentiellement tributaires des aides multiformes des pays occidentaux et de l’Etat, ne se feront pas prier pour collaborer ou la boucler dans cette affaire. Les autorités religieuses et coutumières valseront selon leurs amours actuels avec le pouvoir en place. A l’exception notoire des deux Khalifes de la confrérie Tidjane, Serigne Adoul Aziz SY et Serigne Mansour SY (paix à leur âme). Tous les autres se limiteront à des condamnations privées qui ne franchiront pas le seuil de leur salon. Ce silence a son prix, il est assuré par l’exécutif sénégalais à sa plus haute représentation.

Lorsqu’arriva le moment de mettre la main sur la proie, la Gendarmerie et la Police sénégalaises seront aussi mouillées dans le complot. Le propre chef de sécurité du président Habré, le capitaine du GIGN Guérina FALL, sera retourné. Il sera utilisé pour ouvrir la voie d’accès et permettre ainsi le kidnapping du Président Habré un dimanche matin sans aucun mandat. S’enchaîneront ensuite ses convocations musclées aux chambres africaines. A chaque fois, une dizaine de gendarmes cagoulés forçaient sa cellule pour l’embarquer dans la voiture. Cela se faisait à l’abri de tout camera jusqu’au 20 juillet 2015 jour de l’ouverture du procès où l’Afrique a pu voir comment le Sénégal est sale. Les images du Président Habré malmenée dans ce tribunal pris d’assaut par une meute d’occidentaux a fait le tour du monde et provoqué l’indignation collective.

La réaction toute naturelle des membres de sa famille qui assiste impuissante à cette opération de liquidation morale et physique du Président Habré sera aussi brutalement réprimée. Les forces de sécurité frapperont sans ménagement sur des jeunes désarmés avec des matraques électriques. Une quinzaine de jeunes de moins de 30 ans seront embarqués manu militari et incarcérés à la Gendarmerie de Thiong durant 48 H. Les conditions de leur détention furent effroyables, difficilement imaginable pour un pays comme le Sénégal où les organisations de défense des droits de l’homme parcourent l’Afrique pour donner des leçons en la matière.

15 personnes ont été enfermées dans une même cellule d’environ 18 m², sans aération, sans éclairage, le sol en ciment sale et un trou pour les besoins sans séparation et enfin une chaleur étouffante en cette période d’hivernage. Plusieurs jeunes présentaient déjà des marques au dos et sur les bras à leur arrivée à la gendarmerie de Thiong, ils ne recevront aucun soin. Les repas ont été fournis par la famille. Durant la nuit, certains jeunes ont suffoqué et eu diverses.
Le chef de poste alerté par des appels a tout simplement refusé de venir constater ces complications. La libération n’interviendra que lendemain vers 20h00. Cet article est un témoignage, lorsque le Sénégal redeviendra un Etat de droit, il servira.

Moustapha Brahim
nonproceshh@yahoo.fr
http://www.nonproceshisseinhabre.com