Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

Géo-localisation

Publié par Mak

Paris: déclaration de la coalition "Trop c'est Trop"

Aprés leur participation à l'université d'étét d'Europe Ecologie les Verts (EELV), la coalition "Trop c'est Trop"conduite par Céline Narmadji, porte-parole et Mahamat Nour Ahmat Ibedou, porte-parole adjoint, ont tenu à Paris, une conférence-débat avec les ressortissants tchadiens.

Voici la déclaration de Trop de Trop

 

Association de Lutte Contre la Corruption et les Malversations Economiques au Tchad (ALCOMET) ; Association des Femmes pour le Développement et la Culture de la Paix au Tchad (AFDCPT) ; Association Tchadienne pour la Promotion et la Défense des Droits de L’Homme (ATPDH) ; Action des Chrétiens Pour l’Abolition de la Torture Section du Tchad (ACAT-TCHAD) ; Association pour la Promotion des Libertés Fondamentales au Tchad (APLFT) ; Comité d’Organisation pour la Paix dans les Etablissements Scolaires (COPES); Collectif des Associations et Mouvements des Jeunes du Tchad (CAMOJET) ; Forum des Organisations Tchadiennes pour la Culture de la Paix (FOTCUP) ; Observatoire pour la Promotion et la Défense des Droits Humains (OPDH) ; Convention Tchadienne pour la Défense des Droits Humains (CTDDH); Action des Partenaires pour l’Appui au Développement (APAD) ; Mouvement Citoyen pour la Préservation des Libertés (MCPL) ; Association des Femmes Juristes du Tchad (AFJT); Collectif Tchadien Contre la Vie Chère (CTVC); Tchad Non Violence (TNV).

_____________________________________________________________________________________________________

‘‘Agir pour le changement’’

 

Paris, le 30 Août 2015

 

 

HISTORIQUE DE LA LUTTE POLITIQUE ET SOCIALE AU TCHAD

 

  1. De la fin d’une dictature à la promesse d’une démocratie

L’arrivée au pouvoir de Monsieur Idriss Deby Itno en décembre 1990 à la tête d’une rébellion armée soutenue par la France et la Libye de Khadafi avait suscité quelques espoirs au peuple tchadien. Cependant cette lueur qu’avait espérée cette population longtemps anéantie n’était que confusion.

  • Les trois (3) élections présidentielles en 1996, 2001 et 2006, qu’avait organisé le président Deby, il les remporta sans surprise (fraudes industrielles, plus de votants que d’inscrits !).
  • Puis, il fait sauter le verrou constitutionnel sur la limitation du nombre de mandats présidentiels et se présente seul contre lui-même à l’élection d’avril 2011.
  • Idriss Deby se voit déjà réélu en 2016 pour la 5ème fois et ce, au nom de la lutte contre le terrorisme islamiste.

 

En 25 ans de règne, le Tchad a tout connu comme déchéances : rébellions armées, faillite politique, faillite de son système éducatif, effritement de son système sanitaire, crimes politiques, règne du népotisme à outrance, accaparement éhonté des richesses National par un clan, violations massives des droits de l’homme, détournement des deniers publics, privatisation des entreprises publics, déchéance morale et des mœurs, une économie informelle classée parmi les dernières au monde et qui prospère dans la corruption, le blanchiment de capitaux, le trafic de drogues et de devises, etc.

 

  1. L’installation d’un désordre provoquant une insurrection social

Depuis quelques mois nous assistons à une déliquescence totale de l’État Tchadien. Déliquescence marquée par plusieurs maux accumulés durant 25 ans. Dans un communiqué de presse du 7 octobre 2014, nous, membres de la coalition TROP C’EST TROP avions évoqué que « les Tchadiens connaissent une pénurie du carburant sans précédent sur l’ensemble du territoire national ». Cette situation nous rappelle les autres questions épineuses auxquelles le gouvernement n’a pas été capable d’apporter des solutions comme par exemple :

  • L’accès au ciment de Baoré,
  • La question de l’énergie domestique en l’occurrence le charbon et les bois de chauffe,
  • Le contrôle des prix des denrées de première nécessité,
  • L’indisponibilité d’eau et d’électricité dans les centres urbains et ruraux.

 

Pour ce faire nous avons :

  • Demandé instamment au Gouvernement et à ses partenaires Chinois de régler le problème de fond lié à cette pénurie du carburant et de réapprovisionner toutes les stations sans exception sur l’ensemble du territoire national dans un délai n’excédant pas une semaine ;
  • La résiliation du contrat entre le gouvernement et la SOGECT,
  • De rendre publique les documents contractuels liés à la gestion de la raffinerie ;
  • D’organiser les états généraux de la gouvernance économique en vue de l’assainir et de le sortir du marasme dans lequel le pays est plongé ;
  • En outre, les organisations signataires du communiqué de presse du 24 octobre 2014, avait exigé la démission immédiate de tous ceux qui sont impliqués dans le circuit de distribution et de commercialisation des produits pétroliers à savoir le Ministère du pétrole et de l’énergie, la Société des Hydrocarbures du Tchad et l’Autorité de Régulation du Secteur pétrolier Aval (ARSAT).

 

  1. Une unité pour se faire entendre

Pour ce faire, il est important pour les organisations de la société civile:

  • De nous unir pour mieux faire face à la déliquescence du pays ;
  • D’être capable de prendre des décisions d’envergure nationale et se donner les moyens d’actions pacifiques pour les mettre en oeuvre ;
  • D’être une force de proposition politique et d’alternative.

 

Nous savons d’avance les réponses du Gouvernement dans notre prise de position. Des mots du genre « la paix chèrement acquise », « le Tchad est en paix », « vous attiser la haine », vous faites de la politique etc., vont fuser de toute part. Qu’à cela ne tienne, en tant que citoyen Tchadien responsable, nous devons nous prononcer sans ambiguïté sur tous les sujets de la gestion de notre pays comme nous l’autorise le préambule de la constitution Tchadienne.

 

Nous ne pouvons plus accepter l’opium de la paix pour sacrifier nos progénitures éternellement pendant que d’autres vivent dans une opulence insultante en bradant les ressources du pays et l’argent du contribuable tout en soumettant ceux ci à l’esclavagisme et à l’humiliation.

 

Par ailleurs, tout en apportant notre soutien et encouragement aux organisations de la société civile qui exercent au Tchad, et les plates formes de lutte pacifiques mise en place par les compatriotes de la diaspora, nous interpellons toutes les autres organisations citoyennes et les patriotes à joindre la coalition afin de se prononcer sur les difficultés que traversent le pays.

 

 

  1. De la participation de l’armée tchadienne dans la lutte contre le terrorisme

 

La lutte contre la secte islamiste Boko Haram est une aubaine pour Deby. Impopulaire dans son pays depuis son arrivée au pouvoir, Monsieur Idriss Deby, règne sur le Tchad par une terreur et une répression sans égale face à une opposition neutralisée, une société civile affaiblie, sous contrôle grâce de la mise en place d’un régime policier et d’une armée violente acquise à sa cause qui étouffe tout moyen de recours de contestation pacifique, une presse quasiment muselé par le billet du Haut Conseil de la Communication (HCC).

 

Depuis le conflit du nord Mali de 2013, où les troupes tchadiennes étaient intervenues aux côtés des forces françaises face aux mouvements djihadistes, le régime tchadien d’ Idriss Deby , a réussi à se valoriser et est devenu indispensable dans la lutte contre le terrorisme au sahel au sein de l’opinion publique africaine et internationale insouciante et peu regardante par sa gestion des affaires publiques au niveau national.

 

Malgré son déficit démocratique, le régime d’Idriss Deby est aujourd’hui, accepté par l’opinion internationale sans discernement en témoigne, son entrée comme membre au Conseil de sécurité de l’ONU qui est une insulte pour le peuple Tchadiens.

 

  1. Une ingérence inédite des étrangers

Les militaires tchadiens sont aujourd’hui, utilisée par Monsieur Idriss Deby comme des mercenaires auxquels, certains États et les instances internationales recourent pour lutter contre le phénomène terroriste en occultant les réalités peu glorieuses du régime actuel qui est responsable des persécutions intenses et des violations des droits humains à l’encontre de son peuple. Cette politique à géométrie variable des partenaires internationaux, a agacé tous les segments de la vie politique et associative tchadienne qui s’organise tant bien que mal dans le pays pour faire entendre leur voix.

 

  1. De la répression des manifestations

Les manifestations de l’opposition ou de la société civile sont systématiquement interdites, alors que l’article 12 de la Constitution du 31 mars 1996 dispose que « les libertés et droits fondamentaux sont reconnus et leur exercice garanti aux citoyens dans les conditions et formes prévues par la Constitution et la Loi » et l’article 27 d’ajouter que « les libertés d’opinion et d’expression, de communication, de conscience, de religion, de presse, d’association, de réunion, de circulation, de manifestations et de cortèges sont garantis à tous » ; car dans un Etat de droit les gouvernants doivent être à l’écoute de leurs populations et apporter de solutions aux problèmes qu’elles posent.

 

Face à cette chape de plomb qui pèse sur le pays, OSC, étudiants, élèves et enseignants, ont tenté depuis octobre 2014 jusqu’à nos jours, d’exprimer leur mécontentement pour dénoncer la cherté de vie, l’absence des libertés et réclamer plus de justice et d’équité dans la distribution des ressources du pays.

 

Mais, force est de constater que les forces de l’ordre étant allergiques à ces manifestations pacifiques ont procédé à de nombreuses arrestations. Une vidéo d’élèves et étudiants, arrêtés puis maltraités par les forces de l’ordre au Tchad, a provoqué l’indignation sur la toile. En effet, ces élèves qui exprimaient leur mécontentement face à une décision du gouvernement rendant obligatoire le port du casque n’ont pas été épargné par la répression. La police charge les manifestants avec des gaz lacrymogènes dans un premier temps. Mais face au nombre grandissant des manifestants, la police est vite débordée, panique et tire à balle réelle.

 

La cherté de la vie et son cortège de problèmes sociaux ayant une incidence directe sur leur scolarité, le chômage de leurs grands frères et sœurs diplômés, le clientélisme politique qui anéantit l’émergence de tout contre-pouvoir, l’impunité lorsqu’il y a détournement des deniers publics et les crimes de sang, l’insécurité ambiante qui gâche la jeunesse, bref une atmosphère délétère qui s’éternise et plombe la vie tout court au pays du régime de Deby Itno et ce malgré les milliards engrangés par l’exploitation pétrolière sont autant des raisons réelles de ce soulèvement populaire.

 

Devant ce fait, seules les associations locales de défense des droits humains, ont dénoncé ces violences à l’encontre des citoyens devant un silence intriguant des organisations internationales du fait que Deby est devenu allié incontournable de la France et de la communauté internationale dans la lutte contre le terrorisme.

 

Pour comprendre, il faudra remonter le temps et plonger dans les arcanes du pouvoir où les marchés publics sont gracieusement distribués entre les membres de la famille présidentielle élargie au clan et courtisant. Il faut ici dénoncer la complicité passive des représentants de ces Institutions sensés promouvoir la bonne gouvernance.

 

Dans ce contexte lourd de suspicion, organiser les élections en 2016 au Tchad déjà compromises par l’instauration d’une biométrie controversée ; censée garantir une transparence électorale et empêcher la fraude ; alors qu’en réalité le pouvoir a mit en place un dispositif qui lui garanti des fraudes massives. Cette situation risque d’avoir des conséquences sur la stabilité post-électorale.

 

 

Je vous remercie de votre aimable attention !!!!!