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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

Garondé Djarma lit pour vous un document Historique

Jeunesse tchadienne, pour chatouiller ton patriotisme face à Boko Harram, je t’invite à lire les événements dramatiques survenus au Ouaddaï pendant la conquête coloniale de 1908 à 1912. Tu dois t’inspirer du courage male des prestigieux Sultans Doudmourrah et Tadjadine Ismaël des Massalites qui ont organisé une résistance armée contre des troupes coloniales françaises.


Je lis pour vous ce document historique rédigé par les officiers de l’Etat Major des troupes à Brazzaville qui a titré : une étape de la conquête de l’Afrique Equatoriale Française 1908 – 1912. Une copie dudit document est déposée ce vendredi 07 Août 2015 à la Bibliothèque du C E F O D.


BOKO Harram, wal dal Harram, tes jours sont comptés.


Introduction
En mars 1909, le Lieutenant Colonel Millot exécute une tournée dans le Fitri et le Médogo. Il se rend compte de ce que, par suite des progrès de la cause d’Acyl, notre attitude vis-à-vis du Ouaddaï, peut devenir désormais moins timide, et il autorise Acyl à transférer sa résidence de Baroualla (50 kilomètres au Sud d’Ati), à Birkit Fatmé (100km à l’Est d’Ati). Ce nouveau bond en avant avait le triple avantage de procurer des terrains de parcours pour les troupes, de soustraire le Batha aux incursions de Doudmourrah, et, surtout d’appuyer efficacement les menées d’Acyl à la cour du Ouaddaï.
En prévision d’un mouvement ultérieur possible, sur Abéché, le Capitaine Fiegenschuh, commandant la 1ère Compagnie, fait exécuter des reconnaissances sur les routes menant d’Ati (base d’opération future) à Abéché. Au Sud du Batha, le Lieutenant Bourreau, avec la section à cheval de la 1ère Compagnie, procède à une reconnaissance méthodique de l’Abou-Telfane et y établit notre autorité au détriment de Doudmourrah.
Fin Avril, de gros rassemblements ouaddaïens sont signalés en formation à Am-Gherma et Djouar. Leur objectif semble devoir être Birkit- Fatmé, leur but : enlever Acyl.
Le capitaine Fiegenschuh décide de se porter contre eux avec toutes les forces disponibles des postes d’Ati, de Baroualla et de Bolong. « la reconnaissance, écrit-il, poussera en avant aussi loin que possible pour mettre un terme à la menace ouaddaïenne». Elle devait pousser jusqu’à Abéché !


Composition de la colonne


Le détachement, composé de 4 sections d’infanterie et 1 section d’artillerie (2 pièces de 80 montagnes), se réunit le 22 mai à Birkit-Fatmé.


Il comprenait :


- 5 officiers (capitaine Fiegenschuh, lieutenant d’infanterie coloniale Bourreau et Lucien,

lieutenant d’artillerie coloniale Rupied, médecin aide-major Cotard(1) ;


- 5 sous officiers européens ;


- 180 tirailleurs et auxiliaires instruits, dont 25 montés ;


- 40 canonniers et conducteurs


Le Prince Acyl, avec 300 cavaliers, accompagnait la reconnaissance : la partie qui allait se jouer était pour lui décisive, le trône du Ouaddaï en était l’enjeu.


Le Lieutenant Raymond, de Yao, avec une trentaine de tirailleurs, prenait le commandement du poste d’Ati. Il devait, suivant les circonstances, venir renforcer le détachement ou agir vers le Nord.


Dispositif de marche et de stationnement.


Marche en carré souple, artillerie et convoi au centre, une section sur chaque flanc, une section à 100 mètres en arrière, une section en avant-garde, de 400 à 800 mètres en avant, les tirailleurs montés en tête ; 60 cavaliers d’Acyl, choisis, éclairent en avant, les autres sur les flancs. En cas d’attaque, les gens d’Acyl doivent se replier prés du convoi et y attendre les ordres pour leur emploi probable sur les ailes.
En station, la protection éloignée est assurée de jour, à 1500 mètres au moins, par les cavaliers d’Acyl. De nuit, chaque face est occupée par une section dont une escouade veille. Des postes à la Bugeaud sont établis à environ 800 mètres ; le quart est pris par les Européens. Le Campement d’Acyl est placé de 200 à 500 metres du saillant le moins exposé.


Marche de la colonne


Partie du Birkit-Fatmé, le 23 Mai, la colonne arrive le même soir à Birrel. Les renseignements recueillis permettent d’escompter une rencontre avec l’ennemi vers Oum hadjer, ordre est envoyé au Lieutenant Raymond de rallier l’urgence. Le 26, la reconnaissance atteint Oum Hadjer, où le Lieutenant Raymond rejoint le lendemain ;

l’effectif de la colonne est desormais de :


- 12 officiers et sous officiers europeens ;


- 250 tirailleurs, canonniers et auxiliaires ;


- 300 partisans d’Acyl


Or , Oum Hadjer se trouve à la limite de la zone d’action fixée par le Commandant du territoire : le Capitaine décide la création en ce point d’un poste analogue à Birkit-Fatmé, afin de bien marquer notre ferme volonté de ne tolérer aucune incursion ouaddaienne sur les territoires que nous protégeons. 50 partisans d’Acyl y tiendront garnison.
De nouveaux renseignements arrivent : les forces ouaddaiennes signalées, s’élèveraient à 1500 hommes, sous les ordres de l’Aguid Salamat et de Badiour ; très inquiets de notre démonstration, les deux Aguids se replieraient vers Bororit, sur la route d’Oum Hadjer à Abéché.
Les travaux de poste étant à peu prés terminés, le Capitaine Fiegenschuh, sentant sa ligne de communication avec Ati gardée par Birkit-Fatmé et Oum Hadjer, prend la résolution de marcher à l’ennemi, pour profiter de l’état d’indécision où il se trouve. La marche est donc reprise le 28 au soir, avec objectif : Bororit, d’où l’on déloge, le 30 au matin, une patrouille ennemie. Le lendemain matin, à Abou Khouta, quelques coups de canon suffisent à décider à la retraite. L’arrière garde ouaddaïenne, restée pour apprécier nos forces. Le détachement s’installe en toute sécurité sur un mouvement de terrain d’où l’on domine tout l’horizon.


Des renseignements très favorables nous parviennent. Un des plus hauts dignitaires du Ouaddaï, le Djarma Nassir fait connaitre à Acyl qu’il a abandonné la cause de Doudmourrah et se porte vers le sud avec 800 fusils.
Un autre, le Kamkalak Smaïn, en expédition dans le massalit avec 2700 fusils, est décidé à ne pas rejoindre Doudmourrah ; le Djarma Ahmat, fils de l’Aguid Mahamid, tué à Djoua, serait tout disposé à faire défection avec ses 600 à 800 fusils ( ce qui eut lieu effectivement le lendemain).


Quant aux deux aguids, ils se retirent sur Imemé, point d’eau du Ouadi-Chok, à 30 km d’Abou Khouta, sur la route d’Abéché, pour y atteindre les renforts que doit leur amener le Sultan.
Résolu à les attaquer sans retard, le Capitaine fait reprendre la marche, campe à 11 heures du soir à Tabaye et en repart à 4h30 du matin. Objectif : Imemé.
Combat de Djahamé ou de Ouadi Chok (1er juin) (1)


Le service de renseignements a fait connaitre que le Ouadi Chok est plein d’eau, que les environs immédiats d’Imemé sont très boisés, tandis que sur la route d’Abéché, laissant Imemé à l’Est, le terrain est découvert. C’est par ce coté que le Capitaine décide d’attaquer.
Quelques centaines de cavaliers, que l’on aperçoit dans la vallée, sont dispersés à coups de canon, puis l’on franchit le Ouadi Chok, sous la protection de la section d’avant-garde. Au moment où le gros de la colonne arrive sur le plateau, le flanc garde de droite, qui vient d’occuper le village de Djahamé, en est brusquement délogée par un fort parti ouaddaïen débouchant dans la vallée boisée (10h15).


Le capitaine donne l’ordre


Aux sections du lieutenant Raymond et du Sergent Parmentier (à droite dans l’ordre de marche), de faire face à Djohané et de marcher sur ce village ; a la section d’avant-garde (lieutenant Bourreau) de faire face à l’ennemi, qu’installe au Nord de Djohamé :
A l’artillerie d’ouvrir le feu sur Djohamé et la ligne ennemie ;
Aux sections du lieutenant Lucien et de l’Adjudant Maroselli de rester en réserve sur les flancs du convoi et de l’ambulance, établis en arrière du léger mouvement de terrain que traverse la route.


Les cavaliers d’Acyl rejoignent le convoi.


Pendant que ces ordres s’exécutent, les lignes ennemis se renforcent rapidement, leur feu devient intense.


Bien ravitaillé en munitions, les Ouaddaïens tirent sans compter, mais leur feu est heureusement mal ajusté. Forts de leur nombre, ils cherchent à nous tourner par le sud.
Le Capitaine Fiegenschuh leur oppose la section Lucien, secondée par 100 partisans d’Acyl, et donne aux sections Raymond et Parmentier l’ordre de se jeter sur Djohamé.

A ce moment (10h35), il tombe grièvement blessé au cou. Le lieutenant Bourreau prend le commandement, laissant sa section au sergent Léandri.


Cependant, appuyées par le feu énergique de l’artillerie et brillamment enlevées par leurs chefs, les sections Raymond et Parmentier ont emporté Djohamé d’un vif élan. Le Lieutenant Lucien arrive en ligne, entrainant par son exemple les Irréguliers d’Acyl. A gauche, la section Léandri et la section Maroselli, qui s’est d’elle-même portée au feu progressent également. Les ouddaïens se replient sur une lisière de bois où ils sont recueillis par une ligne de réserve. L’artillerie allongeant son tir arrose les lisières, préparant efficacement l’action des sections de première ligne qui, par des vigoureuses charges prennent rapidement et successivement pied dans les bois à partir de la droite. Dès ce moment, la progression est continue, mais des plus pénibles. Les nombreux bras de Ouaddi Chok, les fourrés forts épais, favorisent les ouddaïens, qui sont là dans leur élément et marquent une résistance d’autant plus longue, dans ce terrain très couvert, l’artillerie ne peut plus appuyer le mouvement, sans s’exposé a tirer sur notre propre infanterie.
A midi trente, toute notre ligne, conservant sur sa gauche, a refoulé l’ennemi vers Imemé.
Les charges à la baïonnette se répètent sur tout le front. Nos tirailleurs font preuve du plus merveilleux entrain………..


A 1h15 l’ennemi est en pleine retraite

.
Quelques heures de repos sont indispensables. 200 cavaliers d’Acyl sont chargés de la poursuite. Le restant du détachement rejoint l’artillerie et le convoi.


Résultat du combat,- nous avions éprouvé les pertes suivantes :


- Capitaine Figenschuh, gravement blessé ;


- 2 tirailleurs tués

;
- 13 tirailleurs ou irréguliers blessés.


La consommation de munitions avait été de :


- 12.000 cartouches ;


- 30 obus à mitraille.


On sut par la suite que, dans la nuit du 31 mai au 1er juin, Doudmourrah avait rejoint ses 2 aguids et que nous avions eu affaire à Djohamé à toutes les forces ouddaïennes disponibles, soit 4500 hommes, dont 1700 environs, armés de fusils à tir rapide. L’ennemi avait eu 350 tués et autant de blessés ; il avait consommé plus de 30.000 cartouches.
Nous avions subi presque toutes nos pertes dans la première heure du combat. Puis, devant les charges vigoureuses de nos tirailleurs, les ouaddaïens perdirent peu à peu leur sang froid et finirent par tirer de façon absolument désordonnée. Vers la fin de la lutte, les groupes que formaient nos adversaires cherchant à emporter leurs morts et leurs blessés, sous la protection d’un rideau de défenseurs, offraient un but facile à nos salves ; nous obtînmes ainsi des résultats bien supérieurs à ceux sur les quels on peut compter avec un ennemi restant déployés.


Combat et prise d’abéché du à la trahison de certains Aguides (02juin)
« En avant sur abéché ! ». Tel est l’ordre bref, net, énergique, que sitôt l’issue de la lutte à peu prés dessinée, le capitaine Fiegenschuh avait fait parvenir au lieutenant Bourreau. Aussi, dès 4 heures du soir afin de garder le contact et d’arriver le lendemain, de bonne heure devant abéché (distant de 22km), la reconnaissance poursuit sa marche, très lentement, toutefois, en raison de la fatigue des animaux. On campe le soir prés du village de Diamgot à l’abri d’un service de sureté très serré.
Des rapports qui nous parviennent, on peut conclure que Doudmourrah se replie avec toutes ses forces sur Abéché, qu’il compte défendre.
Le lendemain, 2 juin, départ de Diamgot à 4h30. Le terrain est un peu accidenté, mais découvert. A 8h30, des roches de la crête (A), le lieutenant Bourreau et le lieutenant Raymond, commandant l’avant-garde, aperçoivent la ligne Tchitchi Seckré garnie de ouddaïens ; vers cette ligne se dirigent de nombreux renforts venant d’abéché dont les principales constructions se dessinent confusément dans le lointain.


Ce combat va s’engager de notre côté, de façon absolument classique. La section d’avant-garde Raymond occupe la crête (C) couvrant ainsi l’établissement de la section d’artillerie à la crête (B). À l’appui des feux de cette dernière, les sections Lucien et Parmentier progressent, la première vers Seckré, la deuxième vers Tchitchi. Si tôt ces deux sections engagées, l’artillerie fait un bon en avant, et, sous la protection immédiate de la section Raymond, se porte à la crête (C) d’où elle peut appuyer plus efficacement les attaques contre Tchitchi et Seckré.


Les sections des Adjudants Maroselli et Pozzzi di Borgo, ainsi que les partisans d’Acyl, restent en réserve auprès du convoi et de l’ambulance, installés en arrière de la crête (C).

Cette réserve à été fortement constituée pour permettre :


- De parer à un mouvement tournant qui semble s’amorcer à droite ;


- de prolonger éventuellement la ligne d’attaque ;


- De garder une troupe intacte pour renforcer la colonne d’assaut, s’il faut enlever Abéché de vive force.


Le combat se développe très vite sur tout le front.


Le terrain favorise nos adversaires

.
A gauche, la section Raymond reçoit pour objectif les rochers (D), appuyée à gauche par 100 partisans d’Acyl dirigés sur Tardiom.


A droite, le lieutenant Lucien rend compte de ce qu’il ne peut progresser. Il reçoit l’appui d’une demi-section et de 100 partisans d’Acyl, dirigés sur les rochers entre Seckré et Tondy. L’artillerie soutient de son tir ce mouvement.
A l’arrière, les sections Maroselli et Pozzo di Borgo repoussent de leurs feux quelques centaines de cavaliers qui, à plusieurs reprises, cherchent à jeter le désarroi dans le convoi.
Vers 10h15, la section Parmentier enlève Tchitchi. A 11h 15, la section Raymond emporte à la baïonnette les rochers (D) et, entrainés par son exemple, les partisans d’Acyl occupent Tardiom vers 11h30.


Toute notre ligne progresse alors, la gauche en avant. Les partisans de gauche refoulent lentement les gens de Badiour. La section Raymond qui a devant elle la garde même de Doudmourrah, les, « burnous blancs » ne gagnent du terrain que pied à pied dans la direction des rochers (F) en répétant les charges à la baïonnette. Au centre, le sergent Parmentier enlève les rochers (E), défendus avec énergie par l’aguid Djeatné, puis marche sur le village de l’Aguid Bagarra. A droite, le lieutenant Lucien a le plus grand mal à enlever Seckré, pendant que notre extrême droite emporte Tondy.
A 1h30, le lieutenent Raymond occupe les rochers (F), se reliant à droite avec le sergent Parmentier, qui occupe le village de l’Aguid Bagarra. Le lieutenant Lucien et les partisans de droite sont à hauteur et à droite de la section Parmentier. L’ennemi se replie sur Abéché. Comme la veille, il forme en cherchant à enlever les morts et les blessés, de gros paquets très vulnérables ou nos feux d’infanterie et artillerie tracent de sanglantes trouées.
Nous sommes maitres du champ de bataille. Devant nos lignes, a quelques centaines de mètres, Abéché, la « ville inconnue », s’étend, bordée de murs d’enceinte, qui constitueraient un redoutable obstacle, si l’ennemi songeait à les utiliser.
Bien que la résistance ne semble plus devoir être sérieuse, l’assaut est préparé. Pendant que l’artillerie vient se mettre en batterie à 700metres de la ville couverte par une section au village de l’Aguid Bagarra, la colonne d’assaut (3 sections en ligne de sections par deux) se rassemble à l’abri des rochers (F) les irréguliers d’Acyl derrière elle. A 2 heures, le bombardement commence. Quelques obus explosifs sont tirés contre le tata du Sultan et le tata de l’Aguid Djeatné.


La colonne d’assaut s’avance vers le tata de Doudmourrah, son mouvement permet à Acyl de prendre pied dans la ville.


A ce moment les habitants d’Abéché, terrifiés, envoient supplier que l’on cesse le bombardement, affirmant que Doudmourrah et ses guerriers se sont repliés. Le tir est suspendu. Les partisans d’Acyl, puis la section d’avant-garde, occupent le tata, où la colonne fait son entrée à 3h30. Quelques instant après le drapeau français flotte sur le palais des Sultans Abbbassides ». (À suivre dans la prochaine publication)

Alhadji Garondé Djarma



68 40 82 18

-- envoyé par Garondé Djarma (garondedjarma@Yahoo.fr)