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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

USA: la 1ère Secrétaire de l"Ambassade du Tchad réplique au syndicat des Affaires étrangères

Cher Maikaila,

Je vous envoie cet ecrit a toutes fins utiles.

Merci,
Rachel Tadjion

LA VERITE DE RACHEL TADJION 


Apres une longue réflexion, j’ai décidé de répondre aux ridicules allégations de la cellule syndicale du ministère des Affaires étrangères et de l’intégration africaine, dont les membres se proposent d’aller en grève les 29 et 30 juillet 2015 sous le prétexte que ma promotion, il y a plus d’un an, au poste de première secrétaire de l’ambassade du Tchad à Washington et celle M. Haroun Bachar Nimane au poste de premier conseiller à l’ambassade du Tchad à Tripoli constituent des « nominations à des postes de responsabilité n’obéissant pas aux critères de qualifications professionnelles et d’expérience, prévus par les textes en vigueur. » Bien entendu, je laisse à M. Nimane le soin de se défendre, mais en ce qui me concerne, j’entends laver ma réputation gratuitement trainée dans la boue par des gens sans scrupule. 
Dans leur posture moyenâgeuse, ils sont persuadés qu’être secrétaire de direction est gravée dans mon ADN, et qu’après toutes ces années de bons et loyaux services pour le compte du ministère des Affaires étrangères, je dois aller à la retraire - et même à la tombe ! - avec uniquement le titre de secrétaire de direction et rien d’autre. C’est ainsi qu’ils m’ont présumée coupable, jugée à huis-clos sans m’entendre, et condamnée sans possibilité d’appel. A mon tour, je saisis la cour de l’opinion publique tchadienne dans l’espoir qu’elle saura, sur la base des éléments concrets que je me propose de fournir, me rendre justice.


ETUDES ET FORMATION CONTINUES


J’ignore de combien d’années d’études universitaires se prévalent mes persécuteurs pour me charger de tous les péchés du monde. Faut-il un PhD pour devenir première secrétaire. ? Si leur formation professionnelle a pris fin depuis le jour de leur sortie de l’ENAM ou de l’université, je leur dirai, pour ma part, que j’ai amplement pris avantage de la flexibilité qu’offre le système universitaire américain - surtout qu’il n’y pas d’âge limite pour les études ici aux Etats-Unis - et je suis, aujourd’hui, tout à fait qualifiée pour ma promotion.
Dès mon arrivée à Washington, j’ai commencé des cours d’anglais à Lado International College, et American Computer Utopia (ACU), dans l’Etat de Maryland et j’ai fini avec un certificat de langue, et un autre en informatique ; des informations vérifiables auprès des établissements concernés. 


Prise par mes activités professionnelles et surtout à cause des immenses difficultés matérielles, elles même liées aux problèmes économiques du Tchad à l’époque, j’ai attendu longtemps avant d’entreprendre à Prince George’s Community College (Université bien connue du Maryland) des études ayant abouti, en 2012, à un Associate Degree, équivalent au DEUG tchadien, officiellement remis lors de la cérémonie de fin d’année académique, en mai 2013. Une copie se trouve dans mes dossiers au service du personnel du Ministère, et mes détracteurs peuvent vérifier sur place à N’Djaména tout comme auprès de l’université, car ici aux Etats-Unis, le diplôme ne se donne pas, ça ne s’achète pas, et ne s’arrange pas. 


Et mon combat continue. J’ai repris le chemin des études, cette fois-ci à l’University of Maryland University College. Chaque jour ouvrable, à la fin de ma journée de travail, je lutte avec les embouteillages de Washington jusqu’à mon université dans l’Etat du Maryland. Au retour de mes cours, je fais mes devoirs, puis je vais au lit, pour recommencer le lendemain. Je suis une femme battante, qui cherche toujours à améliorer et approfondir ses connaissances. Sans les occupations professionnelles, j’aurais déjà achevé mes études de Management, mais Dieu voulant, je recevrai mon Bachelor’s Degree d’ici mai 2016.Tout cela n’est-il pas suffisant pour occuper le poste de première secrétaire ? A vous d’en juger !


UNE LONGUE ET RICHE EXPERIENCE 


A en croire les syndicalistes du Ministère, je n’ai ni les compétences, ni l’expérience requise, et j’ai été tout simplement parachutée à mon poste de première secrétaire. Rien n’est plus éloigné de la vérité. J’ai servi comme secrétaire sous plusieurs ambassadeurs : leurs Excellences MAHAMAT ALI ADOUM, ACHEIHK IBN OUMAR, KOUMBAIRIA LAOUMAYE MEKONYO (défunt), MAHAMAT SALEH AHMAT, SOUBIANE HASSABALLAH, MAHAMOUD ADAM BECHIR, MAITINE DJOUMBE, et actuellement Dr MAHAMAT NASSER HASSANE. Chacun d’eux a tenu à me conserver à mon poste sur la base des recommandations de son prédécesseur, recommandations qui soulignaient invariablement que lorsqu’on demande à Rachel Tadjion son avis professionnel sur une question de service, il faut s’attendre à ce qu’elle réponde sans crainte, en toute franchise ; un trait de caractère qui me vaut l’animosité de ceux-là qui croient que les collègues femmes sont là pour décorer les bureaux. Compte tenu des problèmes financiers de l’époque, ces ambassadeurs avaient aussi jugé plus simple de garder le personnel trouvé sur place que de faire venir de nouveaux agents du pays ; une situation observée dans d’autres ambassades tchadiennes d’ailleurs.
Proche collaboratrice de tous ces ambassadeurs, j’ai été et je suis impliquée dans le traitement d’importants dossiers destinés au gouvernement tchadien ou à l’administration américaines ; et à ce jour, je n’ai jamais été accusée de divulgation de secrets professionnels. Au gré des années, j’ai été souvent amenée à assumer, en plus du secrétariat de direction, les charges de premier secrétaire ou même de comptable en cas de maladie ou d’absence du titulaire du poste ; ce qui était fréquent avant l’ère pétrolière, lorsque que beaucoup d’agents des Affaires étrangères préféraient rester sur place à N’Djamena négocier leurs arriérées de salaires, que de venir affronter les rigueurs de la vie sans salaire à l’étranger.
Les nombreuses délégations (ministérielles et présidentielles) tchadiennes qui sont passées ici à Washington peuvent témoigner que je suis toujours à leur service pour la logistique (accueil à l’aéroport, installation à l’hôtel, courses en tous genres), que pour le soutien en bureautique. Il n’est d’ailleurs pas rare qu’à mes heures de loisir, j’aide certains à effectuer des courses personnelles de dernière minute avant leur retour au pays. Tout cela ne suffit-il pas à me qualifier pour le poste de première secrétaire ? Qu’on me l’explique donc !


UNE ADEPTE DE LA RIGUEUR PROFESSIONNELLE


Etant en constant contact avec le département d’Etat, j’ai une excellence connaissance des pratiques diplomatiques de l’administration américaine et je m’en sers pour faciliter les échanges entre N’Djamena et Washington. Depuis que j’ai été officiellement nommée première secrétaire, j’ai mis un point d’honneur à instaurer la rigueur dans le traitement des dossiers, dans le respect des lois américaine et tchadienne, pour éviter des incidents qui auraient de graves répercussions. Des gens à qui j’ai exigé un complément d’information, ou ceux dont j’ai rejeté le dossier pour sérieuses lacunes racontent partout que je suis « dure », entendez : je ne fais pas de faveur aux compatriotes comme d’autres le faisaient avant moi. J’assume cette « mauvaise » réputation tête haute, sachant en mon âme et conscience que je fais bien le travail pour lequel je suis payée.
Depuis ma nomination il y a plus d’an jusqu’à présent, je continue d’assumer deux responsabilités : celle du secrétaire et celle de première secrétaire, et - mon patron peut en témoigner- les deux départements fonctionnent de manière satisfaisante. Tout cela n’est-il pas suffisant pour occuper le poste de première secrétaire ? A vous de me le dire !


UNE ABNEGATION SANS FAILLE


Les gens ne voient aujourd’hui que le poste de première secrétaire, auquel j’ai été élevée il y a déjà plus d’un an. C’est après constat de mon travail et de mon sérieux que mes supérieurs hiérarchiques ont décidé de récompenser mes efforts. Une parenthèse pour demander pourquoi ce n’est que maintenant que la cellule syndicale se réveille pour contester cette nomination sans motiver sa décision. 


Cela dit, mon parcours ici aux Etats-Unis n’a pas été facile, ainsi que peuvent l’attester de nombreux Tchadiens. A mes débuts, les problèmes de retard de salaire étaient tels que je ne sais pas combien de fois j’ai été obligé de déménager. A un moment donné, la situation était tellement difficile que j’avais dû confier ma fille à une amie centrafricaine pour ensuite m’installer dans le sous-sol de l’ancienne chancellerie sur la rue « R », un local humide et froid, surtout en hiver. Du temps où il vivait ici à Washington, le journaliste Mahamat Ahmat Adamou avait d’ailleurs écrit dans N’Djaména Hebdo un article resté célèbre sur les difficultés des diplomates tchadiens aux Etats-Unis.


Malgré ces problèmes, je me levais chaque matin pour monter au bureau, à l’étage, et, sourire aux lèvres, toujours donner une image présentable de la République Tchad. Plusieurs hommes affectés à l’ambassade à cette époque-là ont tout simplement demandé à retourner au pays, ne pouvant plus tenir face aux difficultés matérielles. J’ai serré mon pagne, et je suis restée en poste, au service du Tchad. Tout cela n’est-il pas suffisant pour occuper le poste de première secrétaire ? A vous d’en juger !


UNE GROSSIERE INJUSTICE AU NOM DE LA JUSTICE


Les récriminations non fondées de ces pseudo-syndicalistes sont inacceptables, d’autant moins que ces individus ne citent pas un seul élément négatif contre moi, pas un seul avis défavorable de l’un des nombreux ambassadeurs sous qui j’ai servi, ou des responsables du Ministère qui connaissent bien mon dossier. A l’heure où le Tchad et la communauté internationale multiplient les initiatives de promotion de la femme, des individus sans foi ni loi ne cherchent qu’à torpiller ma carrière – qui tire à sa fin - et à me renvoyer à la cuisine, mais ils se trompent de femme. 
Je conseille donc aux dirigeants de la cellule syndicale du ministère des Affaires étrangères de rétablir dans les plus brefs délais la vérité à mon sujet. Ils ont le droit de mener leur grève, mais ils doivent, de toute urgence, trouver d’autres motifs que le nom de Tadjion. A bon entendeur…


Rachel Tadjion
Première secrétaire,
Ambassade du Tchad aux Etats-Unis d’Amérique
Washington, D.C. 20008 USA

 
 
  -- envoyé par Rachel Tadjion (rtadjion@hotmail.com)