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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

Tchad: point de presse du COLOC
 
Président national du Mouvement des Patriotes Tchadiens pour la République et Poret-parole de la Coalition de l'Opposition pour le Changement(COLOC)  
 
   
 
 

POINT DE PRESSE 

du porte-parole de la Coalition de l’Opposition pour le Changement (COLOC) Brice MBAIMON GUEDMBAYE, Président national du Mouvement des Patriotes Tchadiens pour la République (MPTR)

Monsieur les journalistes
Dans son balbutiement démocratique et sa gestion caricaturale depuis bientôt 25 ans, le Tchad, notre cher pays entre ces derniers mois dans une période d’incertitude préoccupante. Que d’interrogations sur l’avenir et sur les intentions réelles du régime MPS qui persiste à affamer les populations tout en excellant dans un luxe révoltant.
Il n’est pas exagérer d’ébruiter que le régime en place et son gouvernement ont rompu le contrat qui les lie aux populations tchadiennes. Sinon d’où vient-il que le paiement du salaire qui est un élément essentiel de l’exécution du contrat entre ceux qui mettent en exploitation leur force de travail et l’Etat, ne soit pas assuré à terme échu ?
Cette faillite découle, une fois et encore, de la mal-gouvernance chronique dans laquelle git le pays depuis plus de deux décennies.
D’année en année, la moindre tombée de pluie fait des victimes dans des villes et campagnes et particulièrement dans les quartiers de N’Djaména. Le Gouvernement se complait dans une désinvolture qui consiste à inscrire les inondations au rang des événements fortuits. Cette perception fataliste doit changer. Tout porte à croire que ce sont les mêmes qui souffrent des mêmes fléaux comme s’il s’établit deux catégories de citoyens au Tchad.
Faisant fi de toutes les revendications politiques et sociales, le pouvoir s’est donné les moyens de déployer ses valets dans les régions et départements dans le seul but d’y semer de la discorde sous prétexte de renouveler les exécutifs des conseils communaux arrivés en fin de mandat. Sur cette question, la COLOC trouve inadmissible que dans une démocratie pluraliste, un parti politique, fut-il au pouvoir, puisse s’arroger le droit d’imposer un calendrier à l’administration territoriale et installer les institutions de l’Etat. Ce n’est pas normal. C’est anormal ! Ce gangstérisme politique n’est ni plus ni moins qu’une remise en cause de la politique de la décentralisation en violation ouverte des lois régissant les Collectivités Territoriales Décentralisées. 
Il y a donc lieu de conclure que le régime MPS démontre ainsi son caractère politico-militaire et redoute une démocratie véritable au Tchad.
Concernant le processus politique en cours, il vous souviendra que la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI), a rendu public puis réajusté son calendrier. Elle a dévoilé les différentes étapes qui vont rythmer la vie politique d’ici aux prochaines consultations électorales. Malheureusement, ce chronogramme nous engouffre dans un trou noir programmatique avec des annonces telles que « Convocation du corps électoral », tout en restant muette sur la nature du scrutin à venir. C’est pourquoi, nous rejetons ce chronogramme réajusté et exigeons de la CENI l’établissement d’un chronogramme global, impliquant le respect de l’ordre constitutionnel des élections à savoir les législatives puis les présidentielles. En conséquence, la COLOC est favorable à la prorogation du mandat du Président de la République Idriss Déby Itno pour une durée d’un an, permettant l’organisation des législatives en 2016 et les présidentielles en 2017. 
Sur le plan sécuritaire, depuis les attentats barbares du 15 juin dernier, notre pays vit une véritable psychose. Conscient que le Gouvernement tchadien s’est illustré par une incapacité à vaincre ne serait-ce que le banditisme mineur, cette peur de nos populations déjà endeuillées est plus que compréhensible.
Cependant, notre responsabilité en tant qu’acteur politique est d’attirer l’attention de chacun sur 
le risque d’un tropisme sécuritaire qui semble agiter le Gouvernement. Depuis ces évènements malheureux, une série de mesures a été déployée, souvent à l’emporte-pièce, sans que l’on n’y voie clairement une réelle potentialité d’efficacité. La lutte contre le terrorisme doit impliquer les populations elles-mêmes qui assureront le relais d’informations aux services de sécurité, dans le cadre d’un plan de vigilance nationale. 
Le projet de loi contre le terrorisme qui sera introduit l’Assemblée nationale pour vote, doit être examiné avec toute la rigueur parlementaire pour que notre Gouvernement, connu pour sa scélératesse, ne glisse des mesures sournoises dans cette loi. Nous craignons sincèrement que le prétexte sécuritaire ne permette de légitimer des dispositions liberticides dans notre démocratie embryonnaire et qui bat déjà terriblement de l’ail.
Monsieur les journalistes,
Les séparations des pouvoirs sous le règnes du MPS et ses affidés est un mythe. Certains membres du Gouvernement et certains pontes du régime usent de leur pouvoir ou de leur position pour régler des comptes personnels au moyen de la justice républicaine. Cet état de fait est tout simplement révoltant. 
Au nombre des dérives qui ternissent l’image de notre justice, citons l’arrestation et la condamnation à deux ans emprisonnement ferme et 100000 mille francs d’amende du Chargé de programme de l’Association NGAOUBOURANDI, M. Miankeouel Djéralar, un brillant militant des droits de l’Hommes qui a eu le courage de dénoncer l’impartialité des autorités judiciaires dans la gestions des conflits Eleveur-Agriculteur. Une telle dénonciation dans une interview radiophonique relève de l’expression d’une opinion, et ne peut en aucun cas être assimilé à un délit. Au vu de toutes ces dérives, le Président de la république doit sortir de sa torpeur pour écouter ses compatriotes et donner le ton. La vie de nos concitoyens en dépend.
Je vous remercie

 
 
  -- envoyé par Brice MBAIMON GUEDMBAYE (bricembaimong@yahoo.fr)