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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

Tchad : LE PIRE EST DEVANT!

D'un bon dévastateur, la devanture du terrorisme s'est rapprochée des foyers tchadiens. Nos cours sont devenues des terrains d'expression de la violence. En deux semaines, deux attaques (15 juin et 29 juin 2015). Plusieurs dizaines de morts, une centaine de blessés.

 

Les Tchadiens ne savent pas à qui ou aux quels ils ont à faire. Au nom de la simplification, tout le monde dit et répète Boko Haram. Cette chose qui terrorise plusieurs États de la sous-région de l'Afrique centrale.

Qui est terroriste? Qui cherche à terroriser les tchadiens et pourquoi? Le terroriste est-il celui-là qui se fait exploser et meurt avec ses victimes? Le terroriste est-il un autre qui envoie ses hommes de main commettre des attentats? Comment réagir et que dire à nos enfants qui découvrent cette nouvelle forme de violence? Sommes-nous au début ou à la fin des actes terroristes sur notre sol?

Questions sans réponses, excès d'informations incohérentes, actions violentes et à très grande vitesse, doutes, peurs, approximations, amateurismes, calculs électoralistes par opportunisme, manque d'analyses, défaut de lucidité,... ce sont là les composants d'une bombe sale qui prépare le chemin des attaques à venir.

Saturés et confus, les Tchadiens se mettent à spéculer, suspecter et accuser. d'autres calculent ou cherchent des raisons morales pour faire avaler l'immoral. Le pire est devant nous.

Dans ce jeu dramatique auquel le Tchad ne peut se soustraire rapidement, il faut observer et réaliser ce qui suit :

1. Hier, les menaces autour du Tchad étaient visibles et lisibles. Aujourd'hui, les menaces sont visibles et illisibles;

2. Le pire est à venir : l’État Islamique se transfère ou est transféré en Afrique, principalement en Libye. La ville de Syrte est conquise depuis plusieurs semaines et Daech s'étend tranquillement dans le reste du vaste territoire libyen. L'Égypte se bat déjà contre Daech; la Tunisie subit les assauts; l'Algérie répond avec 25000 hommes à ses frontières, près aux combats. L'État Islamique est en Libye, c'est à dire devant notre porte;

3. L'Afrique entière est en guerre démilitarisée permanente : guerres de l'information, guerres économiques en termes d'efforts pour se procurer ou conserver des matières premières, guerres de résistance face à des stratégies spoliatrices des ressources rares.... le continent africain est bel et bien en guerre;

4. Le Tchad est encerclé par des espaces dérégulés : sous l'angle de la sécurité, l'absence d’obligations stratégiques communes dans la sous-région de l’Afrique centrale permet d'affirmer que le Tchad fait partie d'un vaste espace dérégulé dans lequel les actions sont dispersées et non coordonnées;

5. Le Tchad est touché pour la première fois et non la dernière : le Tchad a longtemps réussi à gérer les effets de l'après Kadhafi mais le pays est aujourd'hui touché par le mouvement giratoire de la tempête des instabilités dans les pays limitrophes; touché et malheureusement pas pour une dernière fois;

Considérant les défis sécuritaires qui se campent solidement devant nous, la criminalité transfrontalière et la mondialisation des menaces de plus en plus protéiformes, on peut affirmer que le futur du Tchad est un faisceau de probabilités d’attaques. Tout autant pour la sous-région que le reste du continent africain.

Les Tchadiens doivent se résoudre à se battre plus violemment, à l’intérieur ou à l'extérieur du pays. Se battre pour sécuriser, stabiliser, changer, renouveler, émerger, avoir, être et même choisir.

Sachant qu'entre Allah ou Akbar de l'État Islamique, il est risqué de choisir sans être décapité, il vaut peut-être mieux faire dans le simple et se contenter du takbîr Allahu Akbar,sans avoir à choisir.

Enfin, je finis en soulignant que le déni, la banalisation ou l'exploitation des menaces et actes terroristes par calculs électoralistes, intérêts politiques ou personnels aurait des conséquences très graves pour la stabilité du Tchad, et exposerait le pays aux modèles d’effondrement malien, libyen ou centrafricain. Les autorités tchadiennes sont averties. Les citoyens sont informés.

Joe Al Kongarena

Twitter : http://twitter.com/JoeKongarena