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Publié par Mak

Refonder  la Mauritanie : le MAP propose à Paris le système  consociatif

Une table ronde intitulée : « La Culture au Service de l’Engagement », initiée par le Mouvement Autonome pour le Progrès en Mauritanie (MAPROM), a été organisée, samedi 25 juillet de 14 heures à 18 heures, à la Cité Universitaire à Paris. Son but : réfléchir autour des maux qui minent et divisent la société mauritanienne depuis les années 1960 à nos jours, notamment l’épineuse question de Vivre Ensemble.

 

Crée en 2009, par des jeunes intellectuels mauritaniens vivant en France et à l’étranger, le Mouvement Autonome pour le Progrès en Mauritanie (MAPROM), se définit comme une organisation politique pour refonder la Mauritanie éprouvée durablement par les défis de cohésion sociale et de l’unité nationale.

C’est dans ce cadre qu’une table ronde placée sous le thème : « La Culture au Service de l’Engagement », a réuni à la Cité Universitaire de Paris, des artistes et des militants engagés pour proposer d’autres alternatives afin de relever les défis auxquels le pays est confronté.

" Le Mouvement Autonome pour le Progrès en Mauritanie (MAPROM), organisation politique crée en 2009 dans le but de refonder la Mauritanie. Parce que la Mauritanie dans son ensemble en tant qu’Etat-Nation n’existe pas. On a un pays où c’est une seule entité depuis les années 1960 jusqu’à maintenant qui règne, et qui exclusivement prend, pille et tyrannise le peuple mauritanien sans que jusqu’à présent aucun pays africain ou aucun pays étranger ne puisse lever le doigt.", Déclare Souleymane Niang, président de cette formation politique.

 

La composante noire martyrisée

 

D’après le leader du MAP, la composante noire est particulièrement visée par une discrimination depuis les années 1960. Martyrisée par les différents régimes successifs, elle croit néanmoins dans son ensemble à vivre ensemble dans une Mauritanie diversifiée.

 

Pourquoi ce forum ?

Selon les initiateurs, ce forum relève du souci de réunifier toutes les forces vives du pays afin de parvenir à créer les conditions favorables d’un changement pour faire plier le système politique actuel jugé « inique » qui sévit en Mauritanie. « Parce que comme vous le savez dans une lutte, une seule entité ne peut la faire. Il faut réunir toutes les entités notamment, les entités culturelles, les entités politiques, les opérateurs économiques, tout ceux qui sont dans une démarche de développement, de collaboration et dans une démarche de vivre ensemble »,souligne, Souleymane Niang.

 

Le système consociatif comme alternatif

 

Face aux nombreux problèmes que rencontre la société mauritanienne notamment l’exploitation des terres qui sévit dans le pays depuis des années, le MAP souhaite un changement du système qui prend en compte la responsabilité du citoyen en termes de droits et des devoirs. Le responsable politique du MAP estime que seule la théorie du consociativisme qui a résolu la question de la représentativité des groupes sociaux, religieux et politiques au Liban et dans d’autres pays européens, est envisageable en Mauritanie »

« En Mauritanie, on a un Etat central et unitaire où des composantes sont laissées à l’abandon. Pour nous, en tant que MAP, on dit qu’il faut changer le système politique. D’ailleurs, on est parti jusqu’à dire qu’il faut pratiquer le système qu’on appelle le système consociatif, c’est un système qui a été pratiqué dans d’autres pays qui ont eu le même problème que nous. Que ça soit au Liban ou d’autres pays européens. Pour nous, c’est un système qui pourra résoudre un certains nombres de problèmes. », réncherit-il.

 

La culture au service de l’engagement

 

Plusieurs artistes engagés dont des peintres, rappeurs et cinéastes ont été conviés à cette rencontre. Le MAP privilégie la culture comme moyen de dialogue, des résolutions de crise politique et de développement économique.

C’est dans ce cadre que le film primé « Retour Sans Cimetière », réalisé en 52 mn par Djibril Diaw, journaliste et célèbre réalisateur mauritanien, a été projeté dans la salle pour évoquer les difficultés que rencontre la population de "Donaye", un village de la Mauritanie

« C’est un village qui n’a pas de cimetière et qui est contraint d’enterrer ses morts dans un autre pays qu’est le Sénégal. C’est un village en Mauritanie, un village des rapatriés qui étaient expulsés du pays et qui étaient rentrés et qui ont perdu leur cimetière. Le film explique exactement la situation dans laquelle vivent les villageois. », Selon le réalisateur engagé.

Et le cinéaste mauritanien d’ajouter. « Il est de notre devoir de participer à ce genre de rencontre afin d’aider à une réflexion commune et d’exprimer notre position par rapport un engagement qui se mène sur place ou ailleurs. »

Pour rappel, depuis les événements malheureux de 1989, des milliers de ressortissants négro-mauritaniens, chassés de leur pays, ont été contraints à l’exil. Ils sont repartis entre le Sénégal et le Mali.

 

En 2007, la signature d’un accord tripartite entre le Sénégal, la Mauritanie et le HCR, avait donné l'espoir du  retour à  ces réfugiés mauritaniens dans leur pays. Toout en garantissant  leurs droits civiques et politiques. Mais force est de constater, une fois chez eux, ces derniers sont toujours privés de leurs droits et de leurs biens.

 

Devant cette situation alambiquée aucune voix ne s’indigne pour condamner les faits qui relèvent de l’exclusion sociale ou rappeler aux autorités mauritaniennes le respect de leurs engagements internationaux afin de garantir l’unité nationale et la cohésion sociale ébranlées.

La Mauritanie ne doit-elle pas son existence à la volonté de tous les Mauritaniens de vivre justement ensemble dans la diversité?

 

La rédaction du blog de makaila