Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

Géo-localisation

Publié par Mak

Déclaration de DHSF sur la situation des droits de l’homme au Tchad dans le contexte électoral

       DROITSDE L’HOMME SANS FRONTIERES

 

Point de presse de Droits de l’Homme Sans Frontières (DHSF) du 10/7/ 2015

Déclaration de DHSF sur la situation des droits de l’homme au Tchad dans le contexte électoral

 

******

 

Les Tchadiens vivent et attendent impatiemment les échéancesélectorales de 2016 même si beaucoup le fond avec une idée déjàarrêtée de ce vont être les résultats de celles-ci.

Le sujet est ainsi partout évoqué dans le milieu politique, des journalistes et des défenseurs des droits de l’homme y compris les observateurs de la scène politique au Tchad. Dans ces discussions, les débats tournent autour de la candidature ou non du chef de l’Etat, de la sincérité du scrutin, du bon ou mauvais choix de l’opérateur qui se chargera de la question de la biométrie avec kit d’identification ou non etc.

Le ton est souvent diffèrent quand on est le camp de la majorité ou celui de l’opposition.

Ces débats naturels et obligatoires pour les citoyens soucieux de qui va gérer la cité et comment va-t-il être élu méritait d’être entretenu dans toutes sa forme. Mais, il se trouve que souvent le pouvoir en place réagit et utilise les institutions de la république pour faire taire tous ceux qui soutiennent le point de vue différent du sien. Cela, dans le contexte électoral dont les échéances sont pour bientôt. Tous sont quotidiennement harcelés et chacun attend son tour. Parmi ceux-ci, se retrouvent les journalistes, les défenseurs des droits de l’homme, les hommes politiques etc.

C’est ainsi que tous les moyens sont mis en œuvre pour faire taire tout le monde mais chacun selon sa chance et son gabarit. Examinons les quelques cas que nous avons retenus :

 

 

 

BP : 4510 N’Djamena Tchad.Tél : (235) 992 57 58 site web. dhsf-afrique.org Email :dhsf64@hotmail.com compte bancaire Eco bank : 0040132805321401

 

  1. Le harcèlement contre les hommes politiques

Depuis le 22 juin dernier, le pouvoir en place a commencé par agir à visage découvert dans la convocation que la police a envoyée à l’opposant Kebzabo et député à l’Assemblée Nationale sur la base d’une plainte en dénonciation calomnieuse du journal « le Potentiel ».

Selon nos informations, tout est parti d’une plainte d’abord en diffamation déposée par cet opposant contre le même journal qui a traité Kebzabo de vendeur de drogue. Cela, sans apporter aucune preuve devant le Tribunal. Très vite, le journal a été néanmoins jugé et blanchi alors que la mêmeaffaire a été jugée en France et le journal Figaro qui a tenu les mêmes propos été condamné à payer des dommages et intérêts en 1994. Malgré cela, la justice tchadienne a préféré elle,blanchir le journaliste qui prend fait et cause pour le pouvoir en place et lui permettre de revenir en dénonciation calomnieuse. Pourtant, Kebzaboa bien formulé le pourvoi en cassation contre ces décisionsrendues dans la précipitation et demeure toujours député contre lequel une telle procéduremérite une levée de l’immunité. (La demande de levée de son immunitéserait en circuit). Lemême journal dans sa dernière parution s’en est violemment pris aux défenseurs des droits de l’homme qui évoquent publiquement la question de l’alternance au pouvoir.

Durant la mêmepériode, le Maire de Moundou chef d’un parti de l’opposition se retrouve dans la ligne de mire du pouvoir en place à l’approche des élections. A lui, l’on reproche des détournements. Cela, en vue de nuire à son image et au besoin l’amener soit à se ranger ou aller en prison. Cette tâche a été confiée au ministère de la moralisation.

Cette situation a été bien illustrée par le Journal Abba Garde du 30 juin 2015 qui imagine les propos du Président de la République assis sur son fauteuil etqui demande au ministère de la moralisation et au Procureur de tirer fort les cordes qui se retrouvent au cou de Kebzabo et au cou du Maire de Moundou. Il demande de tirer fort et sans relâche jusqu’à 2016.

 

  1. Harcèlement contre les journalistes.

Dans ces types de harcèlement, à première vue certains cas peuvent être loin du pouvoir mais pour les observateurs avertis de la scène politique tchadienne, rien ne peut être laissé au hasard. Beaucoup des responsables proches du pouvoir nourrissent de la haine tenace contre les journalistes et les défenseurs des droits de l’homme et ne ratent aucune occasion pour l’extérioriser.

Ainsi, le 5 juin 2015, Mme Zara MahamatYakoub, directrice d’une radio privée a été arrêtée et a passé plusieurs heures au commissariat pour une affaire véritablement banale.

En plus, le 12 juin 2015 M. Stéphane, Directeur du journal le Haut-parleur a été gardé à vue pendant au moins 3 jours su plainte de salay Deby, petit frère du Chef de l’Etat pour diffamation. (Le plaignant a quant à lui refuser de répondre à la convocation du parquet précédemment envoyée dans la plainte des transitaires.)

Le 23 juin, un journaliste étranger et un défenseur américain Reed Brady ont été publiquement giflés par les individus en civil venus pour obtenir l’expulsion de Laurent Correau, journaliste.

Le samedi 4 juillet 2015 Avenir de la Thiré, directeur de publication du journal Abba Garde a échappé à un enlèvement à son domicile. Peu après, l’intéressé a quitté pour se rendre à Bongor au sud du pays à plus de 300Km de N’Djamena. Là, il aurait encore échappé à une 2e tentative d’enlèvement. En ce moment, Avenir se trouve à l’étranger en vue d’échapper à son enlèvement. En cause, l’éditorial de la parutionn° 108 du 30 juin intitulé « Le Pouvoir aux abois » et sous-titré « Deby, « le Hitler » Moderne. Tout cela, appuyé par l’illustration dont on fait mention ci-haut.

Harcèlement contre les défenseurs des droits de l’homme

Le Premier à être victime est DjeralarMiankol pour avoir dénoncé le mauvais comportement des juges et la corruption dans la magistrature et l’affaire des conflits agriculteurs-éleveurs dans sa région sur les antennes d’une radio locale. Pour cela, il a été arrêté et jugé par le Tribunal de Grande Instance de Moundou, sur plainte du parquet de la localité pour outrage à magistrat. Le verdict est tombé le 7 juillet 2015. Ce défenseur des droits de l’homme est condamné à 2 ans fermes et une amende de 100 000Frcfa. L’appel du jugement a été fait par le conseil de ce défenseur.

Pour ce qui nous concerne, nous estimons qu’une plainte de la part d’un magistrat pour outrage à magistrat dans une déclaration à la radio est malvenue. Car, les défenseurs des droits de l’homme travaillent de concert avec les magistrats et souvent en bonne entente. Ils les prennent pour leur protecteur contre l’arbitraire du pouvoir même si souvent, le pouvoir obtient ce qu’il veut en arrêtant tel ou tel autre leader. Bien qu’agissant dans les organisations de la société civile, les défenseurs des droits de l’homme et les magistrats se complètent toujours. Cette bonne entente a le mérite d’être encouragée. Une telle plainte et jugée par la même partie risque de ne pas favoriser une telle entente et risque de créer une méfiance et un mauvais précédent dans cette collaboration pour l’avenir des défenseurs des droits de l’homme au Tchad. Le Syndicat des Magistrats du Tchad (SMT) est ainsi interpellé. Nous espérons aussi que la Cour d’Appel pourra rouvrir les débats et examiner sincèrement la cause et tenir compte non seulement de ce que le parquet de Moundou a ressenti mais aussi compte de la difficulté du travail des défenseurs et du rapport de l’Inspection des services judiciaires rendu public courant 2015 qui reconnait que certains magistrats sont corrompus.

Alors, en parlant de la situation des droits de l’homme dans le contexte électoral, nous ne pouvons pas passer sous silence la question du terrorisme au Tchad. C’est une question épineuse qui interpelle l’ensemble de la communauté internationale et les tchadiens dans sa globalité. Nous demandons donc au gouvernement de prendre des dispositions afin de protéger efficacement les tchadiens contre le terrorisme. Pour cela, il convient de faire déployer les éléments des forces de sécurité ayant une formation soutenue dans ce domaine et non laisser cette tâche ou une partie entre les mains de ceux qui n’ont aucune formation dans la lutte contre le terrorisme. Les éléments formés à grands frais dans ce domaine de lutte contre le terrorisme existent.

Nous profitons de l’occasion pour présenter nos condoléances à toutes les familles endeuillées dans la lutte contre ce phénomène et les victimes d’attentats du 15 juin dernier.

Alors, pour toutes ces questions soulevées, nous invitons les partenaires du Tchad à aider le Tchad afin d’éviter les harcèlements judiciaires vu que la justice a cessé d’être depuis très longtemps d’être indépendante.

Invitons le pouvoir en place à jouer franc jeu et permettre l’organisation une fois au Tchad des électionscrédibles et honnêtes sur la base de la biométrieintégrale. Que le pouvoir Cesse toutes manœuvres de harcèlement des leaders. Le Tchad est membre du Conseil de sécurité et comme tel, le monde nous observe. Notons que déjà pour ce qui concerne les élections, le choix de l’opérateur suscite des remous et de méfiance dans le milieu politique.

Je vous remercie.