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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

TCHAD: CONSEIL NATIONAL 2015 DISCOURS D’OUVERTURE DU PRESIDENT NATIONAL
TCHAD: CONSEIL NATIONAL 2015 DISCOURS D’OUVERTURE DU PRESIDENT NATIONAL
TCHAD: CONSEIL NATIONAL 2015 DISCOURS D’OUVERTURE DU PRESIDENT NATIONAL
TCHAD: CONSEIL NATIONAL 2015 DISCOURS D’OUVERTURE DU PRESIDENT NATIONAL
TCHAD: CONSEIL NATIONAL 2015 DISCOURS D’OUVERTURE DU PRESIDENT NATIONAL

CONSEIL NATIONAL 2015 DISCOURS D’OUVERTURE DU PRESIDENT NATIONAL

 

Chers Camarades et Amis, Collègues Chefs de Partis Politiques,

Mesdames et Messieurs les Représentants de la Société Civile,

Camarades Membres du Bureau Exécutif,

Camarades Députés,

Camarades Conseillers Nationaux,

Camarades Membres de l’UFR, de l’UJR et du Comité des Sages,

Camarades Membres des Comités de Soutien,

Camarades Membres des Commissions Statutaires,

Camarades Membres de Comités Régionaux, Départementaux et Locaux,

Camarades Militantes et Militants,

Mesdames et Messieurs,

Chers Invités,

C’est avec un grand plaisir que je vois reçois ici, au Conseil National Statutaire de notre Parti. Mes remerciements s’adressent en particulier à mes camarades et amis Chefs de partis politiques dont je salue ici la présence. C’est un signe de solidarité qui ne passera pas inaperçu dans cette lente mais déterminée avance vers une plus grande cohésion de l’opposition nationale. Une fois encore, merci.

Au nom du Parti, je remercie également nos amis de la Société civile dont la présence parmi nous est significative. Nous menons un combat commun qui requiert toujours plus de mobilisation. Nous sommes interpelés et nous devons y travailler.

Dois-je aussi remercier mes camarades ? Oui, que vous veniez de N’Djamena ou des lointaines provinces, vous avez fait un effort qui mérite nos félicitations pour cet acte militant. Nous vous devons aussi des excuses car nous vous avons perturbés sur la date de ce Conseil National qui était d’abord programmé autour de l’anniversaire du Parti le 12 avril, puis reporté à cette date pour des raisons de convenance du Bureau Exécutif. J’espère que vous en avez profité pour peaufiner vos rapports selon les instructions que vous avez reçues.

Camarades militantes et militants, Chers amis,

Il est important de rappeler qu’en avril 2014, l’UNDR a tenu un congrès dont la réussite éclatante reste encore vive dans tous les esprits. Oui, le congrès de Moundou a constitué un grand tournant dans la vie de notre Parti, par la qualité de ses travaux, la qualité des invités des partis amis tchadiens et africains et le nombre important des militants venus de toutes les contrées du pays. Oui, Moundou 2014 restera longtemps gravé dans toutes les mémoires. Les assises actuelles ont la mission statutaire de veiller à l’exécution des décisions et recommandations du congrès par le Bureau exécutif national. Pendant deux jours, nous allons nous livrer à cet exercice qui n’est pas toujours aisé pour la direction du Parti. Cela fait partie de nos pratiques, le Bureau exécutif doit rendre des comptes de la gestion du Parti aux représentants du Parti que sont les membres du Conseil National. Certains de mes camarades vous feront des rapports sur les secteurs de leurs activités.

Vous aussi vous devez rendre compte de vos activités sur le terrain. Chaque comité régional fera son rapport et dira aux camarades comment il a fonctionné depuis l’année dernière. Cet exercice est primordial car il permet de mesurer le chemin parcouru, l’état d’esprit des militants, la situation socio-politico-économique du pays…etc.

Sans vouloir me livrer à un bilan exhaustif du BE, je puis vous assurer qu’il fonctionne de son mieux. Il pourrait certes mieux fonctionner, car il y a encore des faiblesses, mais nous en parlerons lors des débats. Vous savez qu’il a été renouvelé au tiers de ses membres, pour faire ainsi de la place à des camarades plus jeunes, aussi bien par leur âge que par leur expérience militante. Nous pouvons dire que la période d’expérimentation est maintenant dépassée et qu’ils produisent à plein régime à la satisfaction des anciens.

Sur ce chapitre du fonctionnement, nous pouvons noter que les commissions spécialisées ont été constituées et ont commencé à travailler. L’Ecole des Cadres aussi est devenue opérationnelle avec la nomination de son Directeur général qui a travaillé à la mise en route d’un premier module sur la social-démocratie qui vient d’être dispensé à un premier groupe d’une centaine de militants. Grâce aux relations extérieures du Parti, notamment dans le cadre de l’Internationale Socialiste, nous espérons organiser d’autres formations dans les mois qui viennent.

S’agissant de l’Internationale Socialiste qui nous a accueillis avec le statut de membre consultatif, c’est-à-dire à seulement une marche de membre à part entière, l’UNDR a déjà participé à deux importantes réunions. En décembre 2014, nous avons pris part au Conseil annuel qui s’est tenu à Genève, puis en mars dernier, au Comité Afrique à Bamako qui a réuni les pays africains membres. Dans le même ordre d’idée, nous pouvons citer notre participation à Yaoundé à deux rencontres des pays de la sous-région Afrique centrale membres de l’Alliance des Partis progressistes d’Afrique Centrale. Les relations extérieures du Parti se portent bien, puisque je peux vous annoncer notre invitation à participer en juin prochain à Poitiers au congrès du Parti socialiste français. Nous renforçons aussi nos relations avec les partis amis d’Afrique de l’ouest (Niger, Burkina Faso, Mali, Guinée, Sénégal, Mauritanie, notamment).

A l’intérieur, en tant que membre de la CPDC, l’UNDR participe activement au fonctionnement de notre rassemblement qui nous représente au CNDP. Au niveau de l’opposition en général, nous avons pris part à toutes les réunions initiées par le Chef de l’Opposition politique ou par d’autres partis politiques. A ce niveau, je me dois de vous dire que la structure du Chef de l’Opposition politique est une coquille vide. Ainsi l’a voulu le Président Déby qui n’a pas honoré sa propre signature en refusant obstinément et délibérément à mettre à la disposition de l’opposition ne serait-ce qu’un minimum de moyens lui permettant de fonctionner convenablement. Lassé des réclamations, je serai sans doute contraint d’en appeler aux tribunaux pour trancher ce litige. En tout état de cause, mes collègues témoigneront que j’ai tenté de remplir ma mission en toute conscience, dans un environnement pollué à dessein.

En fait, cela illustre parfaitement l’état d’esprit actuel du régime contre l’opposition qui est de plus en plus exclue des médias publics. Les menaces pèsent sur les médias privés qui traitent les informations de l’opposition avec de la distance. Les salles de réunion nous sont interdites sur injonction du pouvoir. Les rassemblements publics sont à peine tolérés tandis que les manifestations pacifiques sont interdites. La liste des morts tués par balles s’allonge, avec les trois morts de Kyabé la semaine dernière. Le régime se durcit et fait preuve d’intolérance doublée d’un mépris pour les populations. Nous ne devons plus nous contenter de déclarations dont le peuple ne se satisfait plus. Face à un pouvoir dictatorial qui tue, nous sommes tenus de répondre, en toute légitimité, par des actions visibles et pacifiques. Nous devons nous y préparer et prendre des initiatives.

Je reviens au fonctionnement du parti pour rappeler que l’une de ses missions essentielles, la visite de terrain, s’exécute malgré nos moyens et le temps limité dont nous disposons. En 2014, une délégation conduite par le Président national a sillonné les régions du Mayo Kebbi-est, ainsi qu’une partie du Logone occidental et du Logone oriental. Cette année, nous nous sommes rendus récemment au Batha, au Guéra et au Baguirmi. Dès la fin de cette session, plusieurs missions iront au sud et dans l’ouest, plus précisément dans le grand Kanem. D’autres déplacements sont programmés avant la fin de l’année. Je précise qu’en dehors de ces missions « lourdes » qui ont parcouru des milliers de kilomètres, des camarades du BE ou des conseillers ont effectué de nombreuses missions d’information ou de structuration.

Ces visites de terrain sont essentielles dans la bonne compréhension des nombreux problèmes que vivent au quotidien nos compatriotes ainsi que pour l’implantation du Parti qui est une œuvre jamais achevée. Nous serons toujours aux côtés de nos compatriotes et de nos militants, et nous ferons tout ce qui est dans nos capacités pour installer les cellules du parti partout dans le pays. Nous devons nous fixer pour objectif d’implanter l’UNDR sur l’ensemble du territoire, avant la prochaine échéance électorale.

Les tournées en province permettent également de constater, non pas l’implantation du MPS, mais la main mise écrasante du pouvoir sur les populations par le biais des fonctionnaires véreux et peu scrupuleux de l’administration territoriale, ainsi que les militaires. Quand on regarde à la loupe les nominations des gouverneurs, préfets et sous -préfets ainsi que les militaires, force est de constater que dans la plupart des cas, il s’agit de militants éprouvés ou des agents en mission. Certains ne s’en cachent d’ailleurs pas.

Nous ne pouvons d’ailleurs pas, nous ne devons pas accepter d’aller aux élections dans ces conditions. C’est à dessein que le Président Déby refuse d’appliquer les dispositions de l’Accord politique de 2007 sur la dépolitisation de l’administration et de l’armée. Ce n’est pas un hasard si les écoles d’administration et de formation judiciaire recrutent sans le respect des normes et forment au rabais les futurs administrateurs et magistrats, pour en faire des agents au service, non pas de l’Etat, mais du parti MPS et de son chef.

C’est dans le même esprit que sont constituées les hautes juridictions de notre pays. Le Conseil Constitutionnel et la Cour Suprême sont dirigés par des militants connus du MPS qui ont occupé à ce titre de hautes fonctions que nous n’oublions pas. Appelés à dire le droit en matière du contentieux électoral, qui pourront-ils convaincre de leur bonne foi ? De quelle marge de bonne foi disposent-ils pour nous convaincre ? Ne sommes-nous pas dans notre droit de les récuser dès maintenant, au risque de rejeter à l’avance tout recours au contentieux électoral ? Oui, camarades, préparons nos militants, préparons-nous à nous prendre entièrement en charge dans les bureaux de vote et à ne pas recourir à des contentieux dont les résultats sont à l’avance connus.

C’est pour cela que nous devons mettre l’accent sur la formation de nos militants à tous les niveaux. Le niveau d’engagement actuel est insuffisant et ne peut pas nous permettre d’affronter nos adversaires dans de bonnes conditions. Un bon militant, c’est celui qui assiste régulièrement aux réunions de sa cellule, contribue financièrement, matériellement et intellectuellement à son parti auquel il consacre un peu de son temps. L’Ecole des cadres a été créée à cet effet et elle doit se donner comme objectif d’être immédiatement opérationnelle pour que les militants soient mieux encadrés et disponibles pour les prochaines échéances électorales.

Camarades, notre pays est dans une situation de décrépitude totale et ce n’est pas peu de dire qu’il en banqueroute. Avec tous les revenus générés par l’or noir, le Tchad est incapable de faire face à ses obligations régaliennes. La dette intérieure s’accumule, tandis qu’il a fallu, enfin, avec un sérieux coup de pouce de nos partenaires, atteindre ce fameux point d’achèvement de l’IPPTE pour voir une dette colossale effacée pour nous ouvrir les portes de nouveaux emprunts. Malgré cela, nous doutons fort que notre gouvernement soit en mesure de mieux gérer le pays. Le Tchad est dans un état de délabrement avancé et ce ne sont pas les gouvernants actuels qui pourront l’en sortir. La pauvreté, voire la misère des populations sont à leur comble et ont atteint un niveau inacceptable.

Epuisés, exténués par la mauvaise gouvernance, les Tchadiens s’enferment dans une léthargie mortifère et s’en remettent à Dieu. Je crois qu’il faut continuer de se battre toujours plus car la fatalité n’a jamais réglé un problème. Nous ne devons plus accepter que nos parents se disputent l’eau des mares avec les animaux, que leurs enfants soient assis par terre à l’école, que les soins de santé les plus élémentaires manquent dans des centres de santé parfois inexistants, qu’ils vivent dans l’injustice permanente sous le poids d’une administration incompétente et vorace et qu’une minorité les prenne en otage pour continuer de piller ostensiblement et honteusement notre pays. Non, cette situation ne peut plus perdurer et ces Tchadiens que j’écoute sont prêts à faire un saut qualitatif demain pour renvoyer Idriss Déby et ses rares partisans. De plus en plus, nos compatriotes expriment ouvertement leur ras le bol et rejettent le pouvoir actuel. Ils sont nombreux, toujours plus nombreux à claquer les portes du MPS pour rejoindre les rangs de l’UNDR. Notre capacité d’accueil est déjà mise à rude épreuve, tellement ils sont nombreux.

Camarades, m’adressant une fois encore à mes collègues, je leur dis que la lutte sera encore plus dure, car il s’agit de se battre ensemble pour déloger le MPS. Cette lutte, nous devons l’engager résolument, ensemble et maintenant. Nous devons faire preuve de plus de cohérence, de cohésion, de constance et de consistance dans la lutte. Les miettes qu’on nous jette ne doivent pas nous faire perdre de vue l’essentiel. Regardons la situation en face pour admettre, par exemple, que la CENI actuelle ne peut pas nous amener à de bonnes élections. La CENI a déjà fait preuve de ses limites et de sa soumission au pouvoir en acceptant les injonctions du Président Déby sur la biométrie. Convaincu de son échec électoral, il passe par des subterfuges pour continuer dans son exerce favori qu’est la fraude électorale. Comment peut-on raisonnablement refusent le kit d’identification et soutenir la biométrie ? La mauvaise foi du Président en la matière est connue, il nous appartient de nous regrouper pour lui faire face. Il tente de nous diviser par tous les moyens et nous ne devons pas tomber dans son piège.

Une fois encore, je lance un appel à l’opposition de taire ses querelles pour aller à l’essentiel qui est de se regrouper pour se battre ensemble. Rien ne devrait nous opposer car nous ne sommes pas des adversaires. Nos légères différences doivent constituer notre force, car c’est dans la diversité et la pluralité que nous devons puiser nos ressources. Nous n’avons qu’un seul adversaire, le pouvoir actuel incarné par Idriss Déby Itno que nous pouvons chasser du pouvoir. Cette mission est sacrée et nous devons nous unir pour l’accomplir.

 

Saleh KEBZABO