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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

Mort à Paris d'un proche du président tchadien

DISPARITION

Le général Mahamat Ali Abdallah Nassour était un rouage essentiel de la galaxie d'Idriss Déby.

 

Le général Mahamat Ali Abdallah Nassour, 54 ans, président du Conseil économique, social et culturel, est décédé à Paris mardi en fin d’après-midi. Ce proche du président du Tchad, Idriss Déby, était hospitalisé à Paris depuis un mois après avoir été suivi aux Etats-Unis «pour longue maladie».

 

Preuve de son importance dans le premier cercle présidentiel, l’annonce de sa disparition a été lue sur les antennes de l’ONRTV, la télé nationale, dans ses éditions de mardi soir. Homme politique tchadien, acteur des événements majeurs qui ont animé le parcours du Tchad depuis 1990, Mahamat Ali Abdallah Nassour était membre fondateur du Mouvement patriotique du salut (MPS), l’hégémonique parti présidentiel.

En termes moins diplomatiques, Nassour est membre de l’ethnie du président Déby, les zaghawas. Membre essentiel de la mécanique clanique du pouvoir, cette mort va donc avoir des conséquences dans la redistribution des réseaux d’influence au Tchad. Il fut le financier de la rébellion menée par Déby qui chassa Hissène Habré en 1990. Familier du maquis soudanais, il devient rapidement une des pièces les mieux usinées du régime d’Idriss Déby, pour certains observateurs. Sa biographie officielle précise qu’il est diplômé en droit public, le général Nassour décroche un DEA en sciences politiques, option stratégie et géopolitique.

HYPOTHÈSE D’UN «EMPOISONNEMENT»

Son parcours est alors météorique. En 1990, il est secrétaire d’Etat aux Relations extérieures, puis occupe pendant deux ans (1991-1992) le poste de chef d’état-major général des armées. De 1994 à 1999, il est nommé ambassadeur du Tchad en France. Nommé préfet en 1999, il enchaîne les ministères à partir de 2002 : Sécurité publique et Immigration ; Commerce, Industrie et Artisanat ; Mines et Energie et enfin un passage à la Défense nationale.

Lors de la tentative de coup d’Etat en 2008 menée par la rébellion tchadienne et appuyée par des éléments soudanais, l’officier supérieur conduit la riposte avec ses hommes devant N’Djamena en interdisant le palais présidentiel. Il devient un acteur «incontournable» de la galaxie Déby au point même, dit-on, de faire de l’ombre au chef de l’Etat. Son nom circule alors à N’Djamena comme un potentiel successeur à Déby.

Sa mort intervient un mois après la mise à l’écart du général Béchir Ali Haggar condamné à quinze ans de travaux forcés dans l’affaire des supplétifs du régime de Hissène Habré. Ali Ahhgar, un proche aussi de Déby, dont le nom n’est jamais pourtant apparu dans les témoignages des victimes, est«clairement la victime d’un règlement de compte politique au plus sommet de l’Etat», selon un avocat des victimes. En l’absence de charges, le général a quand même été condamné comme les bourreaux.

Dans certains milieux de la capitale tchadienne, on évoquait ce matin «un parallèle troublant entre profils et destinées de ces deux généraux proches de Déby». Au point que l’hypothèse d’un empoisonnement du général Mahamat Ali Abdallah Nassour revenait même avec insistance. Mais quel crédit accorder à cette hypothèse ? Un observateur, qui préfère rester anonyme, «constate simplement que le cercle des gens qui ont aidé Déby à prendre et conforter le pouvoir, se réduit. Le pouvoir de Déby se rétracte totalement sur sa galaxie familiale».

Jean-Louis LE TOUZET