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Publié par Mak

Les élections présidentielles au Togo : l’ONU jette de l’huile sur le feu par Senior Mbary

Un contentieux électorat est né avec la proclamation des élections présidentielles au Togo remportées par le président sortant Faure Gnassimbé selon les résultats provisoires proclamés par le Commission nationale électorale indépendante (CENI) et contestés le principal opposant, Mr Jean-Pierre Fabre. Pendant que la Cour constitutionnelle chargée de proclamer les résultats définitifs ne s’est pas encore prononcée, les Nations Unies s’empressent de déclarer que les élections ont été libres et transparentes, jetant ainsi de l’huile sur le feu. On est légitimement amené se poser la question centrale suivante : Si la Cour constitutionnelle, après vérification, invalide les résultats de la CENI, que vont alors faire les Nations Unies ?

Les Nations Unies porteront l’entière responsabilité si le conflit électoral au Togo débouche sur un massacre d’un camp sur l’autre. A ma connaissance, l’ONU est souvent sollicitée dans un pays pour accompagner l’organisation des élections mais n’a aucune autorité pour proclamer les résultats, à moins qu’elle soit expressément mandatée comme c’était le cas en Côte d’Ivoire lorsque le doute persiste.

Il est vrai et on le savait, l’opposition togolaise n’était pas favorite pour ces élections du fait qu’elle était partie en rang dispersé dans une élection à un seul tour comme celle-ci. Elle doit s’en prendre à elle-même d’abord. Elle devrait s’en rendre compte qu’en se comportant ainsi, elle faisait le jeu du président sortant qui jubilait déjà sous cape sa victoire.

Une fois de plus, l’orgueil personnel, l’égoïsme, l’absence de nationalisme et d’une vision pour le pays ont sous-tendu cet échec de l’opposition togolaise qui aurait pu éviter cela en présentant un candidat unique face à Faure Gnassimbé. Cette opposition est donc prise dans son propre piège.

En réponse à la déclaration de Mr Jean-Pierre Fabre, chef de file de l’opposition, qui ne reconnaissait pas les résultats provisoires proclamés par la CENI, le Ministre de l’Intérieur du Togo avait fait observer que Mr Fabre apportera des preuves de ce qu’il avançait. A priori, Mr Fabre qui est un routinier de la politique au Togo, est censé disposer des éléments de preuve de ce qu’il avançait ; son parti va donc s’atteler à les organiser pour les déposer à la Cour constitutionnelle qui est seule habilité à programmer les résultats définitifs.

Ces dispositions, les Nations Unies, coordonnées par le PNUD dans les pays, les connaissent bien. Alors pourquoi l’ONU n’a pas eu la patience d’attendre la proclamation des résultats définitifs de la Cour constitutionnelle, sachant qu’un contentieux électoral venait de naître ? Dans quel dessein s’est-elle précipitée de faire cette déclaration, oubliant ou faisant semblant d’oublier qu’un conflit électoral avait fait des centaines de morts et de des milliers de déplacés dans un passé récent dans ce pays ?

On voit que les Nations Unies au Togo se sont donc substituées à la Cour constitutionnelle, coupant tout recours et validant ainsi les résultats. Alors, elle sera entièrement responsable en cas de débordement dans le pays. C’est décevant pour l’image de l’Organisation.

Et comme la dictature de la famille Gnassimbe n’hésite pas à user de la force pour se maintenir au pouvoir, il faudrait que l’ONU se prépare à assumer les conséquences de sa déclaration.

La principale leçon que l’on peut tirer de la situation au Togo est que lorsqu’une opposition politique ne met pas l’intérêt général de la population au centre de ses actions, l’alternance démocratique souhaitée se sera qu’une illusion.

 

Senior Mbary