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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

L’élection présidentielle au Nigeria : les leçons pour l’avenir du Tchad

Par Senior Mbary

Comme tout le monde, j’ai suivi avec une attention particulière, les résultats de l’élection présidentielle du Nigéria ayant porté le Général Muhammadu Buhari au pouvoir, avec un score très confortable. Cette alternance en douceur, qui a agréablement surpris tout un chacun, a été unanimement saluée par le monde entier. Depuis hier, le nouvel élu a reçu les félicitations de tous les dirigeants du monde occidental. En revanche, en Afrique, en dehors de l’Afrique du Sud, du Tchad et du Niger, très peu de présidents africains ont réagi. Soit. Mais pour nous Tchadiens, quelles leçons pouvons-nous en tirer pour l’avenir de notre beau pays. A mon humble avis, essentiellement quatre :

La première leçon est, encore et encore, la nécessite pour l’opposition politique de mutualiser leurs forces en restant unis. Mr Buhari a été élu après sa quatrième tentative. Et lorsqu’il a changé de stratégie en restant dans une coalition, celle-ci a été payante. L’ennemi commun étant la dictature de Deby, toute stratégie visant à évoluer en solo est à priori suicidaire et fera incontestablement le jeu de Deby. Que Mr Yorongar soit enfin attentif à cette préoccupation de portée nationale.

La seconde leçon est la transparence dans les élections. L’utilisation de la biométrie a été déterminante dans la transparence de cette élection présidentielle au Nigéria. Cet outil, avec son kit, a permis d’identifier et de suivre de manière claire et transparente, tous les électeurs ayant voté. Il appartient à l’opposition politique et la vraie société civile, avec l’appui des partenaires sérieux, de faire pression pour que le recensement biométrique soit effectif et surtout d’imposer le kit dans tous les bureaux de vote sans exception. Ces kits devraient faire partie des exigences non négociables de l’opposition politique et de la vraie société civile.

La troisième est le changement de comportement d’un président sortant candidat. Le président Goodluck Jonathan a été super. Il était resté dans la course pour sa réélection mais sa préoccupation majeure était d’organiser des élections propres. Il a tranché ainsi avec le dicton qui dit qu’on n’organise pas des élections pour les perdre. En appui avec sa prise de position par rapport aux pratiques des dictatures, il a déclaré ceci « J’ai promis à ce pays des élections libres et justes. Aucune ambition personnelle ne vaut le sang d’un Nigérian ». Joignant l’acte à la parole, il a appelé Mr Buhari pour le féliciter avant même la proclamation des résultats officiels.

Enfin, la quatrième leçon est l’intégrité des présidents des organes de gestion des élections. Le président de la CENI du Nigeria n’a jamais été mis en cause durant tout le processus des élections. Il a fait l’unanimité de toutes les parties prenantes et est resté intègre. Lui aussi a été super. Chez nous, depuis les premières élections présidentielles de 1996 avec le feu Pascal Yoadimnadji comme présidents de la CENI jusqu’à Mr Yaya, personne n’a résisté à la pression du pouvoir MPS. C’est d’ailleurs pour cela que tous ces gens sont devenus des minables qui sont vite oubliés. La preuve, ils n’ont jamais été recommandés pour appuyer une élection ailleurs. Et l’actuel président de la CENI semble être sur le point de suivre leur trace. Mais au bénéfice du doute, on attend de le voir à l’œuvre.

Senior Mbary