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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

Rédigé le 11 mars 2015 par Moussa Yowanga

 

N’Djaména, la capitale du Tchad a vécu une journée sous haute tension, ce lundi 09 mars, à la suite de violentes échauffourées entre les forces de l’ordre et les étudiants, mécontents de l’entrée en vigueur de l’arrêté du ministère de la Sécurité et de l’admistration territoriale du 1er mars qui impose le port du casque aux usagers des engins à deux roues motorisés.

De prime abord, nul ne peut contester une telle mesure de bon sens qui vise simplement à protèger les citoyens des risques de traumatisme crânien lors des accidents de circulation. Mais la responabilité d’un gouvernement sérieux consiste avant toute prise de décision d’en juger à la fois la pertinence, l’opportunité et l’opérationnalité.

Des mesures d’accompagnement auraient permis de faire passer la pillule. La gestion d’un Etat suppose le choix judicieux des hommes et de leur capacité d’anticipation et de clairvoyance sans lesquelles les décisions mal ficelées peuvent provoquer une levée des boucliers, parfois légitime. Un gouvernement fort n’est jamais celui qui fait recours systématiquement à la politique du bâton mais, c’est au contraire, celui qui ne fait guère l’économie d’explication et de pédagogie pour faire accepter ses mesures, par la population.

Les étudiants n’ont jamais contesté la mesure mais ils désapprouvent la flambée des prix des casques. Vraisemblablement, le délai très court accordé aux usagers pour se mettre en conformité n’a rien fait pour arranger les choses. Et le silence des autorités face au comportement cynique des commerçants vereux fait craindre un fort soupçon de conflit d’intérêts. Cela donne le sentiment que le gouvernement ne prend pas suffisamment en compte la situation de précarité de certaines couches sociales, les jeunes en particulier.

Au moment où le consensus autour de l’engagement des troupes tchadiennes contre le Boko Haram perdure, par cette représsion irresponsable, le gouvernement prend le risque de créer une ambiance délétere qui ferait le lit des menaces imprévisibles de ce groupe terroriste.

A l’approche des échéances électorales, le mensonge, le musellement de l’opposition démocratique et la coercition envers les voix discordantes ne peuvent constituer des armes de dissuasion pour le pouvoir. C’est pathétique et condamnable d’entendre de la bouche du porte parole de la police le chiffre d’un seul mort alors que des sources hôspitalières font état de trois morts et plusieurs blessés. La vie humaine vaut mieux que toute autre considération mue par des intérêts bassement égoistes.

Bien entendu pour décrisper la situation, le gouvernement a décidé la fermeture d’écoles et des universités de la capitale jusqu’à nouvel ordre, mais il serait mieux inspiré de renouer le dialogue avec les manifestants, par un geste d’apaisement, au lieu de persister à imposer cette mesure contre vents et marées. Tout doit être mis en oeuvre pour éviter l’enlisement car l’avenir de tous ces jeunes en dépend. Ils devraient très vite retrouver le chemin d’études.