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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

Géo-localisation

Publié par Mak

 LA CIRCULATION A N'DJAMENA : conseils aux voyageurs

N'Djamena est une ville qui ne cesse de s'agrandir. On observe une forte croissance de la population, ce qui s'accompagne naturellement d'un accroissement des moyens de transport. Dans la capitale tchadienne, la moto vient en tête. Il faut dire que la moto est bien adapté au terrain, car, la ville s'agrandit mais la politique d'urbanisation ne suit pas. Les routes bitumées il y a peu de temps, sont dans un état de dégradation avancée. Circuler en voiture sur ces routes, c'est choisir délibérément d'abîmer son véhicule. La moto reste donc le mode de transport adapté à ces routes, surtout que pendant la saison pluvieuse, certains quartiers, sont inaccessibles en voiture.

Si vous êtes Tchadiens ayant passé plusieurs décennies hors du Tchad, si vous êtes étrangers arrivant pour la première fois au Tchad, et que vous voulez circuler en voiture, voici quelques conseils :

La régulation de la circulation, un casse-tête

Comme les grandes métropoles, N'Djamena connaît des embouteillages. Des feux-rouges ont été installés un peu partout dans la ville, mais ne fonctionnent pas. C'est normal. La surprise, c'est quand ces feux fonctionnent. Du coup, ce sont les policiers, sous une chaleur accablante, qui régulent la circulation sur certaines artères de la ville, à certaines heures.

Le code de la route bafoué

Il existe une signalisation routière dans N'Djaména (stop, cédez-le-passage...). Mais ces signalisations ne sont pas respectées par les usagers. A N'Djamena, quand on arrive de l'étranger, il ne faut pas respecter le code de la route. Il y a risque immédiat d'accident. Quand on prend le volant, il faut simplement observer comment les gens se comportent. Les N'Djaménois ont leur propre code de la route non écrite, qu'ils respectent à la lettre. Exemple : la priorité est toujours à droite, même en présence de signalisation. Quand vous arrivez à un carrefour où vous avez la priorité, ne vous leurrez pas. Regarder à votre droite : celui qui n'a pas la priorité foncera avec son engin comme un forcené et vous barrera la route. Il se permettre même de vous engueuler pour ne pas lui avoir cédé le passage, car la priorité est toujours à droite. On observe des policiers à plusieurs endroits de la ville, apparemment en train de surveiller la circulation. Mais on remarque que leur souci n'est pas du tout d'éduquer les usagers à respecter le code de la route. On peut bien se demander si les policiers eux-mêmes connaissent le code de la route. Un usager viole un cédez-le-passage sous leur nez ? Ils ne font rien.

Virage à gauche ou à droite

Quand vous voulez virer à droite, naturellement vous mettez le clignotant à droite. Le réflexe de ceux qui vous suivent serait naturellement de vous dépasser à gauche. Mais... ceux qui viennent derrière vous, notamment les motards, n'en ont cure. Ils vous dépassent à toute allure à droite. Vous pouvez ainsi rester immobile pendant plusieurs minutes, et quand tout le monde vous dépassera à droite comme à gauche, vous pouvez continuer votre route. De même, quand vous voulez virer à gauche sur une route à double sens, les conducteurs qui viennent en face de vous n'auront pas pitié de vous. Vous resterez au milieu de la route en train de négocier le passage pendant plusieurs minutes, mais peu de conducteur vous regarderont. Ce n'est pas leur problème. C'est quand ils finiront de passer que vous continuerez votre chemin. Il existe seulement de rares fois, ou un bon samaritain s'arrêtera pour vous laisser virer à gauche. Mais c'est exceptionnel.

Appel de phare pour rien

Les Tchadiens, motards comme voiture, vous croisent. Ils vous feront un appel de phare pour rien. Ne vous inquiétez pas. C'est leur habitude.

Malheurs aux piétons

C'est un malheur que d'être piéton à N'Djamena. Pour traverser une route, les piétons peuvent rester immobiles pendant plusieurs minutes. Ce n'est pas la préoccupation de ceux qui possèdent des engins. Elèves, enfants, femmes, vieillards... attendent de traverser la route. Les conducteurs sont sans pitié. Ils roulent à toute allure. Quand le piéton veut forcer le passage en désespoir de cause, on lui hurle dessus, s'il n'est pas écrasé. Eh oui, à N'Djaména, on écrase le piéton, au propre comme au figuré. Inutile de vous arrêter pour laisser passer les piétons : ceux qui viennent derrière vous ne feront pas comme vous. Ils écraseront les piétons.

Dans un tel désordre sciemment entretenu, les accidents de la route sont nombreux : moto contre moto, moto contre voiture, piéton contre moto, piéton contre voiture

Une mesure salvatrice jugée impopulaire par les usagers

Depuis le premier mars 2015, le port de casque est obligatoire pour les motards. C'est une mesure de sécurité pour le bien des citoyens. En effet, compte-tenu de la gravité potentiel des traumatisme crâniens, les citoyens doivent se protéger, surtout que la prise en charge des traumatismes crâniens ne bénéficie pas d'un plateau technique adapté. Le scanner cérébral n'est pas à la portée de n'importe qui à N'Djaména. En cas de traumatisme crânien grave, la mort est presque certaine. Il faut noter que le port obligatoire de casque a fait son temps avant d'être supprimé pour des raisons sécuritaires : on avait pensé que les membres de bokho haram pourraient se cacher sous des casques pour commettre des attentats. Mais cet argument ne tient pas debout. La fréquence des attentats terroristes sous un casque est négligeable par rapport à la fréquence des accidents graves liés à l'absence de port de casque. Le casque a fait ses preuve sous d'autres cieux : en cas d'accident chez le motard, le port de casque amoindrit la gravité d'un traumatisme crânien. C'est pourquoi les manifestations en cours à N'Djaména contre le port obligatoire de casque sont insensées. Peut-être qu'on n'a pas assez expliqué aux usagers le bénéfice du port de casque. C'est le moins qu'on puisse dire.

Voilà les problèmes que posent la circulation à N'Djaména pour un nouvel arrivant. A qui la faute ? Je pense que la faute revient aux services de polices qui ne font aucun effort pour faire respecter le code de la route.

Etienne BETEL, un usager de la route.