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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

Possédant des frontières avec les pays africains cibles du terrorisme, le Tchad est épargné par les islamistes radicaux.

Quand vous prenez la carte de l'Afrique, vous constatez que le Tchad est au cœur d'une région particulièrement instable. Six pays en proie à des difficultés l'entourent : la Libye, le Niger, le Nigeria, le Cameroun, la République centrafricaine et le Soudan. Ce pays n'est pour le moment pas touché mais est un partenaire privilégié pour les Occidentaux. Il joue un rôle interventionniste très important. « L'armée tchadienne intervient au sol dans le Nord du Cameroun et effectue des bombardements dans le Nord-est du Nigeria, la région touchée par la secte Boko Haram », explique Marielle Debos, maître de conférence à Paris Ouest Nanterre.

Cette armée n'est pourtant pas exempte de tous reproches. « Elle commet des pratiques violentes et brutales dans le pays. Si son interventionnisme est souligné pour son efficacité, notamment par les Français au Mali, son comportement est critiqué dans le pays. La population est prise entre le marteau et l'enclume ». Ce contexte régional tendu est une aubaine pour le pouvoir en place à N'djamena, la capitale.

« Avant, on considérait cet Etat comme fragile et instable mais maintenant, tout semble oublié. Le Tchad est un partenaire privilégié pour la France et on ferme les yeux sur des pratiques peu démocratiques ». Des élections devaient avoir lieu en 2014 mais elles ont été reportées en 2015, voire 2016. « En réalité, il n'y a qu'un seul parti, né en 1990, celui d'Idriss Déby. Il fonctionne sur base du clientélisme et l'opposition est faible et divisée. Dans ce contexte, les élections sont-elles un enjeu ? Oui et non ».

Boko Haram n'a jamais attaqué le Tchad

Si l'armée semble avoir un rôle important, elle a aussi pu se moderniser grâce à l'argent du pétrole. « Depuis 2008, on peut voir un tout nouvel équipement militaire », explique la spécialiste du pays. « Mais pourquoi ne pas placer cet argent dans des centres de santé ? 1% du budget du pays va dans les soins de santé ». Marielle Debos n'est donc pas tout à fait d'accord quand on évoque la stabilité du pays. « Ce n'est pas vraiment le cas quand on prend en considération le contexte économique, social et politique.

Les questions militaires et de sécurité ne doivent pas occulter le reste, même si c'est vrai que la secte Boko Haram n'a jamais attaqué le Tchad ». Quant aux effets positifs d'une intervention contre la secte active au Nigeria, elle n'y croit pas trop. « Les interventions militaires contre les groupes armés n'ont jamais eu les effets escomptés ».

© fr.blastingnews.com : Marc Guéret