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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

Il est temps de procéder à une nouvelle révision de la Constitution. En 2001, lorsque Idriss Déby Itno a remporté les élections présidentielles, il a déclaré à la face du monde entier, que c'était son dernier mandat. Il a promis solennellement, qu'il n'allait en aucun cas modifier la Constitution pour laisser place à une alternance démocratique. Les faits ont démontré par la suite que Déby n'est pas homme qui tient à sa parole. A la veille des élections de 2005, il a fait modifié la Constitution pour faire sauter le verrou qui limitait à deux, le mandat présidentiel, ce qui sous-entend une présidence à vie. Dans ce domaine, Bokassa était plus honnête que Déby, en ce sens que Bokassa, au moins a eu l'honnêteté de déclarer qu'il est "président à vie". Déby, lui, fabrique des textes, qui font de lui, un président à vie, sans le dire ouvertement. Pour poursuivre ses basses manœuvres, il s'entoure de griots, qui n'ont rien à foutre avec la République. Comme des prostitués, prêts à aller avec n'importe quel client, pourvu qu'il donne l'argent, les politiciens qui entourent Déby ne prennent pas de gants pour déclarer que Déby est un démocrate sans la moindre retenue. Récemment, l'un d'eux a déclaré que la fête du 1er décembre, c'est la fête de la démocratie. Le pauvre, ne sait peut-être pas que la fête nationale du 1er décembre disparaîtra avec la chute du régime de Déby, tout comme la fête du 13 avril a disparu avec Malloum, et le 7 juin a disparu avec Hissein Habré. La fête du 1er décembre est le meilleur indicateur de l'instabilité politique de notre pays. Dans notre pays, s'il y a des gens à condamner, ce n'est surtout pas Déby en premier. Ce sont ces gens qui se sont introduits frauduleusement dans l'histoire de notre pays : ce sont ces griots, qui se moquent du peuple et qui entourent Déby. Ce sont aussi et surtout, les hommes de Droit qui sont au Conseil Constitutionnel, et qui érigent l'instabilité à la place de la stabilité.


Un Constitution d'un pays ne doit pas changer selon l'humeur et l'envie de celui qui est au pouvoir. Malheureusement c'est le cas au Tchad et dans plusieurs pays africains. Tout se passe comme si l'alternance démocratique est de l'or pour les Africains. La démocratie est-elle vraiment "un luxe qui n'est pas à la portée des Africains", comme l'a dit Jacques Chirac ? La règle en Afrique, c'est le changement de régime dans un bain de sang. Et dans de pareilles situations, dès que le régime est renversé, le refrain est toujours le même, quel que soit le pays : "le gouvernement est dissous, l'Assemblée nationale est dissoute, la Constitution suspendue, vie la République...". Et on perd du temps, on recule, on reprend tout à zéro. En matière de Constitution, l'Afrique semble être sur une autre planète : impossible d'avoir une Constitution qui dure au moins 20 ans, sans retouche ou tripatouillage. Une Constitution doit tenir compte du fait fondamental que tout homme est mortel, même s'il est président de la République. Par conséquent,la Constitution ne doit pas être taillée à la mesure de celui qui est au pouvoir. Longtemps, on a abusé du peuple en faisant voter les députés censés représenter le représenter. Au Tchad, toutes les guerres, toutes les tentatives de renversement du pouvoir par les armes, sont la manifestations d'une impossibilité de changement de régime par voie pacifique. La dernière grande illustration est la guerre de 2008 qui a encore, une fois de plus, fait couler beaucoup de sang des Tchadiens.

Déby s'est arrangé à avoir la majorité à l'Assemblée nationale. Or les députés sont des prostitués, prêts à aller avec n'importe qui, pourvu qu'il ait de l'argent. Le Burkina Faso a démontré que les députés ne représentent pas le peuple en Afrique, car ils étaient prêts à reconduire Blaise Compaoré malgré son impopularité. Le peuple burkinabè a pris son destin en main en saccageant l'hôtel où ces véritables dépités étaient logés pour accomplir leur forfait au profit de Blaise Compaoré.

Aujourd'hui, au Tchad, l'heure est à la mobilisation populaire. Le peuple doit se mobiliser pour exiger une nouvelle modification de la Constitution, en revenant sur la limitation du mandat présidentiel. Hier, ce sont les députés qui ont fait le choix. Aujourd'hui, le peuple doit faire son choix. Déby lui-même, s'il est honnête, doit prendre les devants pour éviter au peuple un autre drame. Les Tchadiens ont connu trop de souffrance, trop de drames et il est temps que Déby mette un terme au cercle vicieux. Mais le pouvoir rend sourd et aveugle Déby et ses griots. Et pourtant, il est extrêmement facile pour Déby, de devenir un héro national dans un pays comme le Tchad. Pour être héro national, il suffit à Déby, de renoncer à un nouveau mandat en 2016. Il pourrait ainsi marquer l'histoire de notre pays en quittant le pouvoir tête haute, et la place de la nation pourrait être rebaptisée "place Idriss Déby Itno". Beaucoup d'avenue de nos villes porteraient son nom. Pour éviter qu'il soit traduit en justice pour tous les crimes commis, il pourrait même obtenir facilement une immunité avant de quitter le pouvoir. C'est possible. Il sera ainsi, le premier président au Tchad, a avoir quitté le pouvoir sans effusion de sang, ce qui n'est pas rien dans un pays comme le nôtre. Y a-t-il quelqu'un dans son entourage pour lui donner ce conseil ?

Si Déby est sourd, il est temps que l'opposition lui dise clairement , que toutes les conditions d'une alternance sans effusion de sang, sont désormais réunies au Tchad. Il faut que la Constitution soit à nouveau modifiée dans l'intérêt du peuple tchadien. La limitation du nombre de mandat présidentiel est impérative. Son respect est le seul gage de démocratie. Déby peut quitter le pouvoir et y revenir par la voie des urnes si vraiment le peuple le réclame. S'entêter à rester au pouvoir dans les conditions actuelles, est une attitude suicidaire. Il faut que Déby se souvienne qu'il a renversé une des régimes les plus sanguinaires de l'univers : le régime d'Hissein Habré. Partant de cette constatation, Déby doit renoncer à se présenter en 2016, pour permettre au Tchad d'avoir un changement de régime dans la paix. Tout le contraire serait encore engager le pays dans la voie du changement de régime dans un bain de sang. Et Déby et ses griots prendront le chemin de l'exil. Ce qui serait déplorable pour notre actuel président, qui est le premier président au Tchad, à avoir cohabité à N'Djaména avec ses prédécesseurs, Félix Malloum, Lol Choa et Goukoouny Ouddei. Seul Hissein Habré mourra en exil, car il ne mérite pas de fouler le sol tchadien pour tout ce qu'il a fait contre le peuple tchadien.

Déby veut-il vraiment aller à contre courant de l'histoire qu'il a lui-même fabriquée ? Si oui, le peuple prendra son destin en main un jour, comme le Burkina Faso.
C'est un passage incontournable dans l'histoire de notre pays. Pour éviter ce passage douloureux et surtout humiliant pour Déby, la révision de la Constitution s'impose.

BELEMGOTO Macaoura

Tchad: une nouvelle révision de la constitution s'impose!