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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

Tchad: le gouvernement face à la problématique de la sécurité routière

 

 

Au Tchad, les accidents de la route deviennent de plus en plus récurrents, principalement dans la capitale. Le gouvernement, avec l'appui de la Banque mondiale, multiplie les actions pour éviter qu'ils ne deviennent un problème de santé publique.

A N'Djaména, capitale du Tchad, les fêtes de fin arrivent avec leur lot habituel d'accidents sur la voie publique. Rien que dans la journée du 25 décembre, marquant la fête chrétienne de Noël, une soixantaine de cas (dont un mort et une demi-douzaine de blessés graves) ont été enregistrés au pavillon des urgences de l' Hôpital général de référence nationale, la plus grande structure sanitaire du pays.

Ces chiffres sont très exhaustifs et ne prennent pas en compte les cas enregistrés dans les autres formations sanitaires de la capitale. Au Tchad, il n'existe aucune base de données sur la question de la sécurité routière et celles qu'on trouve sont en deçà de la réalité.

Les accidents ayant fait l'objet de constat au niveau du commissariat centrale de N'Djaména, sont passés de 1.376 en 2006 à 1.596 en 2008, puis à 2.500 en 2009 et à 3.000 en 2011, soit le triple sur cinq ans. Rien que pour le mois d'août 2014, il a été dénombré 19 morts, 85 blessés graves et 3.013 blessés légers, sans oublier les nombreux accidents anonymes qui font l'objet de règlements à l'amiable.

Sur les 3.301 cas d'accidents de la voie publique enregistrés au niveau des services des urgences de l'Hôpital général de référence nationale, plus du tiers ont impliqués des motocyclettes.

Début décembre, le ministre tchadien des Infrastructures, des Transports et de l'Aviation civile, Adoum Younousmi, a promis aux députés qui l'ont interpellé sur la problématique de la sécurité routière, que le gouvernement va actualiser la Stratégie nationale de sécurité routière, mettre en oeuvre le plan de circulation de la ville de N'Djaména, réviser le code de la route pour tenir compte des nouveaux enjeux et défis de la circulation et l'adapter au code CEMAC (Communauté économique et monétaire des Etats de l' Afrique centrale).

Sur les causes des accidents de la route, le ministre des Transports évoque une urbanisation croissante et mal contrôlée de la ville de N'Djaména (qui compte près de 2 millions d'habitants), l'introduction massive de motocyclettes, automobiles et autres moyens de transport, l'occupation anarchique des voies urbaines, ainsi que l'incivisme des concitoyens.

Au ministère des Transports, on dénombre près de 372.000 véhicules, toutes catégories confondues; ce qui est loin de refléter la réalité car des milliers de motocyclettes circulent sans aucune immatriculation ou avec une fausse immatriculation. La capitale tchadienne est devenue, ces dernières années, un marché florissant de véhicules d'occasion importés du Cameroun voisin ou de l'Afrique de l'ouest.

Pour les promoteurs d'auto-écoles, 45% des accidents de la route à N'Djaména sont causés par des conducteurs de motocyclettes, par excès de vitesse, méconnaissance du code de la route, etc.

Sur les rues de N'Djaména, trois catégories de conducteurs sont particulièrement redoutées: les conducteurs de moto-taxis, de minibus et de bennes.

Les plus dangereux sont les "clandomen", nom donné aux conducteurs de moto-taxis qui sont arrivés ces trois dernières années sur le marché des transports intra-urbains de la capitale jusque-là essentiellement exploité par de petits propriétaires privés de taxis et minibus souvent déglingués.

"L'essentiel pour eux est de passer coûte que coûte, à gauche, à droite, en slalomant, en forçant le passage et toujours en vitesse. Ils sont souvent sous l'effet de la drogue ou des liqueurs frelatées à fort taux d'alcool", affirme Hassan Abakar, agent à la Brigade de la circulation routière.

Il y a ensuite les minibus qui desservent les différentes lignes de la ville. Leurs conducteurs, pour la plupart illettrés, s'arrêtent souvent brutalement en pleine chaussée ou aux carrefours dès qu'un client se signale, sans tenir compte des autres usagers de la route, et régulièrement c'est le choc qui se produit avec des motocyclistes ou des véhicules.

Enfin, il y a les bennes qui transportent les matériaux de construction, et qui sont réputés d'occasion et dans un état technique très sans frein. Si elles rendent des services non négligeables pour la transformation du visage de la capitale tchadienne, les bennes perturbent la circulation et causent quelques accidents parmi les plus horribles que N'Djaména connaît.

"Environ 15% de personnes meurent, chaque année, au Tchad, de suites d'accidents de la circulation. Malgré la prise de conscience collective dans le pays, il manque une vision globale de la problématique, d'objectifs, d'actions et mesures à court, moyen et long termes d'amélioration", déclare Edmond Bagdé Dingamhoudou, responsable de la communication à la représentation nationale de la Banque mondiale.

Le financement global des interventions de la Banque mondiale pour la sécurité routière, au plan national et régional, dépasse 5 millions USD, ajoute-t-il.

"Les accidents de la route pourraient devenir un problème de santé publique, si l'on n'y prête pas attention", indique Elvan Bamboh, secrétaire général du ministère tchadien des Infrastructures, des Transports et de l'Aviation civile. Il déplore qu'en dépit des dispositions prises à divers niveaux, pour atténuer ces accidents, les résultats ne semblent guère satisfaisants.

Fin septembre 2014, des experts du ministère tchadien des Transports, des officiers de la Police et de la Gendarmerie nationales ainsi que des promoteurs d'auto-écoles ont adopté la stratégie nationale de la sécurité routière. "La mise en oeuvre de cette stratégie implique la société civile, les secteurs public- privé, les leaders religieux, les forces de l'ordre, entre autres, dans la lutte contre l'insécurité et la délinquance routière", précise M. Bamboh.

Le document vise également à améliorer les capacités et les performances des acteurs du transport routier et de la sécurité routière, avec une vision globale harmonisée du secteur.

Des bases des données des accidents de la circulation routière ont été lancées pour déterminer les axes du territoire national où il se passe plus d'accidents, dans une année, et y proposer des solutions. F

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