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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

Credit photo: Abdelkerim Koudougoumi Yacoub

 

 

 

 

Dans le cadre de ses programmes d’animations et de réflexions,  Survie, association française conceptrice du terme Françafrique, a organisé,  ce jeudi, 04 décembre 2014, à 19heure 30 mn, une rencontre à la maison des associations à Paris, consacrée à la révolution  du Burkina-Faso qui a déchu, le régime de Blaise Compaoré. Le  cas du Tchad a été aussi, abordé. Ces deux pays partagent des  points similaires.

Tous les jeudis du mois, Survie qui milite depuis deux décennies contre les dictatures africaines et leurs connexions en France, organise des rencontres. Elle invite des responsables, des militants associatifs, des universitaires et chercheurs pour échanger et réfléchir sur des problématiques de luttes politiques, sociales et économiques en Afrique.

Cette rencontre a été organisée en deux parties. Actualité oblige, le  Burkina-Faso a fait l’objet d’un débat passionnant.

Après avoir introduit le sujet et situé le contexte politique du Burkina-Faso, M.Bruno Jaffré, responsable à Survie et spécialiste du pays des hommes intègres,  a donné  la parole à Vincent Ouattara, universitaire Burkinabé.

M.Ouattara a expliqué que la révolution du 30 au 31 octobre dernier, du peuple burkinabé, résulte d’un processus enclenché depuis 1987, date à laquelle, Blaise Compaoré, est arrivé au pouvoir par un coup d’Etat militaire. Selon lui : « C’est l’aboutissement d’une longue lutte menée par le Mouvement Burkinabé des Droits de l’Homme et des Peuples et le Mouvement Sankariste. »

L’organisation des droits de l’homme est la cheville ouvrière d’un combat de dénonciation sur les questions de violations des droits humains sous le régime de Blaise Compaoré. Elle a fédéré autour d’elle, l’Union pour la Renaissance/Mouvement Sankariste, d’autres  formations politiques et l’émergence dans l’espace sociopolitique des nouveaux acteurs comme le mouvement  Ballet citoyen. La presse et Les réseaux sociaux ont joué un rôle détermination dans la mobilisation, la sensibilisation et la diffusion d’informations.

Réforme constitutionnelle : pomme de discorde et objet de la crise politique

La tentative de modification de l’article 37, initiée par Blaise Compaoré qui s’obstinait à se présenter à l’élection présidentielle, a cristallisé le mécontentement généralisé contre son régime dans le pays.

En 2012,  Roch Marc Christian Kaboré, ancien président du parti et ancien président du parlement, Salif Diallo ancien ministre d’Etat et ambassadeur, Larlé Naba Tigré, personnalité morale et ministre du roi des mossis de Ouagadougou, Clément Sawadogo, opposés à la réforme constitutionnelle, ont fait défection du Congrès pour la Démocratie et le Progrès (CDP).

Les événements du  30 octobre 2014, sont donc les  conséquences de l’accumulation de 27 années de frustrations d’un peuple tyrannisé, réprimé et déprimé qui a décidé de s’émanciper grâce à un soulèvement populaire structuré et généralisé.

« C’est ainsi que l’Assemblée nationale, où devrait se dérouler  le vote de l’article controversé, a été saccagée puis incendiée par les manifestants  ainsi que d’autres édifices et symboles de l’Etat et du régime impopulaire de Blaise », a affirmé, M.Ouattara.

Contraint le même jour, Blaise Compaoré, a retiré le projet, encouragés et déterminés, les manifestants ont poursuivi leur mouvement de contestation dans la capitale burkinabé et d’autres villes du pays jusqu’à obtenir la démission du Président d’où la chute de ce régime militaire.

Maintenir la veille sur la transition au Burkina-Faso

En dépit des motifs de satisfactions constatés par les différents  acteurs,  la transition politique au Burkina-Faso, exige une vigilance, selon M.Vincent Ouattara.

Pour lui, les responsables de la transition ont posé des actes politiques significatifs exprimés entre autres par la promesse d’exhumation du corps de Thomas Sankara, les audits des biens mal-acquis, mais le doute est permis pour maintenir la veille afin de consolider les acquis de la révolution.

 

Paris visé

Dans son intervention, M.Vincent Ouattara,  a dénoncé le rôle trouble de la France dans l’exfiltration de Blaise Compaoré vers la Côte d’Ivoire : « nous sommes étonnés de la déclaration faite à New-York, par le Président François Hollande » a fait part,  M.Ouattra, visiblement désappointé. Il explique : « le terme  exfiltrer quelqu’un veut dire qu’il est en danger or Blaise Compaoré est le responsable des graves crimes si bien qu’il ne devrait pas bénéficier d’aucune  protection pour être sauvé »

« Comment peut-on expliquer que la France ait déployé un aéronef pour exfiltrer l’occupant du palais présidentiel de « Kosyam » où réside Blaise Compaoré pour  le protéger jusqu’à lafrontière ivoirienne », s’est-t-il interrogé. L’intervenant a d’interpelé  la France d’éclairer les Bukinabés sur ce rôle ambigu.

Le mouvement citoyen ballet citoyen,  associé à cette rencontre par la présence de ses membres dans la salle, a été représenté par Drissa Sow. Il  a pris la parole pour revenir sur la création de l’organisation. Selon lui, le mouvement a été  initié, il y a deux ans,  par deux artistes engagés  qui faisaient du reggae et du rap. Ils ont travaillé en synergie avec le slogan : « notre nombre, notre force ».

Le mouvement a joué un rôle déterminant dans la mobilisation de la jeunesse burkinabé, grâce aux réseaux sociaux et autres moyens de communications pour sensibiliser tout le pays afin d’empêcher Blaise Compaoré à  présenter sa candidature.

Ses militants ont été déployés devant l’Assemblée nationale lors de la manifestation du 30 octobre 2014. Ils ont également apporté leur partition dans la médiation entre l’armée et les populations décidées de foncer vers le palais présidentiel pour déloger Blaise Compaoré.

Les militants tchadiens présents

L’association Survie qui travaille sur la situation du Tchad depuis plusieurs années, surveille aussi avec une attention particulière, le régime d’Idriss DEBY. Il incarne les mêmes ingrédients que Blaise Compaoré.

Plusieurs militants tchadiens de l’opposition en exil et des universitaires, ont aussi participé à cette soirée débat. Il s’agit : d’Abakar Assileck Halata,  Abdelkérim Koundougoumi, Mahamat Assileck, Alhassane Oumar, Mahamat Zang et Makaila Nguebla, ont respectivement dénoncé le silence qui enveloppe la question tchadienne en France. Ils ont exprimé à tour de rôle leur inquiétude concernant le régime d’Idriss Deby qui terrorise depuis 24 ans son peuple, sans qu’une voix ne s’indigne ni ne s’émeuve. Par ailleurs,  le caractère tribal et militaire du régime d’Idriss Deby, a été fustigé. Car, ils ont estimé que cette armée clanique et répressive qui règne dans ce pays, ne contribue pas à l’instauration d’un Etat de droit et de démocratie au Tchad à travers des initiatives citoyennes capables de fédérer les actions populaires à  l’exemple de la révolution au Burkina-Faso.

Ce débat riche et de qualité a permis de réfléchir en termes des perspectives,   sur la mise en place d’un cadre d’échange et de partage d’initiatives qui permette à la jeunesse africaine de mutualiser ses forces pour des actions communes à travers une solidarité internationale.

 

La rédaction du blog de makaila