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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

Neuf personnalités, mises en cause dans la procédure des crimes commis sous l'ancien régime de Hissein Habré (1982-1990), ont été remises en liberté ce week-end à N'Djamena, capitale tchadienne, et 21 autres autres restent inculpés de plusieurs crimes.

Selon l'ordonnance du juge au 1er cabinet d'instruction du Tribunal de 1ère instance de N'Djamena, Amir Abdoulaye Issa, prise en milieu de semaine dernière, neuf personnalités de l'ancien régime étaient accusés d'avoir participé aux crimes sus-évoqués et détenus depuis une année.

Au contraire, 21 membres de la Direction de la Documentation et de la Sécurité (DDS), "épicentre de la répression" sous Habré, et des autres organes de sécurité, sont inculpés des chefs de tortures, actes de barbarie, coups et blessures criminels, des détentions illégales et arbitraires, de traitements cruels, assassinats et homicides volontaires.

Pour le juge, les 21 inculpés ont activement pris part aux arrestations, tortures, massacres et autres exactions perpétrées sous le règne de Hissein Habré.

Après la chute de Habré en décembre 1990, les nouvelles autorités du pays ont institué une Commission nationale d'enquête portant sur les crimes et détournements commis par l'ex-président, ses co-auteurs et/ou ses complices.

Au terme de 17 mois d'investigations, cette commission a publié les conclusions de ses travaux, qui donnent un aperçu terrifiant sur l'ampleur du désastre causé par le règne de huit ans de Habré: 40.000 morts dont 3.780 personnes nommément recensées.

En outre, la commission a procédé à l'exhumation de plusieurs fosses communes aux abords de N'Djaména et d'autres villes de provinces, où sont jetés les corps des milliers de victimes sans aucune forme de sépulture.

"La commission d'enquête précise cependant que ce bilan ne couvre seulement 10% de la réalité des crimes commis par le régime de Habré", rappelle le juge d'instruction tchadien.

En octobre 2000, les victimes de cette répression réunies dans une association saisissent le 1er cabinet d'instruction du Tribunal de 1ère instance de N'Djamena de deux plaintes avec constitution de partie civile; l'une visant nommément 40 principaux responsables de différents organes de la répression, et l'autre, contre tous les agents, indicateurs et informateurs de la DDS.

"Les déclarations concordantes des victimes et de témoins sur l'implication directe de la plupart des inculpés dans la commission des faits, se corroborent parfaitement avec les conclusions du rapport de la commission d'enquête, que ces éléments à charge sont d'ailleurs, confirmés par les milliers des archives laissées par la DDS sur ses propres installations", affirme le doyen des juges d'instruction.

Il a décidé de transmettre le dossier de la procédure et un état des pièces servant à conviction au Procureur général "pour être procédé conformément à la loi".

Le 3 juillet 2013, l'ancien président tchadien a été inculpé de crimes de guerre, crimes contre l'humanité et torture par les juges d'un tribunal spécial siégeant à Dakar, capitale du Sénégal, où il vit il y a près de 24 ans. Outre Habré, cinq de ses anciens collaborateurs sont cités dans les faits à lui reprocher: Saleh Younouss Ali, Mahamat Djibrine, ainsi que Guihini Koré, un neveu de Habré, Zakaria Berdeye et Abakar Torbo.

Si les deux premiers suspects ont été appréhendés et détenus à N'Djaména dans le cadre d'une procédure interne, les trois derniers restent en fuite, les mandats d'arrêts nationaux et internationaux émis contre eux n'ont pas été exécutés à ce jour.

Depuis un an, les Chambres extraordinaires africaines de Dakar ne cessent de réclamer le transfèrement de Saleh Younouss Ali et Mahamat Djibrine. Mais N'Djaména refuse.

"A l'état actuel de la chose, les accords de coopération judiciaire signés entre le Tchad et le Sénégal ne permettent pas de remettre les deux détenus aux Chambres africaines", avait déclaré le juge Amir Abdoulaye Issa, également membre du Pool judiciaire chargé de l'affaire Habré.