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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

   
 
  Je suis fâché
Oui, je suis fâché contre tout ;

Je suis fâché contre le tchadien, contre les tchadiens, contre le Tchad ;

Je suis fâché contre le Tchad pour avoir regroupé des populations qui ne se ressemblent pas et qui ne font aucun effort pour s’accepter mutuellement ;

Je suis fâché contre cet intellectuel dont la vie se résume à son ventre et qui a perdu toute dignité. Il est content quand on l’appelle docteur alors que sa tête est étonnement vide ;

Je suis fâché contre le journaliste tchadien qui ne traite pas l’information de manière professionnelle. Il déforme souvent les faits et désinforme le public.

Je suis fâché contre la femme tchadienne dont le nom est abusement exploité pour des fins politiques mais qui ne réagit. On me dit qu’elle a créé Conaf pour promouvoir la participation de la femme dans l’organisation de la société tchadienne alors qu’en dessous Deby et Hinda en ont fait un instrument politique pour les prochaines élections. Honte à vous chères mamans, sœurs car vous perdez la dignité et l’honnêteté, symbole de la race féminine ;

Je suis fâché contre les chefs traditionnels que la politique utilise comme des objets pour ses ambitions électoralistes. On humilie certains, on destitue les autres sans raisons. Mais tous ferment la bouche par peur ou intérêts égoïstes. Et pourtant, chacun d’eux a son tour chez le coiffeur. Les chefs traditionnels ne sont-ils pas nos repères, nos références ? Pourquoi sont-ils devenus si ridicules ?

Je suis fâché contre les ministres tchadiens car ils sont tous des guignols, ne possédant aucun pouvoir. Tous tremblent par exemple devant un Zakaria Deby par ce qu’il est fils du président de la République. Ils sont indignes et méritent pas le nom ministre.

Je suis fâché contre l’homme politique tchadien. Il a dénué la politique de tout son contenu et sa noblesse. Il fait la politique uniquement pour son ascension sociale. C’est un fond de commerce et non une lutte pour une cause commune et nationale. Il se cache derrière des faux termes allié, opposant pour avoir sa part de gâteau oubliant ses militants qui pataugent dans la galère, sans avenir, ni espoir.

Je suis fâché contre cette jeunesse qui refuse de se battre contre l’injustice mais préfère se réfugier dans l’alcool. Je demeure convaincu qu’un étudiant est plus que la simple revendication des bourses de 30 000 FCFA par mois. Il est l’avenir de tout un pays donc sa bataille doit être axée sur des idéaux nobles et valeureux. Que fait-il concrètement par rapport à la confiscation du pouvoir par un clan ? Par rapport à la corruption ? Par rapport à la pauvreté ? Le non-respect des droits humains au Tchad.

Je suis fâché contre la population tchadienne amorphe, acceptant tout et ne faisant que pleurnicher à la longueur de la journée. La liberté s’acquiert par la lutte, elle ne se donne pas, ni tombe du ciel. Quel Tchad, nous allons laisser pour les générations futures ? Sans un prophète quelconque, je peux affirmer que si aucune lutte sérieuse n’est engagée pour revendiquer un état de droit, nos enfants seront esclaves dans leurs propres pays.

Je suis fâché contre les chefs religieux tchadiens (musulmans, catholiques, protestants) tous devenus des hypocrites. Ils décrètent que la cohabitation entre les différentes religions est exemplaire au Tchad alors que les cœurs des différents religieux ne cohabitent pas ensemble. Chacune des religions au Tchad attend une occasion pour en découdre avec l’autre. Les chrétiens chantent alléluia tous les dimanches mais se préparent à une vengeance contre cette domination musulmane tandis que les musulmans continuent à consolider et développer leur stratégie de domination, d’exclusion, d’extermination des autres religions dans les mosquées. Dieu ne lit-il pas dans les cœurs et pourquoi nos chefs religieux sont-ils si sournois ? Je suis fâché contre eux.

Je suis fâché contre le tchadien sudiste car il est enfermé dans la logique de bureaucratie et de quête de diplôme oubliant les méthodes basiques pour gagner sa vie. Travailler au bureau sinon rien et aujourd’hui il meurt de faim car le bureau ne nourrit pas son homme. Aujourd’hui, le sudiste dépend entièrement du nordiste sur le plan économique et pourtant 80% des richesses naturelles sont au Sud. Dans le commerce, la restauration, il n’y plus de comparaison possible. La belle preuve est que durant les périodes de jeunes musulmans dominés par les nordistes, le sudiste ne trouve rien à acheter pour manger car les restaurants sont fermés et la plupart jeunent avec leurs compatriotes sans le vouloir. Oui, je suis fâché contre mon frère sudiste dont le seul commerce possible est la gestion des bars et autres ventes d’alcool. Mon frère bantou, n’est-il pas temps que tu te réveilles ?

Je suis fâché contre mon ferre nordiste qui aime beaucoup les gains faciles et les tricheries. Il a des ambitions démesurées, finit parfois par être ridicule. Vouloir accepter d’assumer un poste de responsabilité dont on n’a pas les compétences est fréquent chez lui ; Il se fout des appréciations des autres. Les uns sont fiers d’aider leurs parents en leur attribuant des postes au-dessus de leurs compétences lorsqu’il aurait été facile pour eux d’aider simplement par des dons ou des jobs de leurs gabaris. Même si semble-t-il que la valeur d’un cadre dans leur société est évaluée par rapport au nombre de parents à qui il a donné du travail. Et celui qui est au marché, il va prier 5 fois par jour à la mosquée et ne se gêne pas de faire des surfacturations aux clients pour avoir des bénéficies exponentiels rapidement. Il ne se gêne pas non plus de poignarder un autre tchadien à la première altercation. J’ai horreur du couteau qu’il porte tout le temps autour de ses reins. Oui, je suis fâché contre le tchadien du nord.

Je suis fâché contre l’éleveur tchadien qui détruit les champs de son compatriote du sud avec ses troupeaux sans avoir de regrets et prêt à l’éliminer physiquement s’il conteste.

Je suis fâché contre l’agriculteur tchadien qui voit l’éleveur tchadien comme un étranger et non un compatriote avec qui ils doivent cohabiter.

Je suis aussi fâché contre les parents villageois. Ils étaient si respectueux avant mais sont devenus ridicules ces derniers temps. Ils ont développé un complexe d’infériorité par rapport à leurs compatriotes des villes. Ils sont devenus indignes et des mendiants. Quand tu quittes pour aller les voir au village, tous attendent de toi des cadeaux car pour eux, venir de la ville ou capitale est synonyme « avoir de l’argent à distribuer ». Ils ne sont plus fiers des travaux champêtres qu’ils font et qui faisait leur prospérité avant.

Je suis en fin fâché contre moi-même car j’ai des solutions à tous ces problèmes mais je ne parviens pas à les appliquer. J’en parle toujours mais rien n’avance. Et pourtant, je tends comme ca vers la fin de ma vie. Oui c’est plus facile de critiquer que d’agir

Daniel Hongramngaye (hongramngaye2014@yahoo.fr)

 

Daniel Hongragaye:"Je suis fâché contre le Tchadien, les Tchadiens, contre le Tchad "