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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

Les informations du tant-attendu Sommet USA-Afrique d’août 2014 ont été rapportées, en son temps, par la presse américaine en particulier et internationale en général. Ce sommet a déçu, sous silence, plus d’un Chef d’État africain présent et surtout celui du Tchad. La déception venait à la fois du coté de l’organisation par le pays hôte et de l’accueil par la chancellerie tchadienne à Washington, DC.

Pour les observateurs avertis, la réussite de ce sommet serait du coté des businessmen et activistes américains de tout bord pour les leçons de bonne gouvernance, démocratie et réussite dans les affaires à travers le partenariat (USA-Afrique) etc. données aux Chefs d’États invités.

Mais que de surprises et d’amateurisme lors du séjour de la délégation présidentielle tchadienne à Washington, DC! Le seul butin qu’aurait emporté notre Chef de l‘État, Idriss Deby Itno, c’est la photo-cadeau fait en présence du couple présidentiel américain, les Obama, lors du diner du 5 août 2014 à la Maison Blanche.

Le cas du séjour de la délégation du Tchad au sommet de Washington, DC est frappant! Loin de soulever toute polémique, rien ne montrait qu’il y avait une sérieuse préparation quelconque sur place de la part de l’Ambassade du Tchad dans la capitale fédérale américaine. L’impréparation était notoire avant l’arrivée du Rais tchadien le 3 août vers 14h (heure locale). A en croire certaines sources, il n’y avait pas eu de communication sûre entre la chancellerie tchadienne de Washington, DC avec la Présidence de la République et les Affaires Étrangères depuis N’Djamena concernant le planning. Même à 48h de l’arrivée de la délégation tchadienne à Washington, DC, la chancellerie n’était ni sûre ni préparée pour la circonstance. L’éparpillement de la délégation tchadienne à travers les villes et États corrobore l’assertion.

Malgré la sortie, disons massive, des communautés tchadiennes des USA pour accueillir le Président Idriss Deby Itno et sa délégation le 3 aout à la résidence de Silver Spring dans l’Etat de Maryland, l’Ambassadeur du Tchad à Washington, DC, Son Excellence Mahamat Hassan Nasser et son personnel n’ont pas pu rapprocher les Tchadiens de leur Président. A cela s’ajoutent l’immaturité et l’égarement des services de protocole et de la Présidence de la République du Tchad dans le milieu américain. Sur le terrain, les compétences limitées des services de sécurité de la chancellerie et de la Présidence ont laissé libre cour aux agents du «Secret Service» américain de jouer le rôle de « métronomes » dès la descente du Président Idriss Deby Itno à Silver Spring. Ainsi, tout le personnel de la chancellerie du Tchad a fait montre d’une improvisation insoupçonnée pendant l’arrivée et tout le séjour du Président et sa délégation du 3-6 aout 2014. Quant à la majorité de la communauté tchadienne venue à DC, elle était restée pantoise face aux comportements peu recommandables des officiels tchadiens.

Même si l’Ambassadeur Nasser venait d’arriver à DC et a pris fonction à peine trois (03) ou quatre (04) mois avant le Sommet USA-Afrique, cela ne constituerait pas une excuse, ni n’augure en aucun cas les couacs socio-politiques qu’il a mis à son actif pendant la courte visite du Président Idriss Deby Itno à Washington, DC. A part son bref discours de bienvenue du 3 aout adressé au couple présidentiel tchadien et à l’assemblée présente (dans un accent et français senghoriens, dit-on!), l’Ambassadeur Mahamat Hassan Nasser était resté effacé et distant pendant toute la rencontre du Président avec le parterre des Tchadiens assis sous la tente de fortune érigée 24h auparavant à sa résidence de Silver Spring, MD. Son discours d’accueil était apparemment teinté d’émoi et de panique à tel enseigne qu’il lui a fallu prendre un appui sur les bras du Président Idriss Deby Itno pour éviter un faux-pas.

L’émotion et l’étonnement affichés par Monsieur l’Ambassadeur Nasser après son discours proviendraient-ils du fait que soit la descente du Président Deby à sa résidence était inattendue soit qu’il ne s’attendait pas à voir la communauté tchadienne sortir massivement accueillir le Président. Et ceci malgré cette impréparation notoire et le découragement caractérisé des différentes communautés par celui-ci.

En plus, Son Excellence Nasser a sciemment découragé les communautés et associations communautaires tchadiennes de la place de soumettre leurs doléances au Chef de l’État tchadien. Son prétexte: « Le service de protocole du Chef de l’État a fait comprendre qu’aucune demande d’audience avec le chef de l’État n’était envisageable lors de ce séjour ». Pourtant la chancellerie était bien informée du désir des différentes personnalités, communautés et associations des Tchadiens des USA de rencontrer le Chef de l‘État afin de dialoguer ou lui soumettre les doléances de leurs membres. Chose curieuse, l’Ambassadeur Nasser a choisi plutôt de loger ses proches à la résidence et leurs accorder certains privilèges aux détriments des autres tchadiens venus trop nombreux (des d’autres États, voire du Canada) accueillir leur Président.

L’effacement de Monsieur l’Ambassadeur Nasser devant ses responsabilités a donné libre cour à certains canards diplomatico-protocolaires à DC. C’est dire que différents MC (Masters of Ceremony) de son service d’accueil ont eu l’occasion de mener le Président Idriss Deby et les membres de sa délégation en bateau dans tout Washington, DC. Pour preuve, l’Ambassadeur Nasser en question n’a pas accompagné le Président tchadien, Idriss Deby, à la seule rencontre des Chefs d’Etats du 5 aout à la Maison Blanche! Le Président Deby fut plutôt accompagné par un simple personnel de l’Ambassade. Est-ce une promotion par l’Ambassadeur ou bien une usurpation de titre par ce personnel de la chancellerie? Allez-y comprendre quelque chose !

Par ailleurs, un haut responsable de la délégation présidentielle du Tchad qui devrait vraisemblablement représenter le Président Deby à l’une des conférences toujours liée à ladite visite à Washington, DC était arrivé sans badge d’entrée devant la porte du building. Ce haut responsable tchadien s’est vu refouler de l’entrée comme un malpropre par la sécurité. Motif: un des Masters of Ceromony du service d’accueil de la chancellerie n’a pas daigné lui remettre le badge d’entrée en question. Dans le même ordre d’évènements, un autre haut responsable de la même délégation présidentielle qui devrait représenter le Chef de l’État tchadien à une autre conférence à Washington, DC a bien fait le déplacement sans trouver l’adresse exacte du lieu en question. Ce haut responsable a alors fini son temps de conférence à la recherche de l’adresse dudit lieu. Motif: un des MC qui l’accompagnait ne connaissait même pas l’adresse du building de la conférence.

En outre, on n’a pas vu l'impact de notre représentation de Washington, DC qui a été toujours absente à tous les beaux rendez-vous. La pleine participation de la chancellerice et son équipe n'a pu obtenir ce que beaucoup de pays ont vraisemblablement obtenu grâce à leur visibiité, rigueur et savoir-faire. N'eut été le manque de tact, et surtout le renfermement constant de nos soit-disant diplomates à DC, le Tchad aurait pu signer avec ce grand pays des accords positifs de lutte contre le braconnage, des accords dans le cadre de la santé, la lutte contre le terrorisme ainsi que des accords axés sur le commerce et des investissements à caractère économique etc. comme bon nombre de pays africains présents à cette conférence historique pour ameliorer son niveau de developpement. Mais malacontreusement, les experts de la délégation tchadienne se sont cantonnés décidemment sur des petites rencontres d'affaires avec une petite compagnie de commercialisation du brut pétrolier et deux (2) directeurs de la Banque Mondiale et du Fond Monétaire International. Ces rencontres sont bien attendu loin d'être mises au compte du bilatéral. Ce qui nous amène à conclure que le Tchad est sorti tout à fait bredouille de ce sommet malgré l'immense opportunité qui lui a été offerte. Manqués d'inspirations et d'objectifs, ces inhabiles diplomates de DC ne réalisent toujours pas les manquements inscrits à leurs actifs. Ils s’empressent et évaluent positivement les résultats de la visite présidentielle à Washington, DC, voire se féliciter les uns et les autres de leur réussite.

Quant au Président Deby, il était sobre dans son discours à la communauté (15mn maximum). Le Président a fait remarquer qu’il n’a pas la chance de venir souvent à Washington, DC comme à New York. Soit ! Mais il n’a pas profité de l’occasion pour dialoguer avec la communauté tchadienne sortie massivement l’accueillir ce 3 août 2014. Le Président Deby s’est plutôt délecté à reprendre ses sempiternelles invitations aux Tchadiens de l’étranger (ou plutôt de la diaspora) de rentrer servir le pays, sans annoncer les moindres mesures d’accompagnement. Du moins la diaspora des USA a entendu le Président solennellement dire que les moyens seront mis à la disposition de l’Ambassadeur du Tchad à Washington, DC pour ceux qui voudraient rentrer au pays. Alors le monde attend à voir ces propos du Chef de l’Etat se traduire dans le concret.

Après cette brève rencontre-discours de 15mn avec la communauté tchadienne à son arrivée, le couple présidentiel a pris congé, et était resté distant pendant tout son séjour. Peu après le discours, le protocole présidentiel était sorti avec les habituelles grosses enveloppes contenant de dollars pour distribuer aux différents groupes présents afin de dissuader les curieux. Deby serait-il devenu subitement asocial au point de ne vouloir recevoir ses compatriotes à Washington, DC?

Hormis les couacs protocolaires des maitres de cérémonie de la chancellerie, la déception du Président Deby fut grande à cause de la décision du Président Obama de ne recevoir aucun des Chefs d’États invités en privée. Le Président Deby rêvait au moins d’avoir le privilège d’être reçu en audience par le Président Obama à cause de son rôle dans le combat contre le terrorisme en Afrique. Et son espoir était plus grand avec l’installation des bases de l’Opération Barkhane au Tchad. Les couacs protocolaires ajoutés au refus du Président Obama ont alors poussé Deby a décidé, dès le 6 aout, d’écourter son séjour au pays de l’Oncle Sam et rentrer à N’Djamena pour voir ce qui l’attendait au palais de Djambal Gatto.

Le Président tchadien était le seul Chef d’État à être logé dans une banlieue de la capitale fédérale américaine, loin de ses pairs africains. La décision du Chef de l’État tchadien de résider à Silver Springs (MD) plutôt que d’aller s’isoler dans un luxueux hôtel à Washington, DC fut la seule bonne note du séjour d la délégation présidentielle à Washington, DC. Car cela a permis, disons-le, de limiter d’une part les faramineuses dépenses de l’État et d’autre part de faire connaître aux Américains voisins de l’Ambassadeur Nasser qu’il y a un pays qu’on appelle Tchad dans le monde.

Barou Al-wantani

 	Sommet USA-Afrique: les fausses notes de la delegation du Tchad à Washington, DC