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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

François Hollande rencontrera son homologue tchadiensamedi 19 juillet à N’Djamena. L’ACAT regrette que les droits de l’homme et notamment la disparition en 2008 de l’opposant Ibni Oumar Mahamet Saleh ne figurent pas à l’agenda des discussions.

 

tchad_ibni_portrait
 

Le 18 / 07 / 2014

François Hollande rencontrera son homologue tchadien Idriss Déby samedi 19 juillet à N’Djamena. Durant cette rencontre devraient être discutées les questions de défense et de sécurité dans la sous-région. L’ACAT regrette que les droits de l’homme et notamment la disparition en 2008 de l’opposant Ibni Oumar Mahamet Saleh ne figurent pas à l’agenda des discussions.

« Il est capital que le président français ne renie pas les droits de l’homme au Tchad au profit d’une coopération militaire privilégiée avec le Tchad » a déclaré Clément Boursin, responsable Afrique à l’ACAT. L’opposant politique tchadien Ibni Oumar Mahamat Saleh a été arrêté le 3 février 2008 par des membres de la garde présidentielle tchadienne. Très probablement torturé, il a depuis été porté disparu. « La disparition d’Ibni reste encore aujourd’hui un tabou au Tchad. Il semble que ni le pouvoir de N’Djamena ni la France ne souhaitent réellement faire la lumière sur la disparition de cet opposant. » ajoute Clément Boursin

La justice française saisie de ce dossier

En juin 2009, les autorités tchadiennes ont engagé une procédure judiciaire sur cette affaire. Après une pseudo-enquête, qui n’a dans les faits jamais été menée de manière indépendante et impartiale, la justice tchadienne a prononcé un non-lieu en juillet 2013. La famille d’Ibni, qui s’attendait à ce manque de diligence et à la réponse de la justice tchadienne, avait le 7 février 2012 déposé une plainte devant le tribunal de grande instance de Paris, avec constitution de partie civile pour enlèvement, séquestration, torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants. Le 20 juin 2013, la Chambre d'instruction de la Cour d'appel de Paris a décidé, contre l’avis du parquet de Paris et du ministère public, d’ouvrir une information judiciaire pour les faits d'enlèvement et de séquestration accompagnés de tortures et d'actes de barbarie commis sur la personne de l’opposant disparu. En avril 2014, l’ACAT, qui soutient la famille d’Ibni depuis février 2008, s’est constituée partie civile dans cette affaire.

La France doit jouer la carte de la transparence dans cette affaire

Pour appuyer la justice dans sa quête de vérité, des sénateurs ont proposé, par une résolution le 7 mars 2014, la création d'une commission d'enquête sur l'action conduite par les représentants de la France, qu'ils appartiennent à l'armée, la police ou la diplomatie, lors des journées des 30 janvier, 1er, 2, 3 et 4 février 2008 à N'Djamena, capitale du Tchad [1]. Cette commission d’enquête ne verra vraisemblablement jamais le jour. Les autorités françaises, notamment le ministère de la Défense, devront un jour répondre aux éventuelles demandes de déclassification de tous les documents, y compris ceux classés secret défense, relatifs aux événements de février 2008 à N’Djamena, qui pourraient être effectuées dans le cadre de la plainte déposée en France. L’ACAT espère que leur réponse sera positive.

Contact presse :

Pierre Motin, 01 40 40 40 24 / 06 12 12 63 94 pierre.motin@acatfrance.fr