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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

La rédaction publie ici une très bonne critique du roman de Thomas Dietrich "Là où la terre est rouge", parue dans le grand quotidien régional La Nouvelle République. Par ailleurs, ce même roman est finaliste à la rentrée des prix Folire et Senghor, et participera à des rencontres littéraires un peu partout en France. 
 

Vers des terres inconnues

La dérive est totale au milieu de nulle part, au cœur de l'Afrique. En une dizaine de pages, le prologue au récit de ce jeune Français vous prend à la gorge. Comment Icare en est-il arrivé à une telle déchéance physique et morale ? Il se lance dans l'écriture à corps et à cœur perdu, alors on le suit, happé, pour comprendre. Le retour sur son année écoulée se révèle d'une densité bluffante. A Paris tout d'abord, Icare, personnage sans épaisseur, prêt à toutes les lâchetés et les compromissions, s'engouffre en clandestin au cœur de l'Afrique parisienne. Près de la porte de Clignancourt, on découvre à travers ses yeux des femmes incroyables ; elles font bouillir la marmite à la sauce africaine, distillent tous les plaisirs en rêvant de repartir là-bas où la vie a de la saveur. Paris est leur Eldorado, trop souvent de toc, alors que, pour Icare, le chemin sera inverse. C'est au Tshipopo qu'il va assouvir ses rêves et sa soif de réussite. Transporté là-bas, il nous régale une fois encore de ses portraits si justement croqués. Des dictateurs et généraux, entre forces implacables et faiblesses enfantines, leurs familles, leurs fantasques maîtresses. Le récit est haletant : on explore les territoires, les familles comme les méandres de ces âmes noircies par les excès du pouvoir. Le dernier tiers du récit s'avère en deçà, tant dans le rythme que dans la pertinence des rebondissements. Reste un texte brillant, qui, s'il laisse Icare se brûler les ailes, là où la terre est rouge, nous entraîne vers de multiples terres inconnues.

 « Là où la terre est rouge » de Thomas Dietrich, Albin Michel.

 
 

 

Une nouvelle critique du roman de Thomas Dietrich