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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

AUTOUR DU MONDE - Lors de sa tournée africaine, François Hollande a inspecté une nouvelle force militaire française installée au Tchad, alors qu'Idriss Déby ne fait pas l’unanimité.

Au départ, la visite du président de la République au Tchad ne faisait pas partie du programme de sa tournée africaine qui s’est achevée samedi. La visite d’État en Côte d’Ivoire était à but essentiellement économique et l’escale à Niamey, au Niger, devait rendre hommage à l’action du président Issoufou, camarade socialiste de François Hollande et acteur majeur de la libération des otages français au Mali l’an passé.

Selon nos informations, l’Élysée ne voyait pas d’un très bon oeil la "nécessité" de se rendre à Ndjamena. Il est exact qu’Idriss Déby Itno ne fait pas l’unanimité parmi les conseillers du président. Jugé peu soucieux du respect des droits de l’homme, autocrate ne laissant aucune chance à ses opposants, stratège aux objectifs parfois fluctuants, les autorités françaises se sont agacées du comportement déroutant du président Déby en Centrafrique. Si, comme l’a reconnu François Hollande, le Tchad a contribué à contrer "les risques d’une dérive génocidaire", le comportement des troupes tchadiennes envoyées à Bangui a été d’une telle brutalité que personne ne s’est plaint de voir le président Déby rapatrier son contingent.

Une nouvelle force militaire française à Ndjamena

Mais si le chef de l’État s’est finalement rendu à Ndjamena, c’est après avoir été convaincu de l’utilité de ce déplacement. Jean-Yves Le Drian, qui a mis au point la bascule du dispositif militaire français au Sahel, s’est rendu au Tchad une dizaine de fois depuis juin 2012. L’homme n’a pas d’états d’âme,"quand il entre dans une partie, il ne change pas les joueurs", confie-t-on dans son entourage. Il était évident à ses yeux qu’il fallait impliquer personnellement Idriss Déby si la France voulait, pour des raisons opérationnelles et d’expérience sur le terrain, établir l’état-major du nouvel ensemble de lutte contre-terroriste à Ndjamena et qui sera pleinement opérationnel dès le 1er août. Cela n’a tout de même pas empêché le président de la République de souligner samedi, lors de sa conférence de presse conjointe avec Idriss Déby, qu’il n’y aurait "aucune concession" de la France en échange de l’installation de l’état major de l’opération Barkhane dans la capitale tchadienne. Sous-entendu, Paris ne se privera pas de critiquer la politique d’Idriss Déby si ce dernier persiste à piétiner un certain nombre de droits démocratiques dans son pays. Sauf que la marge de manoeuvre est moins évidente lorsqu’on est impliqué sur le terrain…

Toujours est-il que les militaires français ne sont pas fâchés d’installer leur tête de pont au Tchad. L’état-major y coordonnera l’ensemble des 3.000 hommes des forces françaises engagées au Sahel, de Gao au Mali jusqu’à Zouar au Niger en passant par la Mauritanie et le Burkina Faso, deux autres pays associés au dispositif. De quoi faciliter des opérations dans le sud de la Libye, par où passe l’essentiel des effectifs et du trafic d’armes des groupes terroristes de la région? Théoriquement, oui, "même si rien, politiquement, ne le permet aujourd’hui", ajoute une source française. Mais demain peut-être.

 

François Hollande aime-t-il Idriss Déby?