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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

Il y a deux mois, le 14 avril, le groupe islamiste Boko Haram enlevait 276 jeunes nigérianes.

Le 5 mai, le chef du groupe terroriste, Abubakar Shekau, menaçait de les traiter comme des « esclaves ».

223 adolescentes sont toujours portées disparues.

 

Roland Marchal, chercheur au CNRS et au CERI-Sciences Po : 

« Nous n’avons aucune idée de l’état de santé de ces jeunes filles, de ce qu’elles font et où elles sont. Certains officiels nigérians disent qu’ils savent tout : mais je crois qu’il faut être très prudent avec ce type de déclarations. On peut espérer que les services de renseignement nigérians en sachent plus, d’autant que la longueur de cette détention et son opacité plaident, à mon avis, en faveur de négociations en cours.

Sur le lieu de leur détention, j’imagine mal qu’il se trouve en dehors du Nigeria. Je ne crois pas que ces lycéennes se trouvent au nord du Cameroun puisque Yaoundé y poursuit une vaste opération militaire. Et il me semble difficile de les savoir au Tchad sans qu’Idriss Déby le sache. Il ne s’agit pas de deux otages qu’il faut cacher aux yeux de tous, mais de 200 personnes qu’il faut nourrir tous les jours sans que cela soulève la curiosité des voisins… cela ne peut se faire que dans un sanctuaire de Boko Haram.

« Un coup de publicité pour Boko Haram »

Cette opération semble d’abord se comprendre comme un coup de publicité pour Boko Haram, à la manière des opérations conduites par Al-Qaida. Sur ce plan, c’est une réussite. Mais cependant, il ne faut pas négliger l’indignation que cet enlèvement a soulevé aussi du côté des musulmans. Au Nigeria, dans les pays voisins jusqu’en Iran où j’étais au début du mois de juin.

Parmi les jeunes filles enlevées, il y a aussi des musulmanes : dire que l’on va les transformer en esclaves n’est pas conforme à la lecture habituelle du Coran. Même chez les djihadistes, la question de l’esclavage ne passe pas. Je pense qu’elles vont être échangées contre des prisonniers et de l’argent. Après on démentira tout, bien entendu. On ne saura pas les sommes en cause, le nombre de prisonniers libérés et leurs qualités.

Un tournant dans l’histoire de ce groupe

Par ailleurs, en dissimulant ces 200 jeunes filles, Boko Haram montre qu’il a su créer des sanctuaires au Nigeria, qu’il y est désormais bien enraciné. C’est un tournant dans l’histoire de ce groupe qui apparaissait, jusqu’alors, plutôt comme clandestin. Il était capable de contrôler plus ou moins certaines zones, mais pas avec la même puissance.

Avant, Boko Haram attaquait surtout les symboles de l’État  : les forces de l’ordre, l’administration. Avec cet enlèvement, il élargit son action, en s’appuyant sur une frange de la population hostile aux forces de sécurités du gouvernement actuel. N’oublions pas que le Nigeria se trouve à un an d’une élection présidentielle. Enfin, Boko Haram renforce ses positions en s’appuyant sur ses ramifications à l’étranger, au Cameroun et au Tchad. Cette dernière évolution inquiète les chancelleries, à commencer par la France. »

 

Que deviennent les jeunes Nigérianes enlevées par Boko Haram ?