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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

 

Du 12 au 16 mai 2014, Internet Sans Frontières était à Abidjan pour former, en partenariat avec l'Université de Clemson, des journalistes, blogueurs et activistes d'Afrique de l'Ouest aux techniques pour contrer la surveillance et la censure. Une excellente occasion de vous présenter certains des participants. Cheikh Fall,, fondateur de la plateforme Sunu2012, nous de protection de la vie privée et des données personnelles en ligne, du point de vue du Sénégal.

 

 

Une semaine à Abidjan avec Cheikh Fall, fondateur de Sunu2012
1/ Bonjour, peux-tu te présenter à nos lecteurs en quelques mots ?
 
Je m’appelle Cheikh Fall (@cypher007 sur Twitter), Cyber-activiste - blogueur et initiateur du projet web social-démocratie www.sunu2012.sn pour la couverture et le monitoring de l'élection présidentielle au Sénégal en février 2012. Initiateur du projet web humanitaire www.sunucause.com. Projets conçus conçu sur la base d'une initiative citoyenne et volontariste pour la transparence du processus démocratique, l’implication de la société civile, la dynamiste pour une citoyenneté augmentée.
Créateur du hashtag #sunu2012 sur twitter, devenu célèbre lors de l'élection présidentielle au Sénégal en février 2012. Développeur web de formation, chef de projet web et formateur, concepteur de plus d'une vingtaine de sites web. Nominé en 2013 pour le Prix Net Citoyen NETIZEN2013 qui récompense les activistes web de la liberté d’expression par Google et Reporters Sans Frontière et nominé Favori du public français 2014 au Best Of Online Acftivism (Bobs).
En 2010, initiateur de la première plateforme web citoyen au Sénégal : www.ruepublique.net, administrateur et rédacteur en chef du portail. Membre fondateur du réseau des blogueurs sénégalais. Mon Profil : http://personaldemocracy.com/cheikh-fall
 

 

 

2/ Tu participes à la formation sécurité à Abidjan. Que représente la sécurité des données personnelles pour toi ?
Et quel comportement adoptes-tu pour assurer autant que faire se peut le respect de ta vie privée sur Internet ?

 
De nos jours, il est très difficile de parler d'internet comme une Technologie Relationnelle pouvant être défini aussi comme un écosystème informationnel et parler de données personnelles. Nous sommes évidemment exposés entre la nécessité de s'inscrire dans un réseau interconnecté pour ne pas rester en marge et d'être constamment exposés à l'espionnage. Il est vrai qu'il faut prendre en compte cette donne et de se donner les moyens de se protéger le maximum possible. Nous naissons, grandissons, évoluons et vivons de façon virtuelle à travers le web et grâce aussi aux réseaux sociaux. Nous y laissons des traces de vies et des tranches de vies qu’on n’aimerait pas mettre à la portée de tout le monde. Une partie de nous-même que nous voulons garder en privé dans notre cercle restreint d'amis ou des proches. Quand on se rend compte que cette liberté est violée par d'autres, nous comprenons la nécessité de nous protéger et de protéger nos proches et amis. Parler de la sécurité des données personnelles revient à parler de notre propre sécurité, de la sécurité de nos familles et de nos amis.
 
Quant à moi, je fais partie de ceux qui croient que toute sécurité commence d'abord par la maîtrise de nos arguments et le management personnel de nos opinions. En se rendant compte que nous alimentons chaque seconde cet écosystème en y publiant des épisodes de nos vies ou en y partageant notre passé, nous devons savoir ce qu'on doit y publier, comment le publier, avec qui les partager et sur quel outil les publier.
 
Une sécurité à cent pour cent garantie n’existera pas du moment où la pseudonimisation et l'anonymat n’existent vraiment pas. Il y aura toujours quelqu'un qui connaît quelqu'un qui connaît notre vraie identité.
 
Je définirai les règles de sécurité pour la vie privée sur internet en cinq points :
 
- Maîtriser son réseau les médias sociaux en appliquant une bonne politique des chartes de confidentialité
- Prendre le temps de lire ce qui est écrit en tout-petit (conditions d'utilisation, chartes, règles d'utilisation, législations …)
- Avoir une bonne gestion de ses contenus (partagés ou reçus)
- Veiller à maîtriser les contenus jugés confidentiels ou sensibles (ne pas exposer nos vies ou celles de nos proches sans leur permissions, ne pas violer le droit …)
- Utiliser autant que faire se peut du matériel technique pour la gestion de son identité numérique
 


3/ Tu viens du Sénégal, les questions de sécurité des données et de surveillance sont-elles une préoccupation pour les internautes ?
 
Cette question est d'actualité et se pose un peu partout à travers le monde. Le Sénégal n'est pas non plus en reste. D'après la Commission de Protection des Données Personnelles (CDP) au Sénégal, notre pays ne serait sur aucune liste noire concernant cette préoccupation. Mais pour une meilleure politique, six lois ont été votées pour faire office de législation sur cette question.
 
1.         loi d’orientation sur la Société de l’Information (LOSI) (2008)
2.         loi sur la Protection des données à caractère personnel (2008)
3.         loi sur les transactions électroniques (2008)
4.         loi portant sur la Cybercriminalité (2008)
5.         loi portant sur la Cryptologie (2008)
6.         loi portant Code des télécommunications (2011)
 
Par contre, après l’examen des premiers dossiers par la Commission de données personnelles, des manquements ont été décelés portant notamment sur la finalité des traitements des données collectées et l’absence de consentement des personnes. Parmi les manquements, il y a le questionnement sur la finalité des traitements des données collectées qui, le plus souvent, n’est pas déterminée, explicite et légitime; l’absence de consentement des personnes dont les données font l’objet d’un traitement chez certains opérateurs de télécommunication. Des interrogations demeurent aussi sur la décision de conserver les données collectées pour une durée illimitée, la tendance à faire héberger les données des sénégalais sur des serveurs localisés à l’extérieur du territoire national en l’absence des garanties juridiques et techniques idoines. Je retiens juste que le cadre juridique au Sénégal cherche tant bien que mal de garantir à l'internaute la sécurité de ses données privées. Quant à la surveillance et l'espionnage, des efforts doivent être fait car de plus en plus, des personnes ciblées sont mises sur écoute. 
 
Vous me permettrez au passage, de remercier Internet Sans Frontière pour ces nombreuses initiatives visant à accompagner les internautes sur les questions de l’accès, de la sécurité et de la défense des usagers. Il faut accompagner ces initiatives mais les communautés africaines ne devraient pas laisser le monopole de la défense et de la sécurité aux autres. Notre force devrait reposer sur nos communautés. La vulnérabilité côtoie l’individualisme.