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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

DECRYPTAGES - PAR HAOUES SENIGUER - Publié le 04 Avr, 2014

Le mouvement tunisien Ennahdha est accusé de pratiquer le terrorisme. De telles accusations peuvent paraître choquantes aux yeux de beaucoup de militants islamistes, dont une grande partie sont des citoyens non violents. Pourtant, les interrogations d'un blogueur tunisien, Mohammed Amin Slama, réfugié en France, renvoient à la violence de certains groupuscules salafistes que certains, au sein du mouvement islamiste tunisien, ont protégé. Mondafrique reviendra sur ce dossier.

Une information récente, a priori diffusée dans un tout premier temps par le site arabophone de France 24 Afrique, le 28 mars 2014, relaye une vidéo ainsi que des déclarations du bloggueur et activiste tunisien Mohammed Amin Slama. Ce dernier accuse Ennahda d’avoir tenté de l’éliminer dans la région parisienne où il serait aujourd’hui réfugié et sous protection policière. Face aux menaces dont il serait l’objet, il a demandé l’asile politique en France, qu'il n'a pas encore obtenu.

Le bloggueur aurait en sa possession des informations qui prouveraient l’implication de « militants et de cadres » du mouvement islamiste dans « des assassinats politiques et des faits de terrorisme ». Selon l’activiste du « Printemps », Ennahda aurait ainsi une responsabilité directe dans la dissémination d’armes sur le territoire tunisien et les assassinats de Chokri Belaïd et de Mohammed al-Barahimi. Dans ce dossier d’accusation, Slama cite même l’identité d’un intermédiaire, un certain Ahmed Ellouz, membre du parti islamiste au moins jusqu’en 2011. Cette dernière précision est apporté par Ennahda qui ne nie pas l’existence de cet ancien militant, tout en situant sa défection du parti en 2011.

Pendu à son domicile

Amin Slama a livré d’autres accusations, tout aussi troublantes et accablantes à l’endroit des islamistes. L’avocat, Sabri al-Zâydî, en charge de la défense de Slama était connu pour son hostilité ouverte à Ennahda, il a même lancé une procédure contre le précédent ministre de la Justice, Nourredine Bhiri, pour des faits de « fraude ». Il est établi que maître Sabrî al-Zâydî, l’avocat du bloggeur, était en possession des mêmes documents accusateurs que son client. Or, il a été retrouvé pendu à son domicile tunisien, le 17 mars 2014…

Autre élément qui donne foi aux accusations de Slama, ce dernier a été approché par Tahar Boubihri, membre du Conseil de la choura au sein du mouvement islamiste et ancien conseiller de l’ancien Premier ministre Ali Layaredh. L’envoyé spécial de Tunis aurait fait une « offre » au bloggeur pour qu’il donne ses documents et se taise. Le réfugié politique dit avoir enregistré clandestinement cette rencontre. Aussi, ajoute-t-il, les pressions ou intimidations émanant de Ennahda, sont liées à cette offre qu’il aurait refusée. Le mouvement islamiste dénie toutes ces accusations.