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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

 

En 1960, la majorité des pays francophones accèdent à l’indépendance prématurément. Par manque des cadres supérieurs suffisants, les notables et les instituteurs remplaçaient les colons et assuraient la destinée des Etats nouvellement créés dont les frontières sont arbitrairement tracées ou parfois très floues.

Les nouveaux dirigeants africains, sans doute par incapacité de gérer la diversité politique existante, ont opté le parti unique, où partout les peuples sont conduits comme des troupeaux aux pâturages. Ainsi toute l’idée d’épanouissement ou d’objection était bannie. Et les populations sont laissées à leur triste sort (sans aucun programme de développement national et ni actions de sensibilisations afin de créer le sentiment national). Pis encore, certains fléaux tels que le tribalisme, le régionalisme, le népotisme etc. qui étaient méconnus auparavant (période coloniale) sont apparus et devenaient comme méthode de gestion dans l’Administration publique. En plus, les répressions envers les paisibles paysans et les injustices devenaient des pratiques courantes un peu partout en Afrique.

Cette situation d’exclusion communautaire avait créé des sentiments des frustrations extrêmes dans certains pays (à titre d’exemple ; Rwanda, Congo-Kinshasa, Tchad, Soudan…etc.). Ce qui avait entrainé à des révoltes populaires, dites mouvements de libération.

Par contre, certains dictateurs jugés trop complaisants vis-à-vis de l’ancienne puissance coloniale ont vu leur règne garanti à vie. Pour le reste, le mécontentement populaire engendré par la mal gouvernance avait favorisé l’arrivée au pouvoir des généraux presque dans tous les pays africains. En fait, c’est un changement de façade. Car ces derniers sont moins outillés que leurs prédécesseurs et la situation en général n’a pas évolué d’un iota. Au contraire ils ont aggravé davantage celle-ci sur tous les plans. Aux maux existants (totalitarisme, tribalisme, népotisme etc.), les nouveaux régimes ont apporté en plus la corruption. Les changements ici et là qui se traduisaient par l’éviction d’un dictateur par un autre n’ont jamais apporté des solutions à la situation. Sommet de Baule

Le sommet de Baule, en France, en 1990, constitue un déclic pour de nombreux dictateurs africains, non pour un changement positif, mais plutôt pour une réadaptation conformément aux exigences du moment, qui s’est avérée par la suite, beaucoup plus néfaste que les régimes précédents. Excepté Hissene Habre qui n’a pas voulu à se conformer à la directive générale, et aussitôt a été remplacé. Les autres dictateurs ont tous changé de fusil d’épaule et se sont mus en démocrates (faux) . En effet, pour le besoin de l’opinion internationale et conformément aux sociétés démocratiques, les diverses institutions adéquates (parlement pluraliste, justice, presse libre etc.) ont été mises en place. Egalement les régimes en place ont facilité la création des partis politiques. En réalité, ce sont des partis politiques fantômes sans aucune assise sociale et, qui sont, dans leur majorité, suscités et financés par les mêmes dictateurs. Au Tchad, on dénombre plus de 160 partis pour une population adulte estimée à 5 000 000 habitants, soit un parti pour 31 250 personnes, ratio que nous n’avons pas encore atteint dans le domaine de la santé. Alors qu’en pratique, les vrais opposants sont en permanence pourchassés, persécutés voire exécutés.

En réalité, les institutions républicaines ainsi créées sont devenues un appendice de l’exécutif. Non seulement, elles sont très budgétivores et sans utilité pour la bonne gestion des affaires publiques, et paradoxalement leur existence a amplifié davantage la corruption. Car à chaque décision superflue que l’exécutif est amené à prendre, il faut les banquer individuellement et collectivement. D’autre part, sous le couvert de la démocratie, les ressources publiques sont essentiellement consacrées à l’entretien du réseau du pouvoir (les partisans, les faux opposants, soi-disant les institutions républicaines qui sont de plus en plus nombreuses et pléthoriques).

En fait, il ne s’agit pas ici de se douter du bien-fondé de la démocratie réelle, où il doit avoir de la transparence dans la gestion, l’éclosion de véritables libertés de penser, d’écrire, d’entreprendre et les plus méritants seront reconnus et récompensés

Malheureusement les systèmes mis en place à la suite du sommet de Baule dans l’espace francophone ne correspondent en rien de la démocratie universelle. C’est du folklore et sans doute la pérennisation de ces régimes risquerait de saper dangereusement les fondements déjà fragiles de ces Etats. Par ailleurs, nul n’ignore que ce sont les injustices et la pauvreté qui font le nid des extrémistes.

Quant à l’ancienne puissance coloniale, si elle n’encourage pas ces pseudo-démocraties, elle s’accommode, parce que ses intérêts sont épargnés. Et pourtant, ses intérêts seraient encore plus importants dans la bonne gouvernance et la stabilité des Etats. Car les effets induits seront variés et croissants.

Prenons le cas du Tchad

En Décembre 1990, Idriss DEBY arrive au pouvoir par la force des armes. Par la suite, il a organisé des simulacres élections successives notamment en 1996, 2001, 2006 et 2011. Mais en réalité, il n’a jamais obtenu 10% du suffrage. Donc à quoi servent ces élections répétitives? Si ce n’est que le gaspillage des fonds publics et d’énergie pour rien.

Entre-temps, il a dressé les différentes communautés les unes contre les autres, créé l’insécurité généralisée afin de terroriser les populations et d’éliminer les récalcitrants. Il a également transformé l’armée nationale en milice et désorganisé complétement l’Administration Publique. En effet, c’est le seul pays au monde où des illettrés ne sachant ni lire, ni écrire, et qui n’ont jamais mis leurs fesses sur le banc d’école, deviennent des gouverneurs des régions, maires et directeurs généraux des services techniques (exemple la Douane), pendant que les cadres supérieurs (administrateurs civils, ingénieurs et des diplômés en doctorat d’Etat) de la Fonction Publique sont en chômage technique.

Sur le plan du développement :

Après 11 ans d’exploitation pétrolière, aucune route revêtue ne traverse le pays du Nord au Sud ou d’Est/Ouest. A peine 25% des besoins en eau et d’électricité sont couverts dans la capitale N’Djamena, et la seule compagnie aérienne Toumai n’existe que de nom pour le 5ème territoire le plus vaste d’Afrique.

 

Au regard de ce constat sombre, la question qui vient à l’esprit, pourquoi et comment on est arrivé à un tel degré de perversion et de médiocrité du dirigeant ? Eh bien, la réponse se trouve dans la culture ancestrale de son milieu (Bidiéyat) . Le groupe habite au Sud-Est de l’Ennedi, aux confins du Soudan, une zone coincée dans sa partie Sud par le Dar Zaghawa Kóbe et au Nord par les Goranes. Depuis la nuit des temps, ce milieu n’a jamais connu une société organisée et hiérarchisée. Dans ce milieu, certes les gens pratiquent un peu l’élevage d’ovin et de dromadaire, mais ils vivent essentiellement des razzias et des vols. Comme un corbeau, leur regard est toujours fixé sur les biens d’autrui. Des pratiques tels que vols, viols, meurtres, trahisons, mensonges .etc. sont banalisées et font partie de leur culture. Les hommes se mesurent et se valorisent en fonction de leurs exploits à ces valeurs négatives. Dans ce domaine, ils sont les meilleurs, personne ne peut les rivaliser. Et pour une affaire d’un agneau, ils sont capables d’ôter la vie de quelqu’un.

Idriss DEBY, étant le représentant authentique des Bidiéyats, il a transposé ces pratiques néfastes au peuple tout entier.

Non satisfait de l’asservissement du peuple tchadien en s’appropriant toutes les ressources du pays durant 24 années, maintenant le clan tente d’apporter un remodelage pour pérenniser la Dynastie.

Comme on dit un homme averti en vaut deux, le peuple est averti et vit quotidiennement le drame. Il doit s’organiser en conséquence en particulier la jeunesse pour se libérer.

Il n’y a pas de liberté sans sacrifice.

 

SALLEH Yacoub

La démocratie et ses failles en Afrique (Contribution)