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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

 

 

Libreville, Gabon (Gabonactu.com) – Le président tchadien, Idriss Déby Itno, n’en peut plus sur la crise centrafricaine pour laquelle il a pourtant mis son argent, ses militaires et sa diplomatie en jeu

 

Les accusations de « gâchette facile » dont son armée fait l’objet et toute la publicité négative qui va avec ont poussé à bout de nerfs le guerrier Idriss Deby Itno. Il vient de décider, dans la colère et la précipitation de retirer ses 850 combattants du bourbier centrafricain.

C’est exactement comme une mère désespérée qui jette le bébé et l’eau du bain. Tout le monde sait que le Tchad est le pilier central de la FOMAC (force d’Afrique centrale en Centrafrique) devenue MISCA. Les villes de Kanga-Bandoro, Ndelé et Sibut sous le contrôle actuel des troupes tchadiennes sont considérées comme des îlots de sécurité pour les musulmans traqués par les anti-balaka.

 COUP DUR POUR LA MISCA :::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::

En territoire centrafricain, les soldats tchadiens étaient chez eux. Ils connaissaient parfaitement le terrain pour y avoir intervenu depuis environ deux décennies. Toujours pour éteindre le feu allumé par la classe politique peu responsable.

Les banguissois peuvent aujourd’hui jubiler. L’ange du mal s’est auto-flagellé. Mais ils ne doivent pas oublier le rôle moteur joué par Ndjamena pour obtenir la légère accalmie actuelle sur le terrain. C’est Deby Itno en personne qui a aidé à chasser Michel Djotodia du pouvoir. C’est aussi lui qui s’est résolu, après mult hésitations, d’accepter la transformation de la FOMAC en MISCA avec cette fois-ci un mandat de l’Union africaine contre celui de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale.

Le départ des soldats tchadiens, s’il devient effectif, est un véritable coup dur pour la MISCA. La puissance de feu de l’armée tchadienne était plus que nécessaire.

Sur le plan diplomatique, tout le sait que le vrai patron de la crise centrafricaine c’est Idriss Déby. Il a enveloppé sa main lourde sous l’étiquette de président en exercice de la Communauté économique des Etats de l’Afrique Centrale (CEEAC). Le président congolais, Denis Sassou Nguesso, médiateur officiel de la crise n’a jamais fait le poids devant Ndjaména.

La MISCA, déjà en sous effectif, cours donc le risque de perdre sa colonne vertébrale. Un véritable vide difficile à combler.

POISSON D’AVRIL OU TEST DE POPULARITE

La rapidité de la décision de Ndjamena est tout de même assez surprenante et laisse planer des doutes. Comment l’armée qui a été plébiscitée au Mali est devenue est présentée en Centrafrique comme une armée de tueurs, une armée de sanguinaires méprisant le droit de la vie pour les populations civiles qu’elle est sensée protégée ?

Tout laisse croire qu’Idriss Déby Itno, parfait tacticien, a jeté un pavé dans la marre, un ballon d’essai, pour blanchir ses soldats. Son annonce intervenue au mois d’avril peut être donc un tardif poisson d’avril. A défaut, un simple test de popularité visant toujours à démontrer la place et le rôle des soldats tchadiens en mal de popularité.

La stratégie d’Idriss Déby Itno serait d’attirer vers lui les doux yeux de l’armée et la diplomatie française. Paris ne serait pas prêt à laisser filer un tel allié dans un terrain où son armée peine à imposer la paix.

Pour sortir de la crise ainsi créée, l’homme fort de Ndjamena convoquerait un sommet de la CEEAC dont l’une des principales recommandations serait le maintien du Tchad dans le contingent de la MISCA.

Ainsi, le président Déby Itno sauverait l’image de ses militaires, ses citoyens encore présents en Centrafrique et de son pays.

 

Source: gabonactu.com

Crise en RCA: Idriss Déby jette le bébé et l’eau du bain