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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

« Les droits politiques, économiques, sociaux et culturels des populations de la région productrice sont royalement ignorés. Résignés, ces populations vivent cette situation comme une injustice.» Dr Juergen Zattler, du Ministère Allemand du développement, Directeur sous-division de la Banque de Développement Européens et Multilatérales.

Par Eric Topona

 

Une conférence-débat d’experts sur le bilan à mi-parcours de la gestion de l’exploitation du pétrole de Doba a été organisée le 10 mars dernier à Berlin. La rencontre a également marqué la fin de 15 années d’actions concertées du « Groupe Tchad », une coordination d’ONG allemandes qui ont soutenu et accompagné le projet de l’oléoduc Tchad-Cameroun.

 

Au cours de cette conférence-débat, Plusieurs thèmes ont été développés par les panelistes. (« Conscientisation sur le conflit des projets de grande envergure : la compensation joue t-elle un rôle ?» Par Lena Guesnet de Bonn International Center for Convention, et éditrice de la publication, ‘Compensation Matters’

-« Politique en matière première - Vu de la part de la Banque Mondiale. » Par Dr Juergen Zattler, du Ministère Allemand du développement, Directeur sous-division de la Banque de Développement Européens et Multilatérales

- « La nouvelle stratégie de la Banque Mondiale et la révision des standards environnementaux et sociaux-potentiel de développement.» Par Dr Sascha Raabe, du Groupe parlementaire Allemand des socio-démocrates, Membre du comite au développement.

- « Perspectives de paix et de développement du Tchad, un pays exportateur du pétrole» Par Eric Topona.

Selon le constat fait par les panélistes, les objectifs recherchés à travers l’exploitation du brut de Doba n’ont pas été tous atteints. Si les acteurs nationaux et internationaux reconnaissent qu’il y a eu des progrès réalisés, beaucoup reste à faire. Surtout si les revenus pétroliers doivent conduire au développement et à la réduction de la pauvreté. Car à la conception du projet pétrole, l’idée était de sortir les tchadiens de la pauvreté en améliorant leurs conditions d’existence par la fourniture des soins de santé de base et une éducation de qualité grâce à la redistribution équitable des ressources du pétrole.

Malheureusement, et pour le déplorer, ce défis est loin d’être atteint. Pourtant, le projet devrait générer environ 1000 milliards de FCFA en 25 ans d’exploitation. Ce chiffre a même été multiplié par six, après seulement six ans d’exploitation. On devrait logiquement s’attendre à des réalisations plus importantes. Mais les impacts sur le terrain sont décevants.

La preuve ? Le pays a considérablement régressé, selon l’indice de développement humain des nations unies. De 0,376 en 2003 (165ième sur 175 pays), le Tchad est maintenant à 0,340 (184ième sur 187) en 2013.

Aussi, les droits politiques, économiques, sociaux et culturels des populations de la région productrice sont-ils royalement ignorés. Malgré l’affectation des 5 pour cent des revenus pour son développement. Résignés, ces populations vivent cette situation comme une injustice. Baignant dans une pauvreté indescriptible, elles font face à de multiples problèmes liés notamment au faible accès à l’eau potable, à l’électricité et aux besoins élémentaires. Les ressources générées par l’exploitation du pétrole ont plutôt servi à la construction d’infrastructures dans d’autres régions du pays.

Sortir de la dépendance du pétrole

Tout comme dans les autres pays pétroliers, les ressources actuelles du Tchad sont tributaires des recettes pétrolières. C’est pourquoi, les panélistes ont recommandé au Gouvernement d’assainir la fiscalité hors pétrole, de même que les activités douanières et les services de recouvrement de l'État. Ce qui aura pour avantages de relever le niveau des impôts non liés au secteur pétrolier, pour faire face un jour à l’épuisement des réserves du pétrole. L’agriculture et l’élevage, les deus secteurs clés de l’économie du Tchad doivent être repris en main, en mettant un accent particulier sur le développement de la culture du coton, de la gomme arabique. De même, les potentiels du pays en matière d’élevage et de pêche doivent aussi être exploités et développés.

 

Fin des plaidoyers du « Groupe Tchad »

 

A l’ouverture de la conférence débat, les responsables du « Groupe Tchad », composé d’ONG allemandes, à savoir ‘’Bonn International center for convention’’, ‘’Brot fuur die Welt’’ et ‘’Pain pour le Monde’’ ont dressé le bilan de leurs activités sur le Tchad. Elles ont consisté essentiellement à faire des plaidoyers pour une utilisation optimale et rationnelle des ressources du pétrole, plus orientée sur le développement, la lutte contre la pauvreté, et l’amélioration de la situation des droits de l’homme. Ces actions épousent amplement la philosophie du gouvernement Fédéral Allemand qui « promeut la bonne gouvernance, l’instauration d’un Etat de droit et le respect des libertés ».

 

Ainsi, le « Groupe Tchad » a t-il accompagné et soutenu plusieurs programmes des associations tchadiennes de la Société civile dans leur combat pour la transparence du projet et plus généralement pour la consolidation de la démocratie. Les experts, ont déploré la subite dégradation du climat politique au Tchad, l’année dernière. Ils ont fait référence aux arrestations tout azimut des députés sans la levée de leur immunité parlementaire, des défenseurs des droits de l’homme et des journalistes. L’expulsion du blogueur MAKAILA NGUEBLA du Sénégal n’a pas aussi été perdue de vue. Cette situation a été jugée inacceptable, quant on sait que le Tchad a réussi à redorer son blason sur la scène internationale.

Gestion des revenus du pétrole : bilan mitigé plus de dix ans après - Par Eric Topona