Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

Géo-localisation

Publié par Mak

5 février 2014

 

  • Leono Wambiti, un habitant du village de Sibut en République centrafricaine tué par des combattants de la Séléka, est pleuré par sa famille lors de ses funérailles, le 2 février 2014. Le 23 janvier vers 9 heures, des combattants Séléka ont tiré sur trois hommes, dont Wambiti, en tuant deux et blessant grièvement Wambiti, lui fracassant la mâchoire et une jambe. Les Séléka sont restés dans le secteur jusque vers 15 heures, alors que Wambiti gisait ensanglanté sur un pont. Suite à leur départ, des villageois ont transporté Wambiti dans la brousse, où il est resté pendant neuf jours sans recevoir de traitement médical pour ses blessures infectées. Il est décédé le 2 février, le jour où les combattants de la Séléka ont quitté Sibut.

     

Pour offrir aux civils en République centrafricaine une protection effective, l'Union africaine doit impérativement mettre un terme aux activités des troupes tchadiennes appartenant à la force de maintien de la paix, qui vont directement à l'encontre de leur mission. Les forces tchadiennes ne doivent pas se rendre complices des attaques de la Séléka contre les civils.

Peter Bouckaert, directeur urgences

(Bangui) Des chefs et combattants de la Séléka (« alliance » en sango) quittent leurs camps à Bangui, capitale de la République centrafricaine, pour se regrouper dans les villes du nord-est et se livrer à une nouvelle vague d'atrocités sur des civils, a déclaré aujourd'hui Human Rights Watch. Des éléments des troupes tchadiennes appartenant à la force de maintien de la paix ont, dans certain cas, facilité les mouvements de chefs de la Séléka complices de graves exactions.

En janvier 2014, des forces de la Séléka ont torturé et tué des civils dans la ville de Sibut, où s'étaient regroupés les ex-rebelles, ainsi qu'aux alentours de celle-ci, affirme Human Rights Watch. Des forces de la Séléka ont pu quitter des bases dans lesquelles elles avaient été confinées par la force de maintien de la paix de l'Union africaine, en empruntant pour cela des pistes de brousse qui leur ont permis de contourner les points de contrôle, ou en voyageant avec des troupes tchadiennes en convois lourdement armés.

« Pour offrir aux civils en République centrafricaine une protection effective, l'Union africaine doit impérativement mettre un terme aux activités des troupes tchadiennes appartenant à la force de maintien de la paix, qui vont directement à l'encontre de leur mission », a expliqué Peter Bouckaert, directeur des Urgences de l'organisation Human Rights Watch. « Les forces tchadiennes ne doivent pas se rendre complices des attaques de la Séléka contre les civils. »

La Séléka, très majoritairement musulmane, compte dans ses rangs de nombreux mercenaires tchadiens et soudanais. La Mission Internationale de Soutien à la Centrafrique sous conduite Africaine (M.I.S.C.A.), la force de maintien de la paix de l'Union africaine déployée pour protéger les civils, qui est officiellement devenue opérationnelle en décembre 2013, inclut également des troupes tchadiennes. À l'issue d'une mission de monitoring en décembre 2013, le Haut-Commissariat aux droits de l'homme a indiqué en janvier 2014 avoir eu connaissance de « multiples témoignages de collusion » entre des troupes tchadiennes de maintien de la paix et les forces de la Séléka.

Au nombre de ces témoignages figurait des informations selon lesquelles soldats tchadiens et combattants de la Séléka s'étaient, le 5 décembre, rendus de maison en maison pour rechercher des membres des milices anti-balaka (balaka signifiant « machette » en sango) (formations chrétiennes constituées pour répondre à la Séléka, également auteures de fréquentes attaques contre des civils musulmans) et avaient tué à l'aveuglette au moins onze personnes. Selon ces informations, au nombre des victimes figuraient pêle-mêle des femmes âgées, des personnes malades ou souffrant de handicaps mentaux.

Depuis le mois de décembre, la MISCA s'est, aux côtés de la force française Sangaris, efforcée de réduire la violence en République centrafricaine en contenant les forces de la Séléka et leur arsenal dans plusieurs camps, à Bangui. Fin janvier toutefois, Human Rights Watch a obtenu des informations attestant de mouvements de forces de la Séléka, seules et aux côtés de troupes tchadiennes, ayant coïncidé avec une nouvelle flambée de violences.

L’Union africaine devrait suspendre sans délai les membres des troupes tchadiennes de la MISCA faisant l'objet d'accusations crédibles de participation à de exactions graves, notamment ceux qui se sont rendus complices actifs de la Séléka, et ouvrir une enquête sur ces faits, avec le soutien de l'organisation des Nations Unies (ONU).

L'ONU, des organisations régionales et les pays qui appuient la MISCA, doivent examiner avec soin l'aide qu'ils apportent à celle-ci pour s'assurer qu'elle ne profite pas à des membres des troupes tchadiennes coupables d'atteintes aux droits humains ou qui se rendent complices de forces de la Séléka auteurs d'exactions.

« Pour être efficaces, les forces de maintien de la paix se doivent d'être impartiales », explique Peter Bouckaert. « Il est indispensable que l'Union africaine mène une enquête rigoureuse pour déterminer si des troupes tchadiennes de maintien de la paix font courir un danger à des civils en apportant un soutien à la Séléka. »

 

 

RCA: Human Right Watch accuse les troupes d'Idriss Deby