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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

Sixième anniversaire d'Ibni Oumar plein des récits et témoignages émouvants et émotionnels.

A l'occasion de la commémoration du sixième anniversaire de la disparition d'Ibni Oumar Mahamat Saleh, Thomas Dietrich, écrivain à succès, a prononcé un discours mémorable appelant le peuple tchadien à se souvenir du combat de ce grand homme que fut le Professeur Ibni et à se soulever contre la tyrannie d'Idriss Déby, au pouvoir depuis bien trop longtemps. Ce discours a été prononcé devant une foule nombreuse réunie à Orléans et a été suivi du témoignage du sénateur français Jean-Pierre Sueur, Président de la commission des lois au Sénat, lui aussi engagé dans la lutte pour que toute la lumière soit faite sur le sort d'Ibni.

 

Mesdames, messieurs, chères soeurs, chers frères,

 

Cela vous surprendra peut-être mais il faut bien avouer que je ne suis pas, tout au moins en apparence, légitime pour témoigner de la vie et du courage d'Ibni Oumar Mahamat Saleh. Deux faits indubitables s'opposent ici à moi : le premier, et sans le plus flagrant, c'est que je n'ai pas connu le Professeur Ibni. J'ai simplement rencontré ses enfants, Mohamed Saleh puis Brahim, quelques mois à peine après la disparition de leur père, et même si j'ai été frappé par l'injustice de son sort, je ne suis personne pour lui rendre hommage. Dans cette salle, les fils que vous êtes, les parents, les amis, les collègues mathématiciens, les compagnons de lutte auraient sans doute beaucoup plus de choses à dire que moi.

Surtout qu'un deuxième fait vient s'ajouter au premier : je ne suis pas tchadien. En tout cas, je ne le suis pas né et même si une grande partie de moi-même se trouve viscéralement attachée au pays des Sao, la blancheur de ma peau continue  à me prendre en traître.

 

Alors, comment parler d'Ibni ? Comment être légitime pour retracer le parcours exemplaire de celui qui fut certainement un des plus grands hommes politiques tchadiens depuis le soleil des indépendances, une figure indépassable, de celle qui ne survienne dans la vie d'un peuple qu'une ou deux fois au cours de son histoire ?

Peut-être bien au nom d'un rêve. Vous savez, je ne suis qu'un petit écrivaillon sans génie qui publie son premier roman chez Albin Michel et qui ne devrait pas être fier d'avoir réussi à aligner deux-trois bouts de phrases passablement bien écrites. De plus, mon roman narre la vie d'un jeune occidental sans scrupules qui s'acoquine avec une dictature semblable à celle d'Idriss Déby, au point de perdre toute humanité ; en somme, l'exacte opposé du professeur Ibni. Mais puisque il paraît, comme l'avait écrit Kafka, que la littérature est un coup de hache dans la mer gelée qui est en nous, alors laissez-moi quelques minutes m'éloigner de ma propre oeuvre, de la bassesse de mon personnage pour donner ce coup de hache – bien qu'il n'y ait, je vous le concède, pas de mer gelée au Tchad. Laissez-moi l'espace d'un instant m'exprimer sur Ibni, sur le Tchad, sur la tyrannie qui l'opprime, en utilisant « nous », non pas le « nous » d'une communauté d'origines, de sang, mais celui d'une communauté de valeurs, celles qui ont si souvent animées le peuple tchadien et dont je me sens aujourd'hui si proche. Laissez-moi enfin vous parler de ce rêve qui nous réunit aujourd'hui, du rêve d'Ibni, celui-là même qui l'a conduit à sacrifier sa vie pour que soit à jamais restauré dans son pays la liberté et la justice.

 

Je pourrais bien reprendre la litanie des glorieux faits d'armes qui ont jalonné la vie de ce grand homme : ses brillantes études de mathématiques à Orléans, ses premiers pas à la fois en tant qu'enseignant et en tant que militant de la révolution au Tchad, ses cours dispensés en Afrique, auprès des siens, à Niamey, à Dakar ou à Ndjamena, ses années de Ministre où il s'est efforcé, dans un contexte peu propice, de favoriser le développement de son pays, sa vie de père de famille aimant avec sa femme et ses quatre fils, le courage aussi, celui de quitter le gouvernement pour dénoncer les premiers crimes de l'apprenti-dictateur Idriss Déby Itno Khamis, celui de fonder, dans la foulée un parti politique d'opposition, le Parti pour les Libertés et le développement, alors que la répression et l'atteinte aux droits de l'Homme impulsées depuis le Palais Rose devenaient chaque jour plus féroce. La droiture également, celle de ne jamais plier, de ne jamais flancher, de ne jamais rien céder à un pouvoir corrompu et sanguinaire, même lorsque la solitude et les menaces se faisaient toujours plus oppressantes. Et puis la dignité, charaf en arabe, cette valeur qui le décrit mieux qu'aucune autre et pour laquelle il se battait avant tant d'abnégation. Non seulement sa propre dignité, mais aussi celle de l'ensemble du peuple tchadien qui, attachée à cette conduite morale, marquait sa singularité vis-à-vis d'autres sociétés.

 

Mais aujourd'hui, six ans presque jour pour jour après la disparition d'Ibni Oumar Mahamat Saleh, il semblerait que certains tchadiens et notamment ceux qui se disent être les maîtres du pays, aient oublié le sens de ces mots : courage, droiture, dignité. Ces mots qui autrefois, recouvraient d'autres valeurs non moins nobles, ont considérablement été galvaudés par un gouvernement illégitime à représenter le vrai visage de la terre des Sao. Et tout ce qui découlait de ces valeurs, tout ce qui constituait le rêve d'Ibni, la démocratie, le développement, la justice si chère au Coran qui dit « Tenez vous ferme comme témoins devant Dieu en pratiquant la justice. Que la haine d'un peuple ne vous fasse pas commettre d'injustice. Prenez garde ! La justice est proche de la crainte de Dieu », eh bien, toutes ces valeurs ne semblent plus trouver leur place dans le Tchad du XXIème siècle. Pourtant, ils sont nombreux les tchadiens qui, au cours de l'Histoire moderne, se sont levés pour les mêmes valeurs, pour le même rêve qu'Ibni.

 

Ce rêve était déjà là, il y a plus d'un siècle, à l'époque du royaume du Kanem-Bornou, établie depuis le VIIIème siècle de notre ère, lorsque ses habitants résistèrent bravement aux invasions françaises avant de voir leur terre ravagée par un marchand d'esclaves soudanais, Rabah, par ailleurs ancien séide de la Coloniale.

 

Ce rêve était déjà là lorsque de nombreuses tribus du Borkou-Ennedi-Tibesti et du Ouaddai se liguèrent pour repousser les casques immaculés de la France impérialiste qui peu à peu, étendaient leur ombre sur le continent africain. Ces tribus les repoussèrent avant tant d'audace que durant plus d'un demi-siècle de colonisation, rare furent les administrateurs coloniaux qui osèrent s'aventurer au nord du Tchad.

 

Il était encore là, ce rêve, lors de la Seconde Guerre Mondiale, quand partirent de nombreux pays d'Afrique mais notamment du Tchad des cohortes d'espérance destinées à libérer la France écrasée sous la domination nazie. Ces tchadiens jurèrent à Koufra de ne déposer les armes que le jour où le drapeau tricolore flotterait à nouveau sur la cathédrale de Strasbourg et en leur coeur, naissait le secret espoir non seulement de libérer la France mais de se libérer eux-mêmes du joug de la colonisation. Alors ils ont y cru, de tout leur coeur et de toute leur âme qu'en récompense du sang versé dans les froides montagnes d'Alsace, la France, cette France du 4 août 1789 et de la déclaration des Droits de l'Homme saurait exaucer leurs voeux d'indépendance. Et lorsqu'ils comprirent que malgré toute leur bravoure, toute leur ardeur au combat, le Général de Gaulle ne leur céderait rien, ils rentrèrent chez eux, la rage au ventre mais aussi avec la fierté du devoir accompli.

 

Et quand, quinze ans après la fin de la guerre à la lueur d'une lampe-torche, André Malraux proclama contraint et forcé l'indépendance au balcon de l'hôtel de ville de Ndjamena avec François Tombalbaye, ces vieux soldats aux vieilles cicatrices comprirent qu'ils ne s'étaient pas battus en vain. Ils entonnèrent avec à leurs côtés un peuple ivre de sa jeunesse et de sa liberté : Peuple tchadien, debout et à l'ouvrage !
Tu as conquis ta terre et ton droit ;
Ta liberté naîtra de ton courage.
Lève les yeux, l'avenir est à Toi. Et le rêve d'Ibni passa dans la moiteur du soir.

 

1973. Outel Bono ne baissait toujours pas les yeux. Malgré les désillusions qui ont suivies l'indépendance, malgré un régime, celui de François Tombalbaye, qui s'enfonçait de plus en plus dans la paranoïa et l'ethnicisme, le leader de l'opposition démocratique tchadienne marchait dans la rue de la Roquette près de Bastille d'un pas rapide, le regard décidé et le coeur plein d'espoir. Il continuait à croire en l'avenir et il en était certain : le cauchemar de son peuple cessera bientôt, le sursaut national ne saurait tarder. Et lorsqu'il s'effondra sur la porte de sa voiture, mortellement atteint de deux balles de revolver tirés par un agent des renseignements français, il y pensa sans doute à ce rêve, le même rêve qu'un jeune homme d'une vingtaine d'années, Ibni, encore étudiant à la faculté de mathématiques d'Orléans, commençait à peine à toucher du doigt.

 

Dix années passèrent. Et un nouvel ennemi : la Libye. Un tyran mégalomane et richissime, Kadhafi prêt à tout pour étendre son emprise dans le Sahara. Des colonnes de véhicules armés par la Jamahiriya islamique lancés à l'assaut de Ndjamena. Et une nouvelle fois, l'unité nationale se fait, cimentée par le courage et la dignité. Des tchadiens de toutes origines ethniques, de toutes religions, de toutes orientations politiques se tendirent la main et se dressèrent face à une menace venue de l'extérieur. Grâce à cette mobilisation, la Libye, pourtant supérieure en nombre et en moyens militaires, fut défaite et le Tchad, le Tchad éternel sortit une nouvelle fois vainqueur.

 

Le rêve d'Ibni, il était peut-être aussi là, même si c'était avec des moyens qu'il aurait en partie désapprouvé. Il était sûrement là dans ces fiers combattants qui ont rejoint les rangs de la rébellion dans les années 2006-2008 et dont les corps reposent aujourd'hui dans le sable brûlant de Adré, Goz Beida, Massaguet, Am Zoer, Am Dam, vies sacrifiées au champ d'honneur parce qu'elles croyaient en un Tchad meilleur.

 

Et il est là Ibni, avec son rêve, une dernière fois, ce 3 février 2008. Dans sa maison, le coeur plein d'incertitudes et d'espoir. Il attend. Il attend qu'un homme qui a perdu sa dignité d'homme soit chassé de son trône de cadavres. La rébellion est entrée à Ndjamena et elle n'est plus qu'à 300 mètres du palais présidentiel. On dit que la fin est proche pour Idriss Déby et déjà, la population de Ndjamena, cette même population qui avait assistée en masse aux meetings du PLD, se jette dans les rues pour hurler sa joie. Sauf que l'ancienne puissance coloniale s'en mêle et les hélicoptères de l'armée française repoussent les rebelles. Pourtant, Ibni continue de rêver, comme il a toujours rêvé depuis 1994, durant toutes ces années d'inlassable opposition. L'alternative rebelle écartée, il rêve d'un soulèvement populaire, bravant l'Armée nationale tchadienne et les sbires de la police politique, l'ANS, un soulèvement qui renverserait sans aucune goutte de sang une dictature depuis longtemps honnie de tous. Mais cette insurrection ne vient pas, la population se mure dans la terreur et des véhicules de la garde présidentielle se garent en trombe devant sa porte.

 

En l'enlevant, en le torturant, en l'assassinant, en évaporant son corps au mépris de tous les principes de l'islam, le dictateur tchadien et ses affidés ont cru avoir fait disparaître le souvenir d'Ibni en même temps que sa chair. Ils ont cru avoir fait disparaître son rêve pour le Tchad et avec lui tout le cortège de ceux qui ont rêvé avant lui, les rois du Bornou, les sultans du Ouaddai, les tirailleurs tchadiens de la France Libre, les pères de l'indépendance, les vainqueurs de la Libye et tous les résistants à la tyrannie d'Idriss Déby qui l'ont payé de leur vie, Bichara Digui, Abbas Koty, Joseph Behidi, Brahim Selguet et beaucoup d'autres, illustres anonymes dont le nom s'efface devant leur courage.

 

Pire encore, ils ont cru mettre à bas toutes les valeurs pour lesquelles le Professeur Ibni et ses prédécesseurs ont lutté corps et âme. Une fois la rébellion anéantie et l'opposition démocratique considérablement affaiblie, ils se sont mis en tête de donner un autre sens à tout ce qui avait bâti le caractère exceptionnel de la société tchadienne. Idriss Déby et sa famille, puisque c'est bien de pouvoir familial dont nous parlons aujourd'hui, ont essayé de faire dire aux tchadiens que le courage était désormais de détourner une manne pétrolière à leur seul profit pour s'acheter des villas toujours plus pharaoniques, des voitures toujours plus luxueuses, pour organiser des gaadas toujours plus éblouissants, laissant le bas-peuple croupir dans la misère la plus crasse, 184ème sur 187 au classement de l'indice de développement humain, sans eau courante, sans électricité même dans la capitale. Ils ont tenté d'inculquer aux tchadiens que la droiture consistait dans le règne sans partage d'un parti unique composé de griots avide d'argent et de pouvoir, dans la surveillance étroite de la population par une police politique qui n'a rien à envier à la Stasi et autres Gestapo, dans l'étouffement de toute velléité libertaire par tous les moyens possibles, chantages, passages à tabac, meurtres, déportation dans des camps de concentration tel que celui de Korotoro. Ils se sont enfin échinés à apprendre aux tchadiens que la dignité était devenu un mot vide de sens et que désormais, grâce à une origine ethnique, grâce à des ressources financières, grâce à une allégeance au régime, l'on pouvait l'acheter comme le reste, quoi que l'on ait commis de répréhensible dans sa vie.

 

Déby et sa clique ont cru tout cela. Mais moi je vous dis qu'ils ont eu tort, qu'ils ont échoué dans leur entreprise. Car le Tchad, ce n'est pas ça. Ce n'est pas ça. Ce ne sont pas des courtisans applaudissant servilement au discours consternant du tyran prononcé à Bongor pour ce qu'il a décidé de nommer – ce n'est pas une blague- journée de la liberté et de la démocratie – en fait l'anniversaire de sa prise du pouvoir, ce ne sont pas des ministres incompétents et une famille présidentielle kleptomane, ce ne sont pas des mercenaires envoyés fin 2012 par le pouvoir en République Centrafricaine pour y semer la terreur et la mort, bravant l'interdit coranique : « Celui qui tue un homme tue l'humanité toute entière » et celui biblique : « Tu ne tueras point ». Tout ceci n'est qu'un mirage, le fruit d'une minorité de tchadiens lassés et désespérés par une alternance qu'ils soupçonnent de ne jamais vouloir arriver. Car, en vérité je vous l'affirme, le Tchad est toujours un grand pays et dans les tréfonds du coeur de chaque tchadien bat encore le rêve d'Ibni, un rêve que même le plus retors des régimes totalitaires ne pourra achever. Il est bien là, pas vieilli pour un sou, il suffit juste de le réveiller. Pour tous ceux qui sont présents dans cette salle, c'est déjà fait. Alors, vous devez, nous devons, tel le sage du mythe de la caverne de Platon, revenir dans les ténèbres chercher ceux qui y sont encore et les en extirper pour qu'ils viennent à leur tour réclamer le départ de Déby et un Tchad plus juste. Et peut-être, à ce moment-là, pour les convaincre définitivement, leur rappeler ce poème d'Eluard, celui là-même que Dieu a peut-être soufflé à l'oreille d'Ibni la veille de son lâche assassinat :

 

La nuit qui précéda sa mort

Fut la plus courte de sa vie

L'idée qu'il existait encore

Lui brûlait le sang aux poignets

Le poids de son corps l'écoeurait

Sa force le faisait gémir

C'est tout au fond de cette horreur

Qu'il a commencé à sourire

Il n'avait pas UN camarade

Mais des millions et des millions

Pour le venger il le savait

Et le jour se leva pour lui.

 

Alors, soyez, soyons des millions et des millions, tchadiens, partisans de l'opposition démocratique, soldats de l'ex-rébellion, membres de la société civile, simples citoyens de Ndjamena et de Sarh, de Faya et de Fada, de Biltine et d'Abéché, de Moundou et Bongor, du Kalaïd et de Tissi, d'Iriba et même d'Amdjarass, de l'ensemble des 23 régions du Tchad, étrangers concernés par l'universalité de notre lutte, organisations de défense des droits de l'homme, mathématiciens, hommes politiques d'ici et d'ailleurs, tous ensemble, faisons en sorte que le vent de la liberté arrive jusqu'à Ndjamena, que cet infâme personnage qu'est Idriss Déby soit renversé et livré à la justice des hommes avant d'être livré, un jour, à celle de Dieu. Bien entendu, ce combat ne sera pas aisé, les obstacles qui se dresseront devant nous seront nombreux, ce régime est encore fort de la terreur qu'il inspire et de ses alliances. Mais bientôt, soyez-en sûr, l'aube se lèvera sur le Tchad. L'aube se lèvera quand bien même Idriss Déby, comme l'éructait Victor Hugo, « chasserait les chassés et bannirait les bannis », parce qu'il peut tout avoir pour lui : des montagnes d'argent volé, une armée surentraînée et bien équipée, le soutien des puissances occidentales mais il y a une chose, plus forte que tous ces indicateurs géostratégiques, qu'il ne pourra jamais détenir et que nous, nous détenons : le rêve d'Ibni. Alors levons-nous, fils et filles de l'espérance, battons-nous,  battons-nous pour que la terre de Toumaï retrouve tout ce qui a fait sa grandeur et la dignité de son peuple, pour qu'enfin, après tant d'années de folie meurtrière et d'oppression barbare, le rêve d'Ibni puisse se réaliser.

 

MPS kalawa ! Déby barra ! Pour que vive le rêve d'Ibni et pour que vive le Tchad !

 

Je vous remercie.

 

 

Vous pouvez écouter la version audio du discours à la fin de l'article.

Ecoutez la bande sonore de Thomas Diétrich à l'occasion du 6ème anniversaire d'Ibni Oumar
Ecoutez la bande sonore de Thomas Diétrich à l'occasion du 6ème anniversaire d'Ibni Oumar
Ecoutez la bande sonore de Thomas Diétrich à l'occasion du 6ème anniversaire d'Ibni Oumar

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