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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

 

La livraison 2014 du rapport « Doing Business » de la Banque mondiale classe le Tchad au dernier rang des pays où il est facile de faire des affaires. Mais pourquoi Deloitte, leader mondial de l’audit et du conseil, ouvre-t-il un bureau à N’Djamena alors que le Tchad est régulièrement cité parmi les pays « les plus risqués au monde »?

 

Par Guy Gweth, Knowdys*

 

Le 23 janvier 2014, Deloitte, leader des « Big Four » de l’audit et du conseil, a annoncé l’ouverture d’un nouveau bureau à N’Djamena, « sa première implantation au Tchad et son huitième bureau en Afrique centrale », d’après le communiqué officiel. Sur ce territoire longiligne de 1.284.000 km², au ¾ rural, vers lequel plusieurs chancelleries occidentales recommandent d’éviter tout voyage non essentiel, Deloitte se fixe pour mission d’accompagner au plus près les acteurs du pays qui contribuent à son émergence économique.

 

L’histoire que raconte l’ouverture de Deloitte Tchad est pédagogique à plus d’un titre. Là où les analystes de Coface ou de Brettons Woods parlent du Tchad en termes de « climat des affaires peu favorable au secteur privé » ; de « menaces sécuritaires régionales » ; d’« agriculture exposée aux aléas climatiques » ; de « risque d’insécurité alimentaire » et d’ « enclavement géographique », le Cabinet voit une opportunité d’accompagner les acteurs nationaux et internationaux et du secteur public dans les « secteurs Mining et Oil & Gas ».

 

Rappelons tout de même que le Tchad est « officiellement » un des pays les plus pauvres du monde, que la moitié de sa population vit avec moins de deux dollars US par jour et qu’il figure parmi les derniers selon l’indice de développement humain des Nations Unies. Là où l’ONU, les ONG et les analystes de salon voient l’insécurité et la misère absolue, les auditeurs de Deloitte voient les 90% des recettes de l’Etat qui proviennent de l’exportation de l’or noir et les perspectives.

 

De Paris à Bruxelles, en passant par Madrid et New-York, combien de fois n’avons-nous vu de respectables hommes d’affaires, « désireux d’investir en Afrique », faire la grimace à la simple évocation du marché tchadien ? Nourris au lait des classements internationaux, des télévisions et des magazines bien pensants, ils ont perdu tout contact avec la vraie vie, avec la réalité d’une Afrique en mutations, avec la nouvelle tectonique des marchés. Ils se sont murés dans le confort des perceptions, laissant le terrain aux plus pragmatiques.

 

Alors, bien sûr, Deloitte est un ensemble constitué d’entités juridiquement autonomes. Mais… Toutes ces composantes ne sont-elles pas membres du réseau Deloitte Touche Tohmatsu ? Ne sont-elles pas associées autour d’un consensus ? D’une lecture pointue des zones à risques et à profits ? Ces entités ne sont-elles pas fédérées par un certain pragmatisme anglo-saxon ?

 

C’est exactement au nom de ce pragmatisme des affaires que nous disons aux petites et grandes entreprises, ainsi qu’aux investisseurs internationaux : « n’ayez plus peur ! »