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Publié par Mak

Je suis sorti libre, sain et sauf d’un Commissariat de Police parisien

Lemohelien.com et les blogs RIDJA et Mlimadji sont visés par Ahmed Sambi

Par ARM

      Ce jeudi 30 janvier 2014, pour la deuxième fois de ma vie, je suis sorti d’un Commissariat de Police parisien après une plainte «pour diffamation» déposée par une autorité comorienne. Des gens qui veulent diriger les Comores sans avoir la compétence n’ont pas encore compris que quand on est une personnalité publique, il faut s’attendre à faire l’objet de critiques de la part du peuple, et que pour être dirigeant d’un pays, il y a des écoles pour former les autorités. On ne s’improvise pas dirigeant. De toute manière, quand on vit en France, on a la chance de fuir l’arbitraire de ceux qui font tout pour ruiner leur pays et qui, à la moindre critique, jouent les vierges outragées. Ici, en France, il y a la liberté d’expression, et dans mon sac, j’ai le numéro d’un journal satirique français qui présente le Président François Hollande avec la braguette de son pantalon ouverte. Et, le chef de l’État français, en homme civilisé et éduqué, n’a porté plainte contre personne. Or, dans trois articles assortis de conditionnel, de points d’interrogation et de renvoi à des articles publiés par d’autres blogs comoriens, avec les guillemets nécessaires aux citations, j’ai parlé de la possible implication d’Ahmed Sambi dans la tentative de coup d’État de la nuit du 19 au 20 avril 2013 aux Comores.

      Je suis plié de rire de constater qu’Ahmed Sambi me déteste au point de porter plainte contre moi parce que j’ai commis le crime de lèse-majesté de le qualifier de politicien sans avenir. Est-ce que c’est sérieux et intelligent de s’acharner sur un Comorien pour de telles futilités? Devons-nous nous taire pendant que cet homme tue à petit feu notre admirable pays? Il peut porter plainte contre moi chaque fois que j’écrirais sur sa personne. Je ne vois pas ce qu’on peut écrire de bien sur quelqu’un qui, après avoir fait l’école buissonnière, a fait une présidence buissonnière. Si au moins il se donnait la peine de s’entourer de vrais juristes!

      Aujourd’hui, Ahmed Sambi a une véritable stratégie d’étranglement des sites et blogs parmi les mieux cotés aux Comores, comme on peut le noter à l’aune de leur fréquentation. En visant lemohelien.com et les blogs RIDJA et Mlimadji, Ahmed Sambi veut décapiter la blogosphère comorienne, mais celle-ci ne se laissera pas faire. Nous sommes prêts à mener un combat pour notre liberté de nous exprimer sur les malheurs qui frappent les Comoriens du fait des agissements d’hommes comme Ahmed Sambi. La stratégie de ce type est tellement ridicule qu’il me reproche d’avoir reproduit la phrase d’un article du blog Mlimadji, et poursuit les blogs Mlimadji et RIDJA pour avoir repris des articles du site www.lemohelien.com. L’Histoire jugera et nous ne nous tairons pas sur ses agissements.

      La blogosphère comorienne est très riche, mais lemohelien.com, Mlimadji et le blog du RIDJA sont parmi les plus consultés. Je ne parle pas des sites et blogs dont les compteurs sont réglés pour enregistrer une visite artificielle toutes les deux secondes, mais de la vraie influence de ces instruments de communication. Parlant pour moi-même, je dois signaler que je n’ai jamais eu de carte électorale, je n’ai jamais voté, je n’ai jamais eu la carte d’un parti, je n’ai jamais demandé à travailler avec un pouvoir politique aux Comores. Or, ce ne sont pas les références qui manquent, mais j’ai des principes et je vivrais avec eux, quitte à passer ma vie dans la pauvreté, contrairement aux gens qui ont vendu leur âme à Satan depuis des années et qui sont prêts à toutes les bassesses pour tenter d’exister en politique.

      Quand j’écris mes articles, je ne vise pas le pouvoir, car celui-ci constitue une lourde responsabilité qui me fait peur. Je n’ai aucune envie de me rabaisser devant des voleurs pour occuper un poste et figurer un jour sur la liste infâme et infamante des voleurs s’enrichissant sur le dos des Comoriens. J’ai fait mes premières armes à l’École nationale d’Administration publique (ÉNAP) de Rabat au Maroc, où, au cours d’un cursus de 7 ans, tout l’enseignement s’ordonnait autour de deux notions: l’intérêt général et l’ordre public. Pendant 7 ans, j’ai vécu avec ces deux notions. Les longues années que j’ai passées à la Faculté des Sciences juridiques, économiques et sociales de Rabat et à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne ne m’ont pas éloigné des idéaux de l’ÉNAP, et même quand je suis berger ou «femme de ménage», je fais ces métiers avec la conception d’un homme qui a étudié l’Administration publique, le Droit public et la Science politique. Le reste n’a pas d’importance, et ce n’est pas une plainte déposée par Ahmed Sambi qui me fera peur. La dignité avant tout.

      Ce sont mes amis qui me paient les frais d’avocats. Même l’avocat inscrit au Barreau de Moroni qui travaillera avec moi sur cette affaire, ce sont mes amis qui paient ses honoraires. Au-delà de la solidarité que ces démocrates me témoignent par divers actes de générosité, il y a surtout le fait que je n’ai pas les moyens de lutter financièrement contre la République islamique d’Iran, qui sponsorise Ahmed Sambi qui, lui-même, n’est pas pauvre, car, quand il sévissait à la tête de l’État comorien, il a eu le temps de se constituer une immense fortune.

      Ce jeudi 30 janvier 2014, pendant que je répondais aux questions d’un officier de la Police française, des frères issus des rangs de l’UPDC (parti présidentiel, que j’ai toujours poursuivi de mes critiques et sarcasmes), du RIDJA et d’ADD Zam-Zam m’attendaient dehors, après avoir tenté d’entrer dans le Commissariat, à l’intérieur duquel ils ne pouvaient m’attendre. Par la suite, nous partîmes faire le bilan de l’audition. D’autres n’ont pu venir pour des raisons professionnelles. Je tiens à remercier tous ceux qui ont tenu à s’associer à moi au cours de cette période de persécutions et d’acharnement. Plusieurs politiciens comoriens m’ont apporté leur soutien. Des amis qui sont au Maroc ont fait pareil. C’est ma Légion d’Honneur.

      Les frères et sœurs qui m’ont apporté leur soutien sont unanimes pour me dire que dans cette persécution et acharnement, je ne suis pas seul. La nuit même où je reçus la convocation, j’ai reçu de nombreux témoignages de soutien et de solidarité. Cela ne m’a pas étonné car je sais que ceux qui s’acharnent contre moi sont ceux qui ont des choses à se reprocher car je ne publie que des informations crédibles. De fait, quand le crypto-sambiste Sounhadj Attoumane m’accuse d’écrire «dans le vide» et de fonder mes arguments sur le «mensonge», cela ne m’étonne pas de quelqu’un qui a choisi le camp des voleurs ayant ruiné les Comores. Quand un Ambassadeur qui a vendu un visa Schengen à 10.000 euros à quelqu’un qu’il a fait passer pour son chauffeur, cela ne m’étonne pas de la part de quelqu’un qui a oublié ses origines sociales absolument misérables mais qui croit me rabaisser en disant que je suis né dans une famille pauvre. Je ne suis pas homme à m’offusquer pour l’imbécilité de quelqu’un qui n’a jamais brillé par son intelligence. Dès que j’aurais entre mes mains la preuve matérielle que j’attends de Moroni, les lecteurs se régaleront des mois. Pour l’instant, nous patientons.

      En tout état de cause, à un moment où Ahmed Sambi menace la blogosphère comorienne, les Comoriens doivent savoir que les blogueurs comoriens accusent les Présidents Azali Assoumani et Ikililou Dhoinine d’un certain nombre de choses. Or, aucun des deux n’a porté plainte contre un Comorien en France pour assouvir une haine personnelle. Ils subissent tout car ils ont compris que tel est le sort de l’homme public: il n’échappe jamais à la critique, car dans le contrat synallagmatique liant le peuple à ses dirigeants, des obligations mutuelles forcent les autorités à tenir compte des doléances du peuple. La question que nous devons donc nous poser aujourd’hui est celle de savoir pourquoi, à la différence d’Azali Assoumani et d’Ikililou Dhoinine, qui ont accepté le jeu de la démocratie et de la liberté d’expression, et se plaignent en privé contre certains blogs et sites Internet, Ahmed Sambi s’enferme avec acharnement dans l’illusion de la sacralité et de la sainteté de sa personne et de son nom. Qui est-il pour pouvoir museler les Comoriens? À la demande du Président Idriss Deby Itno du Tchad, mon frère Nguebla Makaïla du Tchad a été chassé de la Tunisie vers le Sénégal, et du Sénégal vers la Guinée, mais la Grande France lui a accordé l’asile, et vit tranquillement en France depuis 2013. La Grande France est notre espoir. Et si par malheur Ahmed Sambi retournait au pouvoir, je cesserais d’être un exilé volontaire pour devenir réfugié politique. Ce qui m’arrivera alors arrivera à quelqu’un d’autre. La lutte continue. Nous serons gagnants.

Par ARM

© www.lemohelien.com – Vendredi 31 janvier 2014.