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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

Par Senior Mbary

Oui, Idriss Deby n’est pas un bon cheval pour lutter contre le terrorisme djihadiste pour deux raisons majeures : l’obsession du pouvoir et le gout immodéré pour de l’argent.

L’obsession du pouvoir

Les chantiers gigantesques autour de la présidence de la République du Tchad, les tranchées creusées et entretenues partout autour de N’Djaména, la modification de la Constitution, etc sont autant de signes qui confirment ce que tout le monde sait déjà : Idriss Deby et son clan veulent garder le pouvoir aussi plus longtemps que possible, en supprimant de leur vocabulaire le mot « alternance ». Pour cela, il est prêt à tout : corruption à grande échelle des hommes politiques, des leaders d’opinion, des médias, des personnalités politiques du Nord, brutalité, disparition, assassinat, etc. La disparition des hommes politiques susceptibles de menacer son pouvoir, tel que le Pr Ibni Oumar Mahamat Saleh, président du Parti pour les Libertés et le Développement (PLD) et Secrétaire Général du Comité pour la Défense de la Constitution (CPDC), s’inscrit parfaitement dans cette stratégie obsessionnelle pour le pouvoir. Mr Idriss Deby Itno est aidé en cela par deux facteurs : (i) une opposition politique affaiblie, minée par ses contradictions internes et, incapable d’avoir une stratégie commune de lutte face à un adversaire commun et (ii) des intellectuels qui, sous d’autres cieux, orientent la lutte par des réflexions, font la honte en me mettant résolument au service du pouvoir en contrepartie des miettes.

Oui en effet, le refus de l’alternance au Tchad est un vrai défi que Deby Itno et son clan ont lancé au peuple tchadien et au monde démocratique.

Le gout immodéré de l’argent

Il y a sur la toile du journal en ligne Tchadactuel du 8 janvier 2014, un article intitulé La séléka, un instrument de l’Internationale Djhadiste ? écrit par un journaliste indépendant soudanais et qui a été traduit en français. Cet article fait une analyse bien fouillée de la crise centrafricaine qui semble avoir des origines lointaines mais bien préparée. Pour les observateurs avertis de la politique africaine, ce n’est pas une surprise. Et à plusieurs reprises, le président tchadien Idriss Deby a été cité comme un des acteurs de la crise, à la fois, pour des raisons de sécurisation de ses frontières, donc liées à l’obsession de son pouvoir, mais aussi pour de l’argent, en fermant les yeux sur les actions soutenues et financées par les monarchies du Golfe visant à promouvoir l’islam radical.

Ce journaliste n’est ni le premier, ni le seul à évoquer le gout immodéré de Deby Itno pour de l’argent. Plusieurs articles avant lui ont parlé de ses accointances avec la nébuleuse Boko Haram du Nigéria, avec les pays du Golfe et des interventions extérieures contre de l’argent, le problème de faux dinars de Bahreïn, etc. A l’intérieur du pays, on voit comment sont gérées les ressources générées par le pétrole où lui, son clan et sa belle-famille s’approprient de tout à travers des détournements, des marchés publics fictifs, surfacturés et de gré à gré. Ils font de ces ressources ce que bon leur semble au détriment de la majorité qui croupit dans la misère la plus noire, particulièrement à l’intérieur du pays. Les ressortissants d’autres communautés font l’objet d’humiliation et d’emprisonnement quotidiens pour de petits fretins, mais jamais leurs parents qui privatisent entièrement des régies financières de l’Etat.

Deby Itno ne peux pas lutter efficacement contre les djhadistes

Si le président Deby Itno est connu pour son hostilité contre les djihadistes, son gout immodéré pour l’argent ne peut faire de lui un bon cheval pour lutter contre eux parce que ces islamistes manipulent des sommes colossales reçues des monarchies du Golf ou des trafics de toute sorte. Selon l’article ci-dessus cité, les monarchies du Golfe qui ne tolèrent pas l’islam radical sur leur territoire, sont prêts à mettre les moyens à la disposition de celui qui serait disposé à faciliter sa propagation. Le Tchad semble un terrain propice parce que son président a un besoin constant et illimité pour de l’argent facile. Peut-on vouloir avoir une chose et son contraire ? Comment peut-on lutter efficacement contre les djihadistes lorsque :

- l’Imam de la Grande Mosquée de N’Djaména, Colonel de l’armée soudanaise et islamiste partisan d’El Tourabi du Soudan, venu dans les bagages du MPS, reste toujours en poste. N’est-ce pas lui qui avait demandé, lors de la Conférence nationale souveraine de 1993, que la Radio-Tchad soit ouverte et fermée par des sourates dans sa déclaration ?

- On autorise l’ouverture des écoles de formation des courants islamiques djihadiste dans le pays, notamment à Manda à Sarh et récemment à Moundou, pour ce que nous connaissons bien. Ces écoles développent une politique de pénétration très subtile par des mariages, par le commerce et par des actions sociales pour lesquelles la population est très sensible dans ce contexte de pauvreté généralisée. Si Ben Laden était en vie, plus de moitié des tchadiens serait déjà islamisée ;

- Deby Itno et les tiens protègent l’ancien gouverneur du Borno au Nigeria, le Senator Ali Shérif (SAS), connu pour être le parrain de Boko Haram ; ils continuent d’escorter ses trafics de drogue au Nord du pays ;

- Michel Djotodia et Nourredine Adam, connus pour être en RCA en mission pour propager l’islam et islamiser les centrafricains, ont reçu de Deby les appuis financiers et militaires pour prendre le pouvoir en RCA, même si Bozizé, par son égoïsme, a prêté lui-même le flan, etc

La gourmandise de Deby Itno liée à son obsession de garder à vie le pouvoir d’une part, et sa propension à amasser continuellement à lui seul avec son clan toute la richesse du pays fait que Deby est prêt à tout. Dans ces conditions, on ne pourrait jamais compter sur lui pour lutter efficacement contre les islamistes djihadistes, qui eux le savent bien et développent une stratégie d’infiltration pour contourner ses impulsions publiques contre eux. Finalement, cette perception d’anti-islamiste de Deby Itno n’est qu’une fausse impression parce que fondamentalement, les djihadistes n’ont pas changé leur programme d’islamisation de toute l’Afrique noire. Les Tchadiens et Centrafricains le savent, ainsi que la France et ses alliés occidentaux. Seul l’avenir nous dira qui a raison.

Lutte contre le terrorisme djihadiste : Idriss Deby Itno n’est pas le bon cheval