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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

http://www.senenews.com/wp-content/uploads/2013/12/D%C3%A9by-et-Macky-Sall.jpg

De tous les 53 Etats du continent, le président de la République, M. Macky Sall, a choisi le Tchad pour y faire escale et passer la nuit, sur son chemin vers l’Afrique du Sud où il devait assister mardi dernier à la cérémonie d’hommage au président Nelson Mandela. Ayant rencontré son homologue tchadien à Paris, où se tenait le sommet Afrique-France, il n’a pu résister au plaisir de le retrouver trois heures après son retour à N’Djaména. Ils devaient avoir tellement de choses à se dire !

Or, s’il y a un pays que, par décence et par respect pour sa propre justice ad hoc, il devrait éviter, c’est bien le Tchad. En effet, alors que de larges secteurs de l’opinion africaine, et sénégalaise en particulier, doutent que l’ancien homme fort de ce pays, le président Hissène Habré, réfugié au Sénégal depuis 1990, puisse bénéficier d’un procès équitable dans notre pays en raison, justement, des trop nombreuses accointances et des liaisons dangereuses des autorités de notre pays avec le dictateur Idriss Déby Itno, voilà que le président de la République ne fait rien pour dissiper ces soupçons !

Car enfin, si M. Habré a été emprisonné dans notre pays sur ordre du président Macky Sall et alors que les prédécesseurs de ce dernier, M. Abdou Diouf et Abdoulaye Wade, avaient refusé de le faire, c’est sur plainte d’associations de prétendues victimes tchadiennes de Habré manipulées et financées par le régime du président Déby et par l’Ong Human Rights Watch en particulier, mais aussi parce que l’Etat tchadien a payé une somme de deux milliards de francs aux autorités sénégalaises pour le faire. Dans une interview accordée cette semaine à l’envoyé spécial du quotidien « Enquête » à N’Djaména, le ministre tchadien de la Justice, M. Padaré, confirme non seulement le déblocage de cette somme mais encore dit que son gouvernement est prêt à augmenter la mise si nécessaire !

xEdifiant. Et grotesque. Et scandaleux. Car s’il y a bien un homme qui devait être poursuivi pour crimes de guerre, tortures et autres traitements cruels, inhumains et dégradants, c’est bien l’actuel chef de l’Etat tchadien. Lequel n’était autre que le tout-puissant chef des services de sécurité du Tchad du temps où le président Habré dirigeait ce pays. Or, s’il y a eu ces crimes sous son règne, on imagine mal le président de la République lui-même descendre dans les commissariats de police, les brigades de gendarmerie ainsi que dans ce qu’on appelait « la piscine », qui était le siège de la Direction de la documentation et de la sécurité, la police politique du régime, pour y supplicier des prisonniers. Il a bien dû déléguer cette tâche à son chef des services de sécurité, lequel a dû, lui-même, se faire aider par des comparses.

Etonnamment, jusqu’à présent en tout cas, seul le président Habré a été arrêté… après que Déby eut débloqué deux milliards pour que cet homme qui l’empêche de dormir soit mis sous les verrous. Quant aux hommes qui étaient à l’époque les responsables des services de sécurité, des commissariats de police, des brigades de gendarmerie et de la police politique, le président Déby s’abstient curieusement de les mettre à la disposition des « chambres africaines extraordinaires » chargées, avec son financement, de juger son prédécesseur. Et pour cause, la plupart de ces tortionnaires présumés ont été promus aujourd’hui à de très hautes responsabilités dans les appareils sécuritaire et de défense tchadiens. Autrement dit, ils constituent les piliers du régime Déby !

C’est donc avec l’argent débloqué par le potentat au pouvoir au Tchad que l’instruction est menée — à charge contre le président Habré ! — par les juges sénégalais desdites « chambres africaines extraordinaires ». Des juges qui multiplient les voyages entre N’Djaména et Bruxelles — où un juge d’instruction avait ouvert une information judiciaire contre l’ancien homme fort du Tchad — et accumulent les per diem royaux. Et pour mieux humilier Habré — ou prouver à Déby que le job est bien fait — les ministres sénégalais et tchadien de l’Injustice, pardon de la Justice, nous disent que ce procès sera télévisé en direct. Et pourquoi pas avec le président Déby dans le rôle du commentateur pendant qu’on y est ?

Reprenons : non seulement le président Déby finance le procès de son complice présumé — comme le ferait un criminel du procès de son acolyte ! — à hauteur de deux milliards de francs, non seulement le ministre tchadien de la Justice ordonne aux autorités sénégalaises — qui s’exécutent aussitôt — de recenser tous les biens de Habré et de les mettre sous scellés —, non seulement il demande que le procès soit télévisé mais encore, le ministre de la Justice choisi par le président de la République pour remplacer Mme « Mimi » Touré promue Premier ministre, c’est l’ancien avocat des prétendues victimes de Habré. On aurait pu en choisir un autre quand même !

Et comme si cela ne suffisait pas, voilà que le président de la République choisit de faire escale à N’Djaména sur le chemin de Johannesburg ! Vu tous les éléments cités plus haut, ce serait bien miracle si le président Hissène Habré bénéficiait d’un procès impartial et équitable. Au contraire tout prouve, hélas, que le sort du pauvre est scellé. Dans ces conditions, le président de la République avait-il besoin d’en rajouter en faisant escale chez Déby ? Tous les chemins mènent décidément ces temps-ci à N’Djaména ! A votre avis pourquoi ?
LeTemoin

A lire :
  (par Karfa S. Diallo paru le 06/07/2013
par (Karfa S. Diallo)  paru le 22/05/2013
paru 13/05/2013

Mais que font-ils donc tous chez Déby?