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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

Communiqué de presse N° 011/MPDJ/2013

 

Halte à l’instrumentalisation et à la manipulation

 

Le drame centrafricain interpelle tout Centrafricain mais aussi tout Africain, tout Tchadien et toutes les bonnes consciences.

S’agissant du régime tchadien, c’est l’imposture. Le Tchad n’intervient pas contrairement aux déclarations publiques, pour des raisons humanitaires ou au secours d’un pays voisin et frère ; c’est plutôt pour sa propre securité ; la RCA étant considérée comme son espace vital, au mieux un pays vassalisé indispensable ; car certains rebelles Tchadiens y ont trouvé un sanctuaire, ainsi que dans le sillage de la Seleka. Comme au Mali, le régime tchadien y trouve une occasion de se « blanchir » auprès de l’opinion internationale et auprès du gouvernement français pour solder son différend avec le président Hollande, faire oublier ses pratiques dictatoriales et faire oublier l’affaire Ibni Oumar Mahamat Saleh. Le Tchad est devenu « le petit gendarme de service », le supplétif du « grand gendarme de l’Afrique », la France ; en cela il est soutenu par l’armée française, la DGSE, etc.

 

S’agissant des Centrafricains, il leur est demandé de ne pas faire l’amalgame, tomber dans le piège, se tromper d’ennemi. Le cas Djetodia n’est pas un cas isolé, celui d’un président minoritaire confessionnellement parlant :

  • exemple de cas de présidents chrétiens dans un pays majoritairement musulman par le passé : Le Sénégal avec Senghor, David K Diawara en Gambie jusqu’à la conversion de ce dernier à l’Islam et se faire nommer Daouda Diawara, Dadis Camara en Guinée, etc…
  • Cas de présidents musulmans dans un Etat à majorité chrétienne : Ahidjo au Cameroun, Idi Amine Dada en Ouganda, Oumar Bongo et Ali Bongo au Gabon.

Par conséquent, la confession d’un chef d’Etat ne peut constituer un crime ; la seule condition est la légitimité et la légalité : avoir l’adhésion de la majorité et être en conformité avec les institutions républicaines ; ce qui n’est pas le cas évidemment pour le système actuel en RCA. Il n’est pas pour autant autorisé de s’en prendre à la confession et à ses coreligionnaires. Tous les Tchadiens en RCA ne sont pas musulmans et tous les musulmans en RCA ne sont pas Tchadiens. Tout le long de la frontière Tchad-RCA, la population de part et d’autre est la même, depuis Birao, Ndjélé jusqu’à Baibokoum : des Rounga, Goula, Ndama, Mbaye, Ngambaye, Gor, Mboum, Lake etc…

La RCA est un pays hospitalier jusqu’à une date récente : la population étrangère, à majorité musulmane,  constitue une forte minorité : Tchadiens, Maliens, Sénégalais, Guinéens etc. Ils s’adonnent à des activités économiques légales ; après les Européens, les Syro-libanais, les Israéliens au sommet, il y a les musulmans africains faisant le commerce en détail, l’import-export frontalier et autres petits métiers ; beaucoup y ont fait souche, ont acquis même la nationalité, s’y étant entièrement intégrés.

Quelles sont les vraies causes ? Ce sont :

  • La pauvreté, voire la misère dans un beau pays gâté par la nature ; potentiellement riche : le sol fertile (bois, café, tabac, agriculture), une bonne pluviométrie, un climat doux, un sous-sol riche (or, diamant, pétrole, uranium)
  •  Une classe politique défaillante à l’exception de quelques intellectuels brillants manquant d’audace
  • Une armée inexistante malgré les nombreux coups d’état militaires dirigés par des officiers supérieurs : Bokassa, Kolingba, Bozizé…
  • Une société civile inconsciente
  • Des voisins cruels et envahissant notamment le Tchad

Nous exhortons donc les frères Centrafricains à faire la part des choses :parmi les Tchadiens musulmans, ils ont de vrais amis solidaires avec eux, que les victimes tchadiennes sont des victimes collatérales de la turpitude du régime au pouvoir au Tchad ; elles ne sont pour rien par rapport à la situation qui prévaut en RCA ; Les Centrafricains doivent être conscients d’une réalité, d’une vérité universelle : on ne choisit pas ses voisins ; Les Tchadiens et les Centrafricains sont inséparables et complémentaires sur le plan humain, historique, économique, géographique etc.

Nous demandons au régime Tchadien de ne pas jouer avec le feu, ne pas attiser les haines, ne pas instrumentaliser les divisions intercentrafricaines à des fins politiques, stratégiques, inavoués car l’histoire le rattrapera tôt ou tard.

Nous sollicitons l’assistance massive de la communauté internationale en faveur du peuple centrafricain meurtri, oublié sinon ce serait non-assistance à peuple en danger.

 

 

                                                                           Fait le 30 Décembre 2013

        Le Coordinateur Général

         Mahamat Abdoulaye

Drame centrafricain:le MPDJ de M.Mahamat Abdoulaye s'insurge face à l'instrumentalisation