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Flash Info:vers des grèves multi-sectorielles au Tchad,Idriss DEBY n'aura pas de répît //

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Publié par Mak

Des soldats tchadiens de la Fomac (Force multinationale de l'Afrique centrale) patrouillent dans les rues de Bangui.

Le président tchadien, Idriss Déby, joue depuis de nombreuses années un rôle omniprésent et ambigu en Républicaine centrafricaine.

Ses interlocuteurs français en sont convaincus: une sortie de crise en Centrafrique ne se fera pas sans Idriss Déby. À la tête d'un pays qui s'affirme comme la puissance régionale émergente, le président du Tchad tire depuis longtemps les ficelles centrafricaines - d'aucuns considèrent que sa responsabilité n'est pas mince dans le marasme qui prévaut à Bangui. Mais l'homme reste incontournable. «Il fallait le voir au sommet de l'Élysée» sur la paix et la sécurité en Afrique, raconte un participant. «Le 6 décembre, devant François Hollande et ses pairs africains, le président tchadien a joué de son charisme, impressionnant l'auditoire par la clarté de ses analyses et la fermeté de sa posture.»

C'est que rien de ce qui se passe en Centrafrique n'est indifférent à Idriss Déby. Le Tchad, menacé sur toutes ses frontières, Libye, Soudan, Nigeria et Cameroun - avec Boko Haram -, redoute la poursuite de l'instabilité chez son voisin méridional - un glacis sur lequel il estime avoir un droit de regard. Déby y tient depuis longtemps de rôle de faiseur de roi.

En 2003, il avait aidé François Bozizé à prendre le pouvoir et à mettre fin aux rébellions dans le nord du pays en 2010. En mars dernier, c'est encore lui qui a armé et soutenu la coalition rebelle Séléka lors de son offensive victorieuse de mars 2013 sur Bangui. Jusqu'à un certain point seulement. Car depuis, Déby a quelque peu lâché le président centrafricain Michel Djotodia, considérant manifestement qu'il avait joué le mauvais cheval. Mais il continue néanmoins à la «cornaquer» étroitement.

Le Tchad est présent, avec des conseillers dans les hautes sphères du pouvoir mais aussi avec 7000 à 15.000 ressortissants à Bangui. De nombreux Centrafricains originaires du nord du pays sont éga­lement désignés comme «Tchadiens». Ces «Arabes» sont souvent des commerçants qui tiennent un large pan de l'économie centrafricaine, ou ce qu'il en reste.

Le souvenir du Mali

Un tiers des membres des ex-Séléka seraient des Tchadiens. Idriss Déby affirme en détenir la liste, par groupes et par régions. Parallèlement, les soldats tchadiens constituent le premier contingent de la Fomac, avec 650 hommes. «Seul contingent musulman de la force afri­caine, le rôle des Tchadiens est important pour garantir la protection des populations musulmanes», assure une source officielle française. Accusés de protéger les ex-Séléka, les soldats tchadiens sont haïs par nombre de Centrafricains, majoritairement chrétiens. «Idriss Déby ne nie pas cette collusion, il est conscient du problème», assurait-on dans l'entourage du ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, qui s'est entretenu samedi avec le président tchadien à N'Djamena. De même source, on rappelle que Français et Tchadiens ont été frères d'armes durant l'opération «Serval» au Mali. L'armée d'Idriss Déby, souligne-t-on encore, a joué un rôle capital dans la bataille livrée contre les djihadistes dans le massif des Iforas et payé un lourd tribut (37 tués).

Difficile d'ignorer aussi que le Tchad héberge depuis 1986 l'opération «Épervier» - 950 hommes et six avions Rafale qui effectuent des missions quotidiennes au-dessus du Mali et de la Centrafrique. Autour de Jean-Yves Le Drian, on se félicite d'avoir, avec Idriss Déby, un «interlocuteur de grande qualité». «Il faut restaurer l'État centrafricain, sécuriser le pays, désarmer les milices sans distinction et mener à bien la transition politique», lui a assuré le président tchadien. Ce dernier aurait même son plan pour reconvertir les ex-Séléka. Peut-on lui faire confiance? L'homme fort de N'Djamena, que personne ne considère comme un grand démocrate, n'est pas sans biais. Mais en Centrafrique, s'il fait partie du problème, Idriss Déby fait aussi partie de la solution.

 

Source: http://www.lefigaro.fr/international/2013/12/17/01003-20131217ARTFIG00283-centrafrique-la-france-mise-sur-son-allie-tchadien.php

Crise en RCA: pourquoi la France mise-t-elle sur Idriss Deby?